MASSACRE DE JEUNES A KINSHASA

MASSACRE DE JEUNES A KINSHASA

Une gouvernance marquée par le sang, le désordre et la pauvreté

Le 16 septembre dernier, des corps sans vie d’une demi-douzaine de jeunes hommes ont été retrouvés à Kinshasa, la capitale de la RD Congo. Selon plusieurs sources, ces jeunes dont les corps ont été retrouvés dans la rue, ont été l’objet d’enlèvement, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, par des personnes cagoulées et armées qui opéraient dans une commune de la capitale. En l’absence d’informations précises sur l’identité de ces mystérieux tueurs et les mobiles de leurs actes, de nombreux Congolais pointent un doigt accusateur sur les services de sécurité. Et il est difficile de leur donner tort quand on voit comment ces derniers se sont maintes fois illustrés par la brutalité de leurs actes dans la répression des manifestations contre le régime, en plus de sévir contre les opposants au maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà du délai constitutionnel autorisé. Toutefois, la Police qui est particulièrement soupçonnée, se défend d’être à l’origine de ces tueries.

Joseph Kabila aura négativement marqué la RDC

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le règne de Joseph Kabila n’aura pas été des plus heureux pour les Congolais. En effet, depuis que le locataire du palais de marbre est arrivé au pouvoir, le Congo ne cesse de pleurer ses enfants et de compter ses morts, du fait des violences politiques. Et l’homme fort de Kinshasa, qui a été poussé à la sortie et qui s’apprête, dans quelques mois, à quitter le pouvoir, malgré lui, après près de 17 ans de règne, aura eu une gouvernance plutôt mouvementée, marquée par le sang et le désordre, dans un contexte de pauvreté accrue des populations qui continuent de tirer le diable par la queue. Dans les faits, depuis que Joseph Kabila est arrivé au pouvoir, on ne compte pas les conflits armés qui déchirent la RD Congo. L’Est du pays reste une fournaise avec des guerres et des massacres dans des régions comme le Kivu ou encore l’Ituri, où sévissent des forces rebelles. Et le pouvoir a toutes les peines du monde, à y mettre de l’ordre. Pendant ce temps, dans le reste du pays, aucune mesure de répression n’est jugée de trop pour tenter de réduire l’opposition politique à sa plus simple expression, au moment où la société civile est l’objet de toutes sortes de tentatives de musèlement. C’est donc en lettres de sang que l’histoire de ce pays et de ce peuple qui s’est fièrement dressé contre la dictature, s’est écrite durant ces années de braise. Et tout porte à croire que le peuple congolais risque encore de souffrir le martyre, tant que Joseph Kabila sera au gouvernail.
Au regard de tout cela, l’on peut dire que le président Joseph Kabila aura négativement marqué la RDC. Autant son père, Laurent Désiré Kabila, peut être considéré comme celui qui a donné du lustre au pays en le débarrassant d’un Mobutu Sese Seko qui se voulait roi (du Zaïre) et dont tout le monde était finalement fatigué, autant Kabila-fils aura terni l’image du pays en biaisant le jeu de l’alternance et en tournant le dos aux règles élémentaires de la démocratie, pour un pays qui, jusque dans son appellation, se voulait pourtant une « République Démocratique ». Son règne aura été marqué par une longue liste de macchabées qui sont allés remplir les cimetières, dans un pays qui n’est ni plus ni moins qu’un scandale géologique au regard de ses immenses richesses minières, mais dont les populations croupissent dans la misère depuis des lustres, au regard des conditions de vie de la grande masse. C’est pourquoi il n’est pas exagéré de dire qu’en réalité, la RDC n’a jamais été indépendante, encore moins libre et prospère, au regard de la pauvreté qui se lit sur le visage des populations.

La RDC a besoin d’un messie

Et Joseph Kabila qui avait le devoir de faire mieux que ses prédécesseurs, se sera finalement illustré comme l’une des dictatures les plus féroces du continent, où la vie humaine est en voie d’être banalisée. Passe encore que son pouvoir s’en prenne à des opposants politiques en leur créant toutes les misères du monde. Mais que des jeunes gens soient nuitamment interpellés et que leurs corps jonchent les rues le lendemain sans explication aucune, doit interpeller au plus haut point. Le drame est que la communauté internationale semble impuissante, face à cette tragédie qui se joue sur les rives du fleuve Congo. Chaque fois qu’elle veut lever le petit doigt, elle se voit opposé l’argument éculé de la souveraineté d’Etat, qui laisse à Kabila, les mains libres pour faire ce qu’il veut. Mais, à y regarder de près, l’on a envie de croire que plus que l’impuissance, l’attitude de la communauté internationale, particulièrement celle des Occidentaux, est dictée par leurs intérêts dont on peut aisément se convaincre qu’ils passent bien avant les massacres entre Bantous. Et il y a même lieu de croire que la RDC est frappée par la malédiction de ses richesses naturelles et minières qui font l’objet de toutes les convoitises, particulièrement des grands de ce monde. C’est pourquoi l’on est porté à croire que la RDC a besoin d’un messie, pour tirer le pays de l’ornière.

« Le Pays »

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1 Commentaire

  1. muclet poe

    Qu’est-ce que vous ne feriez pas pour salir encore et encore le Président Kabila , l’homme qui vient d’entrer dans l’histoire de la Rdc?
    Pourquoi ses services tueraienr-ils ces jeunes ?

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