LUTTE CONTRE LA CORRUPTION AU BURKINA : Le REN-LAC dénonce, «un aveu d’impuissance au sommet de l’Etat»

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION AU BURKINA   :  Le REN-LAC dénonce, «un aveu  d’impuissance au sommet de l’Etat»

 

 

Dans le cadre de sa mission d’œuvrer pour la garantie de la bonne moralité et la transparence dans la gestion de la chose publique, le Réseau national de Lutte anticorruption (REN-LAC) a transmis au président Roch Marc Christian Kaboré, un mémorandum d’interpellation sur la nécessité d’une volonté politique ferme, dans la lutte contre la corruption. Face aux journalistes, hier, 11 avril  2018, le REN-LAC a dévoilé le contenu de cette rencontre avec le président.

 

Le REN-LAC n’est pas satisfait de la gestion du pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré. C’est au cours d’une conférence de presse tenue le 11 avril 2018, que son secrétaire exécutif, Dr Claude Wetta,  et ses camarades l’ont fait savoir. D’entrée de jeu, c’est le Secrétaire exécutif (SE) himself qui  a pris la parole pour dire qu’ils ne sont pas satisfaits de la gestion du pouvoir par le président et éprouvent des inquiétudes quant à la volonté et l’engagement de ce dernier dans la lutte contre la corruption au Burkina. « Ce point de presse vise à faire le point de l’audience que notre structure a eue avec le chef de l’Etat, le 27 mars dernier », a-t-il précisé. « Mais c’est avec désolation, a-t-il poursuivi, que nous sommes sortis de cette audience, car nous sommes découragés et nous nous demandons si la lutte contre la corruption n’est pas vaine. Parce que le président Kaboré, dans ses propos, dit être désemparé, du fait de multiples blocages auxquels il fait face dans sa gestion du pouvoir ». Cependant, selon toujours le SE, force est de constater que la volonté politique qui devrait être impulsée depuis le sommet de l’Etat, par le président lui-même, fait défaut. Or, c’est lui, en tant que chef de l’Etat, qui doit donner le ton pour que  les autres suivent. Car, de l’avis du Dr Claude Wetta, le temps de la corruption et du vol court toujours et avec célérité au Faso, contrairement aux dires du président Kaboré, lors d’une rencontre avec les victimes de l’insurrection populaire et du putsch manqué de décembre 2016. « Le président sur qui tout le peuple burkinabè compte, a invité le REN-LAC à orienter ses actions vers les syndicats qui refuseraient de participer à la mise en place des conseils de discipline dans les ministères. Le président nous a aussi dit, sur la question des biens mal acquis, qu’on ne regarde que ceux d’en haut, tout en ignorant ceux du « milieu », les fonctionnaires qui, malgré leurs modestes moyens, ont des patrimoines immobiliers impressionnants à Ouaga 2000 », a noté le SE. Beaucoup de choses, a-t-il souligné, font l’objet de dénonciations, mais rien n’est fait pour empêcher cela. Entre autres exemples, il a cité la remise en cause de la désignation des directeurs généraux des sociétés d’Etat et des établissements publics de l’Etat par voie de recrutement et sur appel à candidatures, la tendance à l’allègement des conditions de recours aux procédures de gré à gré dans la passation de la commande publique, qui n’augurent pas de bonnes perspectives pour la lutte contre la corruption. Cette situation, aux dires du SE, inquiète à juste titre le REN-LAC pour qui il est nécessaire d’impulser, depuis le sommet de l’Etat, une dynamique de bonne gouvernance dans la gestion de la destinée des Burkinabè. Le REN-LAC, selon son secrétaire exécutif adjoint (SEA), Sagado Nacanabo, a noté qu’au cours de l’audience, ils ont invité le président Kaboré à veiller à ce que les structures d’enquêtes, les corps de contrôle et la Justice aient les moyens humains et financiers prévus pour accomplir leurs missions. Ils l’ont aussi invité, a-t-il souligné, à prendre des mesures fortes en vue de la rationalisation de la gestion des véhicules de service et de fonction, afin de réduire les opportunités de corruption et de malversations. Et de veiller aussi, a-t-il ajouté, à ce que la désignation des directeurs généraux des sociétés d’Etat et des établissements publics de  l’Etat se fasse par voie de recrutement à travers un appel à candidatures, pour insuffler un vent de gouvernance saine et vertueuse en leur sein. Le SEA a invité le président à prendre le taureau par les cornes dans la lutte contre la corruption en s’y impliquant personnellement et en donnant l’exemple à travers des signaux forts. Dans le cas contraire, a révélé le SEA, les autres vont revenir au pouvoir.

Valérie TIANHOUN

 

 

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