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LUTTE CONTRE LE COVID-19

Ce relâchement général qui fait craindre le pire

Quelque huit mois après son apparition en Chine, le coronavirus continue de faire des ravages dans le monde entier. De l’Europe, après l’Empire du milieu d’où il est parti, l’épicentre de la maladie s’est progressivement déplacé aux Etats-Unis avant de menacer sérieusement l’Amérique latine. Jusque-là moins impactée que les autres continents, l’Afrique vit aussi son calvaire lié à cette pandémie qui a décidément la peau dure et n’est pas loin de mettre le monde sens dessus-dessous. En effet, alors que dans certaines parties de la planète, comme en Europe par exemple, on craint une seconde vague du virus mortel, en Afrique, la pandémie est en train de regagner un second souffle. Une tendance à la hausse qui n’est pas sans créer des inquiétudes ; l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne cessant de tirer la sonnette d’alarme. Pour cause : un relâchement général qui fait craindre le pire. Une crainte d’autant plus justifiée qu’avec plus de 8000 décès officiels (certaines sources parlent de 22 000) pour un peu plus d’un demi-million de cas, l’Afrique du sud a réussi la mauvaise prouesse de se hisser au rang des cinq pays les plus touchés de la planète.

 

L’Afrique doit se ressaisir sous peine de voir les prévisions apocalyptiques de l’OMS se réaliser

 

Ce, au moment où la maladie est en train de gagner du terrain alors que les résultats de la recherche en matière de médicaments ou de vaccin homologués, se font toujours attendre. Mais le cas de la Nation Arc-en-ciel n’est pas seulement emblématique sur le plan sanitaire. Il l’est aussi au niveau de la gouvernance où des proches et pas moindres du président Ramaphosa, sont l’objet d’accusations de corruption dans la gestion des fonds publics alloués à la lutte contre la pandémie du Covid-19. Une mauvaise publicité dont aurait pu se passer Pretoria, et qui ne fait pas honneur au chef de l’Etat sud-africain qui a succédé à Jacob Zuma dans les conditions que l’on sait, et pour les mêmes raisons qui ont valu à son prédécesseur les déboires judiciaires que  l’on sait. Au-delà, c’est tout le continent noir qui est appelé, à quelque niveau que soit, à ne pas baisser la garde face au virus à couronne qui est visiblement loin d’avoir dit son dernier mot. En témoignent les chiffres des cas de contamination qui ne cessent de grimper, au moment où l’heure est au déconfinement et à la réouverture des frontières dans certains espaces régionaux.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Afrique doit se ressaisir sous peine de voir les prévisions apocalyptiques de l’OMS se réaliser. Car, s’il s’entend qu’il faut, à présent, apprendre à vivre avec le virus, l’erreur serait de croire que le pire est passé et que la maladie est derrière nous. Surtout avec des chiffres qui continuent de jouer au yoyo sans que l’on ne puisse dire avec exactitude ou certitude si la maladie est vraiment maîtrisée ou pas. C’est pourquoi il est impératif d’insister sur l’observance des mesures-barrières. Car, avec le recul, on n’est pas loin de croire que c’est ce qui a permis au continent noir dont la faiblesse du système sanitaire n’est un secret pour personne, d’éviter l’hécatombe que prédisaient les spécialistes et autres oiseaux de mauvais augure.

 

Il est difficile de dire si l’Afrique pourrait supporter aujourd’hui  un second confinement

 

Mais si l’on n’y prend garde, le réveil pourrait être douloureux. Car, entre scepticisme, attitude frisant parfois l’inconscience, et lutte pour la survie à travers la recherche du pain quotidien, bien des Africains ne semblent plus vraiment avoir  peur du virus. C’est à se demander si passés les premiers moments de psychose où le continent a montré une résistance des plus improbables à la maladie, certains n’ont pas fini par banaliser le virus qui garde pourtant toute sa dangerosité, au regard de la mortalité causée  et des difficultés de la science à y trouver remède. Sans compter les conséquences économiques désastreuses que le monde risque de traîner encore longtemps au pied comme un boulet. C’est dire si au regard de l’évolution de la situation, il est difficile de dire si l’Afrique pourrait supporter aujourd’hui  un second confinement. Tout comme il n’est pas sûr que les populations accepteront d’y adhérer, même si la situation venait à l’exiger. Pourtant, à l’allure où vont les choses, ce risque est loin d’être écarté. Car, la progression du virus est telle aujourd’hui  sur le continent, que si rien n’est fait pour la maîtriser, les formations sanitaires seront vite débordées en cas de multiplication incontrôlée des cas. Or, le virus ne semblant plus une préoccupation majeure, les populations ne font plus l’effort nécessaire pour s’en protéger, donnant même parfois l’impression d’être plus préoccupées à chercher à rattraper le temps perdu. Prudence donc  !

 

 Le Pays »

 

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