MAINTIEN DES MACHINES A VOTER EN RDC

MAINTIEN DES MACHINES A VOTER EN RDC

 Ce que cache l’entêtement de Kabila

A l’appel de la Lucha, mouvement à la pointe dans la contestation de la mauvaise gouvernance en RDC, des marches ont été organisées à Kinshasa et dans les principales villes du pays, le lundi 3 septembre dernier, pour protester contre le maintien des machines à voter (fabriquées par la Corée du Sud) pour les élections présidentielles prévues le 23 décembre prochain. C’est la énième manifestation de fronde contre cet instrument de toutes les mésententes, qualifié par certains de machines à frauder dont un nouveau lot doit être livré du 9 au 12 septembre prochain. Outre le retard déjà observé dans la livraison de ces machines, leur utilisation pose des problèmes de fiabilité pour l’opposition et une grande partie de la société civile de la RDC, qui ne veulent pas en entendre parler. Alors, pourquoi le président Joseph Kabila, qui est de surcroît partant, tient-il tant à imposer l’usage de ces « machins » à voter, pourrait-on se demander ? Pour beaucoup d’observateurs, il ne fait l’ombre d’aucun doute que, bien que contraint de partir au terme de son dernier mandat constitutionnel, l’homme fort de Kinshasa veut, en réalité, reculer pour mieux sauter. A preuve, les manœuvres plus ou moins souterraines de Kabila qui a trouvé lui aussi son Medvedev en la personne de son oncle maternel, Emmanuel Ramazani (tout comme Poutine), qu’il entend installer sur le trône congolais pour cinq ans ; histoire de faire un tour pour revenir prendre sa chose.

Plus Kabila s’entête à utiliser ces machines, plus son dessein à revenir au pouvoir par la fenêtre apparaît évident

Quand on ajoute à cela le mode de scrutin à un seul tour, l’élimination plus ou moins régulière des principaux candidats comme M’Bemba et Katumbi, l’incapacité plus que probable  de l’opposition à présenter un seul candidat et la proximité du scrutin (il ne reste plus que quatre mois), on peut dire que les carottes sont presque cuites pour cette opposition notoirement incapable de transcender les ambitions individuelles de ses membres pour former un front commun afin de prendre la citadelle «kabilaise ».

Par ailleurs, l’Afrique est ainsi faite que beaucoup d’opposants font beaucoup de bruit pour rien car  peu d’entre eux résistent difficilement à l’appât du gain constitué de propositions sonnantes et trébuchantes, de promotion politique et sociale fort alléchantes que leur tend le pouvoir. Une fois de plus, les regards sont tournés vers la fameuse communauté internationale,  mais que peut-elle faire ? Le maître de Kinshasa ne lui a-t-il pas coupé l’herbe sous les pieds en refusant tout financement étranger et tout observateur venu d’ailleurs pour superviser ces élections ? C’est une gigantesque fraude en vase clos que préparent Kabila et consort, face à l’impuissance du monde entier. Et il faut croire que si ça passe, d’autres dictateurs africains feront recours à ces machines à tricher. En attendant, il faut se convaincre que, plus Kabila s’entête à utiliser ces machines, plus son dessein à revenir au pouvoir par la fenêtre apparaît évident.

Martin KABORE 

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