L’UCRB A SIMON COMPAORE : « La République n’a pas besoin de dirigeants qui ensemencent les germes de la haine »

L’UCRB A SIMON COMPAORE : « La République n’a pas besoin de dirigeants qui ensemencent les germes de la haine »

Les premiers responsables de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) étaient face à la presse, le mercredi 9 août 2017, à leur siège à Ouagadougou. L’objet de cette conférence de presse était de réagir aux propos tenus par le ministre d’Etat, chargé de la sécurité, Simon Compaoré, lors de sa rencontre avec les Forces de l’ordre et de sécurité du Centre-Est et d’annoncer un mouvement de grève illimité débuté le même jour.

 

L’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) a lancé le 9 août dernier, une grève illimitée. C’est ce qui ressort de la conférence de presse animée par les premiers responsables de cette union, conférence  tenue le même jour à Ouagadougou et qui fait suite, disent-ils, aux sévices corporels infligés aux chauffeurs routiers à Tenkodogo, avec la bénédiction du ministre de la Sécurité, Simon Compaoré. En plus de cela, l’UCRB appelle tous ses membres à observer scrupuleusement le mot d’ordre de grève sur toute l’étendue du territoire et réfute la qualité du ministre de la Sécurité, Simon Compaoré. En outre, elle souhaite que le gouvernement prenne ses responsabilités, afin d’assurer une vraie cohésion sociale tout en bannissant de ses rangs, « tout oiseau de mauvais augure ». Et Brahima Rabo, président de l’UCRB, de rappeler les faits qui les ont conduits à observer ce mouvement de grève illimitée. En effet, dit-il, un arrêt de travail des chauffeurs routiers paralysant les activités socio-économiques avait été observé, suite à des traitements inhumains et dégradants infligés à leurs militants alors qu’ils exprimaient des revendications légitimes sur le fonctionnement des postes juxtaposés. Afin de préserver un climat social apaisé, Brahima Rabo indique que l’UCRB a accepté d’aller à la table du dialogue et suite à un protocole d’accord signé avec le ministère des Transports, les chauffeurs routiers ont levé leur mot d’ordre de grève. Malheureusement, relève le président de l’UCRB, certains militants de l’union ont été une fois de plus victimes de sévices corporels il y a quelques jours à Tenkodogo, au moment où le flux de transport avait repris. La barbarie des forces de sécurité, a fait savoir le président Brahima Rabo, relève d’une autre époque et ne saurait être tolérée dans une République. Avant d’ajouter que « la sortie médiatique de Simon Compaoré, ministre de la Sécurité, est méprisable, car la personnalité d’une haute autorité se mesure à sa capacité à concilier les filles et fils d’une même nation, à proposer des schémas de développement à ses concitoyens et à être impartiale dans son jugement ».

Selon l’UCRB, le ministre Simon Compaoré a, dans son propos à Tenkodogo, ovationné les forces de sécurité pour leur exploit tout en les rassurant de son soutien indéfectible lorsqu’il s’agira de réprimander le citoyen lambda. Et Brahima Rabo de déclarer que « les salaires des Forces de sécurité et de vous-même, M. le ministre, émanent du contribuable burkinabè que vous réprimandez avec joie ». C’est au regard de tout cela que l’UCRB a décidé d’observer une grève illimitée

 

dès ce 9 août 2017. Mais, qu’adviendra-t-il si le ministre Simon Compaoré revenait sur ses propos et s’excusait ? A cette question, le président de l’UCRB est catégorique : « Simon Compaoré n’est pas n’importe quel ministre dans ce pays. C’est un ministre d’Etat. Nous ne demandons plus son avis. Il y a un Premier ministre, un président du Faso et ce sont ceux-là que nous allons désormais écouter. Ce sont eux qui doivent assurer notre sécurité ». Par rapport au nombre de blessés suite aux évènements de Tenkodogo, le président Brahima Rabo confie qu’ils ont enregistré une quarantaine de blessés et attendent le point de leurs confrères du Mali et du Niger pour faire un point définitif, puisqu’il y avait des chauffeurs routiers de ces pays dans le lot, en plus de ceux de Bobo-Dioulasso. Il a aussi souligné que la grève concerne les chauffeurs des camions citernes, d’agrégats, de cars de transport en commun et autres. Il faut noter que la Confédération syndicale du Burkina (CSB) soutient l’action de l’UCRB, et son secrétaire général, Guy Olivier Ouédraogo, a déclaré qu’ils ont été surpris par les propos « irresponsables » du ministre Simon Compaoré.

 

Antoine BATTIONO

 

 

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8 Commentaires

  1. RADAR

    La situation politique actuelle au Burkina Faso est similaire à celle de la Côte d’Ivoire. Des gens austères et anti démocrates se refugient derrière des immunités pour créer des troubles au sein des forces armées (policiers, gendarmes, militaires) dans l’optique d’une déstabilisation des pouvoirs en place pour espérer accéder à la présidence où ils se prévaudront des intérims constitutionnels. Or, tout le monde sait dans ces deux pays que ces hommes politiques masqués, n’ont pas un tempérament d’hommes d’Etat pour gouverner. Ce sont des anarchistes et des hommes de la dictature. Il appartient aux peuples de ces deux pays de faire preuve de discernement et de vigilance pour éviter que ces anarchistes incorrigibles ne sèment le chaos dans ces pays, qui souffrent déjà de difficultés économiques. La communauté internationale est interpellée sur cette situation .L’ONU, les présidents TRUMP et MACRON devront être fermes contre toute prise de pouvoir par les armes en Afrique, un contingent qui traine abusivement les pas pour entrer dans les démocraties républicaines.

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  2. Anonyme

    huummm!!! C7 tw simon encor,fo ns atendr d içi on sora entr tw e le pleupl ki es le plus fort.tu va rejoindr blaise tn maitr…

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  3. Minata

    Les populations du Burkina doivent vite se mobiliser contre les dérives anarchistes que les chauffeurs routiers tentent d’imposer dans le pays. Ils sont libres de faire des grèves mais, ils n’ont aucun droit d’empêcher les autres qui veulent continuer de mener librement leurs activités, sans se mêler à leurs intrigues politiciennes aberrantes. Tous les chauffeurs identifiés qui ont empêché des cars de voyager sur l’axe Bobo-Banfora-Côte d’Ivoire, doivent être interpellés pour leur signifier les règles du droit de grève. Les forces de sécurité doivent à l’avenir se munir d’appareils qui permettent de détecter le taux d’alcool chez les chauffeurs. Car, les accidents dramatiques et le mauvais comportement de nombreux chauffeurs pourraient être dus à la consommation excessive de stupéfiants ou d’alcool. Les propriétaires de camions et cars de transport doivent éviter d’embaucher des jeunes délinquants notoires comme chauffeurs. Les sanctions contre les accidents meurtriers de véhicules doivent être rigoureuses non seulement pour les chauffeurs mais aussi pour les propriétaires.

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  4. Le Sage

    Quel rapport entre ce que RADAR a écrit et la situation de l’URCB? Je crois qu’il ne faut pas se tromper de sujet. Restons dans le débat.

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  5. Brice

    Diriger une famille n’est toujours pas chose facile .Quant à une nation, celle relève du parcours du combattant. Dans la pratique de la démocratie, les autorités doivent être à l’écoute des citoyens administrés sans se laisser prendre en otage par les populations dont, certaines revendications, s’avèrent du chantage et de l’irrationnel. Sous la transition en 2015 au Burkina Faso, certaines pratiques et mentalités anarchistes se sont développées consistant en des mouvements de dénonciation et de protestation contre tel président, tel premier ministre, des ministres, des DG et autres responsables de l’administration publique. La finalité de ces mouvements d’humeur découle sur des appels à la démission de X ou Y. Des syndicats ont souvent joué un rôle sournois et pernicieux dans ces agitations en outrepassant leurs prérogatives qui n’est pas de s’immiscer dans le choix et la démission des responsables étatiques. Le choix des ministres est du ressort du pouvoir régalien du Premier ministre et du Chef de l’Etat et de toutes autres personnalités qui ont voix aux chapitres. Les transporteurs routiers ont mis à nu l’incurie et l’inculture de certains de leurs membres qui demandent au Président du Faso de trouver un ministre spécialement pour les transporteurs. Le ministre des transports joue déjà ce rôle. Si chaque corporation devrait demander qu’on leur nomme un ministre spécial, on aurait une pagaille indescriptible avec des ministres des boulangers, des vendeurs de dolo, des vendeuses de légumes etc…La démission du ministre de la sécurité ne relève pas de leur rôle. On se rappelle que suite aux récentes attaques terroristes en fin juillet 2017 dans la région du Sahel, des voix s’étaient élevées pour réclamer la démission du Chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré. Dans les autres pays où il y a des attaques terroristes et parfois des bavures des forces de l’ordre, on ne demande pas systématiquement comme au Burkina, la démission du Président, du Premier ministre ou des ministres. On recherche plutôt des solutions aux problèmes posés. Les transporteurs routiers ont suffisamment démontré leur ignorance des règles d’une république. Ils ont transgressé la législation du travail sur le droit de grève qui est libre et ont forcé d’autres transporteurs qui voulaient continuer d’accomplir leur travail. Ils sont donc mal placés pour donner des leçons. C’est eux qui doivent faire l’effort d’apprendre beaucoup de leçons de la république.

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  6. Sacksida

    D’abord, il faut qu’on se dise la vérité ; la grève actuelles des transporteurs, et comme d’ailleurs toutes les autres grèves sont la conséquence directe de la mauvaise gouvernance du MPP depuis le début du mandat en janvier 2016. La bonne gouvernance c’est quoi en réalité ? Elle doit se caractériser par la participation citoyenne, la transparence, la responsabilité, l’efficacité, l’équité dans la gestion des affaires publiques et des problèmes économiques, sociales et même sécuritaires du pays. On ne doit pas dans le cas d’un litige entre les chauffeurs routiers et forces de défense et de sécurité tenir des propos incendiaires tendant à transformer les gendarmes en des « Tontons macoutes ». Dans toute gestion qu’elle soit publique ou privée, le manque d’éthique, de vérité et de responsabilité conduit toujours à des situations déplorables et le langage tenu n’est pas digne d’un responsable de ce niveau devant un problème mineure. La restauration de l’autorité de l’Etat doit commencer d’abord par :
    ˉ La lutte contre le grand banditisme et la lutte farouche contre les terroristes,
    ˉ Les actes d’agressions physiques et les braquages à mains armées,
    ˉ La traque et le rapatriement des biens mal acquits des anciens dignitaires,
    ˉ L’instauration de la discipline des groupes d’autodéfenses,
    ˉ Les sanctions des détourneurs de deniers publics et poursuites judiciaires,
    ˉ Vider les dossiers sociaux pendants et pour la réconciliation nationale,
    ˉ Lutter contre les retards et les absences dans l’administratio n publique,
    ˉ Lutter contre le laxisme dans le traitement des dossiers dans l’administratio n,
    ˉ Une bonne régulation de la circulation citadine et la lutte contre l’insalubrité et accidents de la circulation etc.
    Enfin, si nous voulons que la mal gouvernance et l’incivisme sous toute ses formes soient éradiquer rapidement dans notre pays, il faut appliquer les points ci-dessus et avoir une approche très audacieuse de solutions des problèmes criards et très urgents qui s’exposes. Courage et Salut !

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  7. Sacksida

    D’une manière générale, « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite
    pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… » Si nous voulons changer positivement les choses, il ne faut pas se barricader dans des bureaux climatisés pour penser lourdement à la place des gens et tenir des propos méprisables sans connaitre leurs conditions concrètes de travail de ces gens tels que des chauffeurs routiers. Il faut également respecter l’éthique, la morale sociale, être honnête et combattre l’injustice et l’impunité sous toute ses formes car ce sont ces différents maux qui ont conduits à l’insurrection d’octobre 2014. Il faut comprendre qu’un Ministre est tout d’abord un serviteur du citoyen, et en ce moment qu’il devient un exemple pour la société dans son comportement social, économique et éthique…

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