L’INCIVISME ROUTIER : Le phénomène a la peau dure

L’INCIVISME ROUTIER  : Le phénomène a la peau dure

Malgré les campagnes de sensibilisation, circuler mal à Ouagadougou est devenu la règle. Je le dis parce que lundi dernier, peu avant 13h, j’ai vu une scène incroyable. Pendant que les gens étaient arrêtés à un feu rouge dans le quartier Kamsonghin, trois élèves, visiblement plus pressés que les autres, arrivent, forcent le passage et brûlent le feu. En se frayant ainsi le passage de façon désinvolte, ils ont percuté l’engin d’un autre élève qui, lui, s’est fait la sagesse de respecter le code Rousseau. Moi, le fou, qui ai suivi cette action en live, je vous jure que j’en étais profondément sidéré. C’est pourquoi je suis toujours content quand je vois la police remonter les bretelles aux «fous » de la circulation routière. Parce que je pense, comme l’auteur du livre intitulé : « Qu’as-tu fais de ton beau pays ? », qui n’est autre que Le Fondateur des Editions « Le Pays », que le désordre routier est une triste réalité dans nos villes. La perception de l’auteur du livre est tellement pertinente, à mes yeux, que pas plus tard qu’hier, je me suis encore intéressé à ce chapitre qui décortique la typologie de l’incivisme. Comme le dit l’auteur, « misère et malheur à ceux qui voudraient circuler en conformité avec les règles édictées par le code Rousseau. Vous provoqueriez la colère des dieux burkinabè de la circulation, vous feriez moult accidents, avec en prime les insultes les plus grossières. Ici, ce qui est interdit est permis par les usagers de la route. Le phénomène est si grave que l’étranger qui débarque à Ouagadougou avec son permis de conduire, pour un séjour de quelques jours ou semaines, préfère être conduit que conduire. Après avoir remarqué que circuler à Ouagadougou, c’est se livrer à un kung-fu permanent, le visiteur aura tôt fait de renoncer à prendre le volant. »

Il serait judicieux d’inscrire dans les programmes scolaires, l’apprentissage des bonnes manières

Dans tout ça, ce que je vois actuellement, c’est que demain n’est pas la veille pour le civisme routier. C’est pourquoi moi le fou, je pense que l’idéal serait que les autorités aillent au-delà des opérations ponctuelles pour inscrire le respect strict du Code de la route dans les habitudes des usagers. Dans cette perspective, je crois qu’il serait judicieux d’inscrire dans les programmes scolaires, l’apprentissage des bonnes manières en matière de circulation routière en particulier et du savoir-être dans la société en général. Les autorités de la police doivent veiller à ce que tous les citoyens qui viendraient à commettre des infractions, soient logés à la même enseigne. Car de l’iniquité et de la discrimination dans la répression des infractions, peuvent naître des sentiments d’injustice. Toute chose qui n’est pas de nature à promouvoir la culture du civisme. De façon générale, la police doit tout faire pour que tous les usagers évitent les excès, les dérapages, en respectant les règles élémentaires de la circulation, à commencer par le respect des feux tricolores. C’est à ce prix que les Burkinabè pourront être fiers du boulot qu’elle abat. Ne dit-on pas que le respect ne se décrète pas mais se mérite ? Pour l’heure, le Burkina, en matière d’incivisme dans la circulation routière, offre l’image d’un pays « laisse-guidon ».

« Le fou »

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