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MEDIATION DE LA CENCO : L’Eglise catholique pourra-t-elle ramener toutes les brebis dans l’enclos ?

MEDIATION DE LA CENCO  : L’Eglise catholique pourra-t-elle ramener toutes les brebis dans l’enclos ?

 Ils sont toujours sur la brèche, occupés par leurs activités paroissiales et tenaillés par une médiation de longue haleine, qui peine encore à prendre forme. Les évêques congolais, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, s’évertuent toujours du mieux qu’ils peuvent, à démêler l’écheveau politique congolais né de la volonté affichée du président Joseph Kabila de rester au pouvoir. C’est grâce à eux d’ailleurs qu’a été signé à l’arraché, l’accord politique du 31 décembre 2016 dont la mise en œuvre tarde encore à voir le jour. La raison, on la connaît. Car certains acteurs, notamment la majorité présidentielle, semblent faire dans le dilatoire, usant de subterges pour retarder les échéances électorales, surtout la présidentielle prévue pour décembre prochain et qui, en principe, mettra officiellement fin au mandat de Kabila fils. Et comme la stratégie de l’ennemi est de diviser pour régner, le pouvoir congolais, profitant de la disparition de l’opposant historique, Etienne Tshisékédi, a réussi à créer la zizanie au sein de l’opposition, tant et si bien que sont apparues au grand jour des dissensions au sein de la plateforme. Conséquence, le temps passe, mais on fait toujours du surplace. En effet, aucune question principale n’est encore réglée à ce jour : ni le mode de désignation du Premier ministre, ni l’attribution de la présidence du Conseil national de suivi  de l’accord.

Pitié pour la RDC

Toutes choses qui donnent l’impression d’agacer finalement les prélats qui pointent du doigt la mauvaise foi de certains acteurs politiques. Si fait que visiblement désappointés, ils ont fini par lancer un ultimatum à l’ensemble de la classe politique congolaise : signer à tout prix l’arrangement particulier le 27 mars 2017. Ce qui n’est pas gagné d’avance, quand on sait que le Secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Jean Marc Kabund, il y a une semaine seulement, avait quitté la table des négociations, accusant la majorité de multiplier les blocages dans la mise en œuvre de l’accord de la Saint Sylvestre. Que va-t-il donc se passer ? Les évêques réussiront-ils à ramener toutes les brebis égarées dans l’enclos ? On attend de voir, tant la tâche promet d’être immense. Du reste, on imagine ce que pourrait devenir la RDC si, pour une raison ou pour une autre, l’Eglise catholique décidait d’abandonner le troupeau. Le pays, il faut le dire, irait à vau-l’eau ; lui qui est déjà en proie à toutes sortes de violences qui, chaque jour qui passe, apportent leur lot de cadavres. Le dernier cas en date a été l’exécution d’une cinquantaine de policiers dans le Kasaï par les membres de la secte Kamuina Nsapu. On oublie volontiers les massacres répétés de civils perpétrés à Béni et dans le Nord-Kivu et cela, dans l’indifférence totale de Kinshasa. En clair, la RDC peut brûler, pourvu que Kabila conserve son fauteuil. Pitié pour la RDC, ce grand pays dirigé par un petit président, au sens propre comme au figuré du terme. Espérons donc qu’avec le concours du Saint-Esprit, les évêques, par leurs prières soutenues, parviendront à délivrer le peuple congolais qui souffre le martyre.

Boundi OUOBA

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