MASSACRE D’UNE DIZAINE DE PERSONNES EN CASAMANCE : Acte politique ou crapuleux ?

MASSACRE D’UNE DIZAINE DE PERSONNES EN CASAMANCE : Acte politique ou crapuleux ?

Les vieux démons sont-ils  de retour en Casamance ? En tout cas, le massacre de 13 Sénégalais, le 6 janvier dernier dans une forêt de cette région au Sud du pays, suscite bien des interrogations et des inquiétudes. En attendant que l’enquête ouverte par les autorités sénégalaises situe l’opinion sur cette attaque meurtrière qui a « occasionné la mort de treize jeunes hommes dont dix par balles, deux par armes blanches et un brûlé », perpétrée par des individus non encore identifiés dans la forêt de Borofaye, l’on se demande s’il s’agit d’un acte crapuleux   ou d’un coup de semonce des combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). On touche du bois pour que ce ne soit pas la deuxième hypothèse. Car, si tel est le cas, cette agression meurtrière pourrait doucher les espoirs d’une paix définitive en Casamance, qui se dessinait avec l’implication de la communauté  Sant’Egidio, depuis un certain temps, pour mettre fin à la rébellion indépendantiste armée qui perdure depuis 35 ans. En effet, il faut rappeler que l’attaque de la forêt de Borofaye survient moins d’une semaine seulement après la libération de deux membres du MFDC de Salif Sadio, qui étaient jusque-là détenus par les forces de sécurité sénégalaises. Un signe d’apaisement qui rentrait dans le cadre de l’application des « mesures de confiance réciproque », un accord de paix obtenu lors des négociations du 22 février 2014 à Rome sous l’égide de la communauté Sant’Egidio.

Les Sénégalais n’ont pas besoin d’une reprise des hostilités en Casamance

Par ailleurs, il est aussi probable que cette barbarie du samedi qui intervient dans un contexte de décrispation avec le rétablissement du dialogue entre les parties en conflit et la libération des prisonniers, soit le fait  d’éléments incontrôlés du MFDC qui n’apprécient pas les contours du processus de paix en cours. Du reste, le chef de ce principal mouvement politico-militaire, Salif Sadio, qui avait, en marge des pourparlers de février 2014, déclaré avoir imposé à ses combattants un « cessez-le-feu unilatéral », comme gage de sa bonne foi à un retour à la paix, n’avait peut-être pas impliqué toutes les factions dans cette prise de décision. Si fait qu’il est aujourd’hui défié par certaines d’entre elles. En attendant donc que la lumière soit faite sur ce massacre du 6 janvier, il faut rappeler que le Sénégal est depuis un certain temps sous la menace terroriste. C’est dire que les Sénégalais n’ont pas besoin d’une reprise des hostilités en Casamance.

Drissa TRAORE

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