MANIFS DE L’OPPOSITION SUR FOND DE MENACES DU POUVOIR AU TOGO : Vers l’impasse ?

MANIFS DE L’OPPOSITION SUR FOND DE MENACES DU POUVOIR AU TOGO : Vers l’impasse ?

 

S’achemine-t-on vers l’impasse au Togo ? C’est la question que l’on pourrait se poser, au regard de la situation sociopolitique qui tend à se complexifier, avec une tension toujours palpable et qui ne semble pas prête de baisser. Et pour cause. Face à l’attitude de l’opposition qui a décidé de maintenir la pression  à travers des manifestations de rue en vue d’obtenir les réformes constitutionnelles qu’elle réclame, le pouvoir semble avoir opté pour la manière forte à l’effet de briser l’élan des manifestants. Ainsi,  après l’interdiction des grandes marches que la Coalition de l’opposition prévoyait d’organiser les 18 et 19 octobre, et alors que la session parlementaire extraordinaire du mois dernier n’a accouché de rien de mieux qu’un référendum controversé dès son annonce, un imam réputé proche du leader du PNP, Tikpi Atchadam, a été arrêté le 16 octobre dernier au Nord du pays.

L’opposition togolaise et le pouvoir jouent à se faire peur

En conséquence, de violents affrontements ont opposé les populations aux forces de l’ordre avec à la clé deux militaires et deux jeunes tués. Tout cela est venu mettre le feu aux poudres jusque dans la capitale, Lomé, où l’on a enregistré des affrontements entre jeunes manifestants et forces de l’ordre, qui ont abouti au saccage de maisons privées et d’édifices publics. Pour rappel, l’opposition togolaise, mobilisée depuis des mois, demande des réformes constitutionnelles allant dans le sens de la limitation des mandats présidentiels, notamment le retour à la Constitution de 1992. Mais le pouvoir ne l’entend pas de cette oreille. S’il est d’accord pour des réformes allant dans le sens de la limitation des mandats présidentiels, il ne veut en revanche pas entendre parler de rétroactivité qui mettrait totalement hors-jeu le chef de l’Etat en exercice. Or, l’opposition s’arcboute sur la Constitution de 1992, car cela aurait pour effet d’éliminer le président Faure Gnassingbé de la course à sa propre succession, après 15 ans de règne en trois mandats à la tête du Togo, à la suite de Gnassingbé père qui aura passé 38 ans au pouvoir. Et l’alternative du référendum sur lequel a débouché le vote des députés réunis en session extraordinaire boycottée par l’opposition le mois dernier, ne semble pas avoir l’assentiment de l’opposition dont certaines voix s’élèvent même pour demander le départ hic et nunc de Faure Gnassingbé du pouvoir. Mais jusqu’où ce bras de fer entre le pouvoir et l’opposition va-t-il mener ? Bien malin qui saurait répondre à cette question. En attendant, l’on a le sentiment que l’opposition togolaise et le pouvoir jouent à se faire peur. Et tout porte à croire que pendant que la première, l’opposition, veut surfer sur la vague de l’extraordinaire mobilisation populaire qui a jusque-là répondu à ses appels, le deuxième, le pouvoir, donne le sentiment d’être aux abois et de chercher désespérément à se défaire de l’étreinte mortelle de la première, en ne lésinant pas sur les moyens pour casser le mouvement. Participent de cela, les farouches mesures de répression des manifestations de l’opposition, ainsi que la mesure d’interdiction de manifester durant les jours ouvrables dont l’objectif inavoué, pourrait être d’éviter à la longue une paralysie de l’Administration.

Ce n’est pas la meilleure façon de faire baisser le mercure social

Tout cela, dans un climat social délétère où l’on parle d’enlèvements au sein de l’opposition, comme ce proche de l’opposant Tikpi Atchadam, qui sont autant de mesures d’intimidation qui ne font que raviver les tensions. Si les faits sont avérés, pour un pays qui se dit respectueux des droits humains, cela laisserait à désirer. En tout cas, ce n’est pas la meilleure façon de faire baisser le mercure social. C’est pourquoi l’on ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : où va le Togo ? Le pays va-t-il s’enfoncer dans la crise ou bien les Togolais réussiront-ils, dans un sursaut d’orgueil, à sauver leur pays du chaos qui se profile à l’horizon ? Pour le moment, personne ne peut dire de quoi demain sera fait. Mais l’on a quand même le sentiment d’être dans une sorte de veillée d’armes qui ne dit pas son nom, en attendant la petite étincelle qui sonnera le déclenchement de la fin, dans un scénario de ça passe ou ça casse. C’est dire si les couteaux sont tirés entre les deux parties, avec d’un côté un pouvoir qui, à défaut de pouvoir briser la détermination des manifestants, semble vouloir les pousser à la faute pour mieux sévir, et de l’autre, une opposition qui ne semble attendre que l’occasion et le moment propices pour en finir une fois pour toutes avec la dynastie Gnassingbé. De quel côté penchera la balance ? Wait and see.

« Le Pays »

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