LOI PPP : Seul doit primer l’intérêt supérieur du peuple

LOI PPP : Seul doit primer l’intérêt supérieur du peuple

J’ai l’impression que depuis un certain moment, la moindre étincelle provoque une bagarre généralisée au Burkina, pays des Hommes intègres. C’est du moins le constat que je fais, chaque jour qui passe. Le dernier cas des feuilletons de ces bagarres interminables dont je parle, a été l’adoption du projet de loi portant allègement des conditions d’exécution du Programme de projets partenariat public-privé (PPP). C’était le 3 juillet dernier à l’Assemblée nationale. Comme vous le savez, nous fous, nous ne sommes pas représentés à l’Assemblée nationale à l’instar des autres catégories de la population. Mais, cela ne m’empêche pas de croire que les 127 personnes présentes à l’hémicycle travaillent, non pas pour se remplir les poches, mais pour l’intérêt supérieur de la nation. Bref, que puis-je dire dans cette bagarre PPP ?
L’opposition politique estime que « le gouvernement veut que l’Assemblée nationale lui accorde un blanc-seing pour exécuter des projets dont l’Assemblée nationale n’aura aucun contrôle a priori » et « ne souhaite pas se rendre complice de passation de marchés de gré-à-gré qui consacreraient la corruption accélérée et le pillage des ressources ». Au niveau du pouvoir, j’ai ouï dire que « tous les projets qui seront exécutés selon les modalités de la présente loi, sont soumis à un audit des structures de contrôle habilitées ». C’est dans ces « envolées politiciennes » que la loi en question a été votée. Personnellement, je croyais que les débats avaient pris fin avec le vote des députés, mais c’était sans compter avec la ténacité de certains politiciens. « Ce que je crois », et là j’emprunte une formule de Béchir Ben Yahmed de Jeune Afrique, c’est que dans cette histoire de PPP, les « gardiens », les « défenseurs », les « milieux de terrain », les « attaquants » et même les supporteurs de toutes les parties prenantes ont raison.

La loi PPP ne devrait pas constituer une pomme de discorde

D’abord, je rappelle que le Burkina est dans un contexte de démocratie. Et à ce titre, chacun a le droit, sinon l’obligation de participer aux débats d’idées et de faire des propositions. Ensuite, tout le monde doit savoir que l’opposition est dans son rôle qui consiste à critiquer, au sens républicain du terme. Etre opposant, c’est savoir vivre les dures réalités. Quant au pouvoir et ses alliés, je pense qu’ils ne méritent pas non plus d’être diabolisés, pour avoir voté une telle loi. Ils ont promis au peuple burkinabè de lui apporter du « pain ». Alors, ils doivent s’assumer.
Dans l’un ou l’autre cas, je pense que le pouvoir, l’opposition, les organisations de la société civile, les analystes et autres commentateurs, tous parlent le même langage dans cette histoire de PPP. Car ici, et je ne me trompe pas j’espère, seul compte l’intérêt supérieur dans lequel tous les Burkinabè devraient se reconnaître. L’objectif est ou devrait être le même ; seulement, les approches et les méthodes peuvent diverger. Je crois que si l’on s’accorde sur l’essentiel, des moyens seront trouvés pour le réaliser. C’est pourquoi je voudrais faire comprendre que la loi PPP ne devrait pas constituer une pomme de discorde, ni un point de blocage pour la matérialisation des projets pour lesquels elle a été votée par la majorité. J’ajoute qu’elle ne doit pas renforcer les clivages déjà existants. Car, en la matière, il n’y a ni vainqueur ni vaincu, ni gagnant ni perdant.

Le Fou

 

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