MEDIATION INFRUCTUEUSE DE MICHEL KAFANDO AU BURUNDI : Même Dieu aurait échoué !

MEDIATION INFRUCTUEUSE DE MICHEL KAFANDO AU BURUNDI   :  Même Dieu aurait échoué !

 

A l’appel du maire de Bujumbura, des milliers de personnes ont manifesté le 10 février dernier dans la capitale, contre le récent rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur la situation au Burundi. Ce rapport est très critique envers la volonté des autorités du pays, d’amender la Constitution pour permettre à l’autocrate burundais, Pierre Nkurunziza, de briguer un quatrième mandat. Dans la colère des manifestants, l’envoyé spécial de l’ONU, Michel Kafando, en a pris pour son grade, des pancartes dénonçant son « travail sans valeur ». Le diplomate de carrière est accusé de « travailler dans l’intérêt de certains pays européens », allusion faite principalement à la Belgique, l’ancienne puissance coloniale et principale pourvoyeuse d’aide au Burundi.

Après donc les infructueuses médiations de l’Algérien Saïd Djinnit, du Sénégalais Abdoulaye Bathily, quel sera le sort de Michel Kafando ? Achèvera-t-il de passer sous les fourches caudines d’un pouvoir qui n’entend reculer devant rien pour servir au peuple burundais, le plat indigeste de l’infamie ?  En tout cas, la récusation dont il est aujourd’hui l’objet, n’augure rien de bon pour l’avenir de la médiation.  Mais à dire vrai, les déboires de Michel Kafando étaient prévisibles. Car, on a beau être une fine lame de la diplomatie, toute mission de ce genre  s’annonce forcément périlleuse, voire impossible quand il est question de rapprocher deux positions inconciliables : l’obstination d’un pouvoir invariablement dans le déni et qui, jouant sa survie, est prêt à tous les excès et crimes pour se maintenir, et l’aspiration d’un peuple à rompre avec la tyrannie pour s’engager résolument sur la voie de la démocratie. En vérité, même Dieu aurait échoué dans cette mission titanesque au Burundi ! On ne voit pas comment il pourrait ramener la brebis égarée qu’est le pasteur Nkurunziza, dans l’enclos.

Michel Kafando peut être sûr d’être sur la bonne voie

 

C’est pourquoi Michel Kafando ne devrait pas rougir de ce qui se déroule en ce moment sous ses yeux, qui a tendance à saper son action sur le terrain.  Bien au contraire. S’il est perçu, en haut lieu, comme un empêcheur de régner en rond, c’est la preuve qu’il est un médiateur crédible et redoutable qui n’a pas débarqué à Bujumbura pour mettre son action au service d’un camp, en particulier celui des puissants du moment.  Il peut être fier qu’on ne l’accuse pas de travailler à faire plaisir au pouvoir de Bujumbura,  encore moins à l’opposition. Qu’il soit taxé par le pouvoir burundais, d’être de collusion avec la Belgique, peu importe ; tant qu’il aura le sentiment d’agir en vérité et en conscience tout en s’attachant à l’intérêt général plutôt qu’à celui individuel et égoïste d’un Nkurunziza, Michel Kafando peut être sûr d’être sur la bonne voie.   Le reste n’est que gesticulations sur fond de railleries et de fuites en avant d’un pouvoir  qui s’emploie à l’écarter. Mais jusqu’à quand tiendra-t-il le coup face à cette lame de fond qui menace de plus en plus de l’emporter ?  Le pouvoir burundais qui, dès l’arrivée de l’ancien fonctionnaire international à Bujumbura, l’avait mis dans une position inconfortable en le « mettant en garde », finira-t-il pas obtenir son scalp ?  En diplomate chevronné et ayant certainement appris à subodorer les crocs-en jambe et autres chausse-trappes et à les déjouer, l’ancien président de la Transition au Burkina Faso, saura certainement éviter d’offrir ce plaisir à ses nombreux détracteurs qui rêvent de le voir aller à Canossa. Pour cela, il faut espérer qu’il fasse preuve d’anticipation et de clairvoyance pour se donner toutes les chances de sortir du bourbier burundais la tête haute, même si cela doit passer par la case démission. Pour autant qu’il  tombe au bon moment, un tel geste aurait l’avantage de mettre la communauté internationale face à ses responsabilités.  Car, il faut le dire, l’échec de bien des médiations sur le continent, n’a pas très souvent été étranger à l’hypocrisie de la communauté internationale ; elle qui a la fâcheuse tendance à ménager la chèvre des dictatures africaines et le chou de ses propres intérêts sur le continent. Combien sont-elles, en effet, les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, à avoir buté sur le veto de pays comme la Chine ou la Russie ? Quant à l’Union africaine (UA) qui aurait pu être d’un précieux secours aux peuples africains en danger, elle est malheureusement l’otage de la confrérie des dictateurs africains qui n’entendent pour rien au monde céder leur place. Et tant pis pour la démocratie !

« Le Pays »

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2 Commentaires

  1. Aurore

    Et vous osez écrire « Dieu » en majuscule? seul vos « dieux » peuvent échouer, en tout cas pas le Dieu « Créateur » !! A travers votre article on sens facilement pour qui vous roulez!

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  2. Waka

    Au lieu de gaspiller votre temps à insulter, il serait plus judicieux de faire votre travail. Qui de votre rédaction a déjà mis son pied sur le sol burundais? Moi-même je pourrais m’asseoir là où je suis et pondre une injure à l’endroit de votre rédacteur en chef, c’est le plus facile dans votre métier: le dérapage. Vous faites quand même bien de le dire, vous offrez à vos lecteurs le  » le plat indigeste de l’infamie » en traitant un sujet dont vous ne maîtriser rien du tout. A vous lire, on comprend bien pour qui vous roulez, et bonne chance. Sinon, le peuple burundais est un peuple digne, avec des dirigeants et leaders dignes, c’est pas votre « chevronné » Kafando qui le fera dérailler. S’il n’est pas en mesure de se détacher de ses préconçus et de son agenda caché, il n’a qu’à démissionner comme vous le dites, il n’aura été ni le premier, ni le dernier. Un clin d’œil: demandez une audience à Nkurunziza, il vous recevra, si vous avez le courage de le faire, bien-sûr!!

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