MANIFS DE SOUTIEN A DES PRISONNIERS : C’est la Justice qui prête le flanc

MANIFS DE SOUTIEN A DES PRISONNIERS    : C’est la Justice qui prête le flanc

J’ai appris, par voie de presse, que des centaines de personnes étaient dans les rues, le samedi dernier, à Yako pour exiger des autorités que soit jugé rapidement Gilbert Diendéré ou qu’à défaut, celui-ci soit libéré. A priori, je n’ai rien contre ce genre de manifs, surtout que Yako, je le sais, est le fief du Général Diendéré. C’est donc de bon aloi que les siens lui apportent leur soutien. Et Dieu seul sait s’il en a besoin. Car, il faut le dire, la prison est une épreuve redoutable que je ne souhaite même pas pour mes ennemis. Je me rappelle que peu avant Diendéré, ce sont les proches de Djibrill Bassolé qui, à Ouagadougou comme dans le Sanguié, avaient aussi décidé de donner de la voix. Dénonçant une « détention arbitraire prolongée », ils réclamaient aussi la mise en liberté de leur mentor. On a vu la même fièvre s’emparer des partisans de l’ex-ministre des Affaires étrangères lorsqu’entre-temps, a été annoncé son élargissement qui s’est vite mué en une « assignation à résidence surveillée ». Tout cela, c’est de bonne guerre. Seulement, ce que je regrette, c’est la connotation régionaliste que l’on donne à ces différentes manifestations que je sais suscitées. Par qui ? Je ne saurai le dire. Mais je sais qu’il y a d’autres personnes qui, pendant près de trois ans, croupissent en prison sans procès, sans que cela n’émeuve outre mesure l’opinion publique nationale et internationale. Ce à quoi j’assiste, me pousse à donner raison à la Fontaine quand il dit que la justice n’est pas généralement la même selon que l’on est riche ou pauvre. Pour moi, dans un Etat de droit, on ne marche pas pour qu’on libère quelqu’un qui a maille à partir avec la Justice. On peut l’aider à organiser sa défense, mais jamais clamer son innocence comme on entend dire certains proches.

 

Les gens sont si las d’attendre qu’ils commencent à voir le diable partout

 

Comme vous le savez, je n’ai personnellement rien contre quelqu’un. Je souhaite que Diendéré et Bassolé soient libérés, si le juge estime qu’ils n’ont rien à se reprocher. Moi, je n’aime pas intervenir dans les affaires de la Justice. Mais sans vouloir lui dicter une conduite, je souhaite que, par moments, elle fasse preuve de diligence pour ne pas prêter le flanc. Car, pour les cas de Bassolé et Diendéré, les gens sont si las d’attendre qu’ils commencent à voir le diable partout. C’est pourquoi l’on entend certains parler d’acharnement ou de règlements de comptes politiques. Je trouve cela regrettable. Et quelque part, ceux qui le disent n’ont pas totalement tort. Car, cela fait plus de deux ans que l’on tourne en rond avec cette affaire de putsch. Et jusque-là, nous ne sommes qu’au stade des confirmations des charges, et que sais-je encore. C’est pourquoi, tout en refusant de donner raison à ceux-là qui marchent par-ci par-là, je m’empresse parfois de reconnaître la justesse de leur démarche. La Justice ne doit pas donner l’impression qu’elle n’agit que quand elle est acculée par la rue. Or, depuis peu, c’est l’impression qu’elle donne. C’est tout simplement dommage, d’autant plus que la Justice, on le sait, est un domaine où l’on communique peu. Et même quand on le fait, on porte des gants, pour éviter de déranger l’instruction. Je suis d’accord avec tout cela, mais n’oublions pas que la

Justice est au service du peuple et qu’à ce titre, elle doit tenir compte des  desiderata de celui-ci, en terme de célérité dans le traitement des dossiers. En tout cas, je souhaite que soit entendu le cri du cœur des uns et des autres, et que s’ouvre enfin le procès de tous ceux qui sont soupçonnés d’avoir trempé la main dans le putsch manqué du 16 septembre 2015 contre les autorités de la Transition. J’attends de voir !

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