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L’UE AU CHEVET DE L’ARMEE BURKINABE

Un soutien qui vaut son pesant de…blindés

Fortement préoccupée par la situation sécuritaire au Burkina Faso, l’Union européenne (UE) a décidé de voler au secours de l’armée burkinabè engagée depuis près de quatre ans, sur plusieurs fronts, principalement au Nord, au Centre-Nord et à l’Est,  contre les forces du mal. C’est ainsi qu’au détour d’une audience avec le chef du gouvernement burkinabè, le 3 décembre dernier à Ouagadougou, son ambassadeur au Burkina Faso a indiqué que l’institution européenne, dans le cadre du renforcement de sa coopération avec le pays des Hommes intègres, a misé, entre autres, sur la formation et l’appui en matériel de combat. Ainsi, apprend-on que des unités d’élite de nos forces armées sont  déjà en formation et seront équipées et bientôt déployées sur des foyers ardents de la lutte contre le terrorisme. Aux dires du diplomate européen, les premiers éléments ont même activement pris part à la vaillante riposte des FDS qui a laissé une vingtaine de terroristes sur le carreau, dans les attaques des détachements militaires de Bahn et Toéni dans la nuit du 2 au 3 décembre derniers où trois soldats burkinabè ont perdu la vie.

 

On espère que la thérapie de choc de l’UE permettra aux Forces de défense et de sécurité de mieux aller à l’abordage des terroristes

 

L’ambassadeur Wolfram Vetter, puisque c’est de lui qu’il s’agit, annonce aussi que « des véhicules blindés sont déjà arrivés » et seront remis aux forces armées burkinabè. De quoi gonfler le moral des troupes et des Burkinabè pour qui ce soutien annoncé de l’UE à la Grande muette, ne pouvait pas mieux tomber. Car, si les résultats encourageants engrangés depuis un certain temps sur le terrain, sont la preuve de la montée en puissance de nos FDS, la situation semble s’être encore fortement détériorée à l’Est où l’on enregistre des déplacements massifs de populations vers le chef-lieu de région, Fada N’Gourma. C’est dire si ce geste de l’UE qui vole au secours de l’armée burkinabè dans la lutte contre le terrorisme, vaut non seulement son pesant de…blindés, mais doit aussi être apprécié à sa juste valeur. Car, c’est peu de dire que de soutiens, l’armée burkinabè en a fortement besoin  en ce moment où elle est sur la brèche, principalement sur les fronts Nord et Est et en alerte sur le reste du  territoire national. Et tous ceux qui peuvent voler en ce moment au secours de notre armée, sont les bienvenus. N’en déplaise aux souverainistes. Car, c’est la sécurité des Burkinabè et la survie même de la Nation qui sont ici en jeu.  Cela dit, on espère que la thérapie de choc de l’UE permettra aux Forces de défense et de sécurité de mieux aller à l’abordage des terroristes, dans leur mission de sécurisation des populations. Déjà, les revers infligés à l’ennemi qui enregistre de plus en plus de pertes importantes aussi bien en combattants qu’en matériels, sont bons pour le moral des Burkinabè. Cela permet d’entretenir l’espoir de voir l’armée venir à bout de la bête immonde. En attendant, il y a des signes encourageants qui tendent à rassurer les Burkinabè sur la capacité de leur armée à faire face à la situation. Mais elle a besoin d’être soutenue à bout de bras, aussi bien par le peuple burkinabè qui ne cesse de lui manifester sa confiance, que par les gestes de bienfaisance du genre de celui de l’UE, qui contribuent à renforcer son arsenal de guerre et les capacités opérationnelles des troupes.

On ne peut pas reprocher aujourd’hui aux soldats burkinabè, de ne pas mouiller le treillis au front

 

Tout le mal qu’on souhaite à notre armée, c’est non seulement d’arriver à prendre un avantage décisif sur les terroristes à l’effet de réduire considérablement leur voilure sur le terrain, mais aussi que le matériel acquis ne tombe pas entre les mains de l’ennemi.  En tout état de cause, la lutte contre le terrorisme est une guerre de longue haleine. Dans le cas du Burkina, elle demande non seulement un engagement total des troupes, mais aussi une franche collaboration et une forte résilience des populations. Car, depuis maintenant quatre ans qu’elle est engagée dans cette guerre asymétrique contre un ennemi invisible dont le courage ne se mesure qu’à l’aune de sa lâcheté, l’armée burkinabè a parcouru bien du chemin. L’on peut même dire qu’elle est en train de s’adapter à la situation. En tout cas,  on ne peut pas reprocher aujourd’hui aux soldats burkinabè, de ne pas mouiller le treillis au front. Il appartient maintenant aux autorités de savoir les accompagner et à la communauté internationale d’apporter son soutien à tous ces pays du Sahel aux moyens limités mais qui luttent  de toutes leurs forces contre un ennemi autrement plus redoutable. Et si l’UE a eu le mérite de joindre l’acte à la parole, il appartient aux autres partenaires annoncés de ne pas se faire attendre comme Godot. C’est à ce prix que l’on pourra, dans une synergie d’actions, espérer porter l’estocade à l’hydre terroriste et ramener la paix et la quiétude dans nos contrées. C’est le rêve actuel des populations du Sahel.

 

« Le Pays »

 

 

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