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MESSAGES DE CHEFS D’ETAT AFRICAINS A MACRON : Ces satrapes qui préfèrent féliciter que d’être félicités  

MESSAGES DE CHEFS D’ETAT AFRICAINS A MACRON : Ces satrapes qui préfèrent féliciter que d’être félicités   

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidentielle française du 7 mai dernier, les messages de félicitations fusent de partout à travers le monde. De Donald Trump, le président américain à son rival russe, Vladimir Poutine, en passant par l’Allemande Angela Merkel, la Britannique Teresa May, sans oublier le patron de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, ils sont nombreux les dirigeants occidentaux à  jeter des fleurs à leur pair gaulois, pour sa brillante élection  à la tête de la 6ème nation la plus puissante au monde. Quand on sait que l’arrivée de ces dirigeants à la tête de leurs Etats et autres institutions n’a pas fait l’objet d’entorses aux règles élémentaires de la démocratie, l’on n’a aucune peine à comprendre leur extase devant le triomphe de ce jeune candidat dont le choix traduit en tous points l’expression de la volonté du peuple français. Il en est de même des dirigeants africains qui ne sont pas en reste, dans ce concert de congratulations tous azimuts. Ainsi, de Casablanca à Niamey en passant par Abidjan, Dakar, Ouagadougou, Bamako et on en oublie, Mohammed VI et ses pairs Alassane Dramane Ouattara, Macky Sall, Roch Marc Christian Kaboré, Ibrahim Boubacar Kéita et autres Mahamadou Issoufou et Patrice Talon ne manquent pas de mots pour encenser le prochain locataire du palais de l’Elysée pour son triomphe glorieux dans la course à la magistrature suprême de son pays. Mais là où le bât blesse et où l’on est en passe de perdre son lingala*, son kirundi *et son swahili*  c’est l’empressement de fossoyeurs de la démocratie comme le Burundais Pierre Nkurunziza, le Congolais Denis Sassou Nguesso ou encore le Camerounais Paul Biya à féliciter le nouveau président français. Ils n’ont même pas honte. Si tant est qu’ils admettent que la démocratie est bonne pour l’épanouissement des peuples et le progrès des nations, pourquoi préfèrent-ils féliciter les autres que de se faire féliciter en posant des actes patriotiques allant dans le sens de la promotion de l’alternance? En tout cas, quand on voit un Nkurunziza sortir du bois et se faire le devoir de féliciter rapidement Emmanuel Macron, l’on ne peut que se poser des questions, au regard de ses actions qui sont aux antipodes de ceux de ses pairs qui peuvent légitimement célébrer le triomphe de l’expression vraie de la volonté populaire.

L’élection d’un nouveau locataire au Palais de l’Elysée renvoie bien des satrapes du continent à leur mauvaise conscience

Tout porte à croire qu’au-delà des convenances internationales, c’est un clin d’œil fait au nouvel arrivant pour s’attirer sa sympathie, après l’isolement qui a été le sien suite au coup de Jarnac qu’il a porté à la démocratie dans son pays. Au-delà, il y a lieu de croire que tous ces présidents mal élus du continent, ne rêvent que de rentrer dans les bonnes grâces de l’Elysée, peu importe qui en est le locataire, car il y va quelque part de la survie de leur pouvoir. En effet, qui connaît la nature des relations qui lient la France au continent, sait qu’entre Paris et de nombreuses capitales africaines, surtout celles de son pré-carré, c’est plus un mariage de raison que d’amour. Dans ce sens, le soutien de l’Elysée a souvent été déterminant dans la désignation de nos princes régnants, tant et si fait qu’il ne viendrait à l’esprit d’aucun de ces dirigeants de se mettre à dos le grand chef blanc.  En tout état de cause, l’élection d’un nouveau locataire au Palais de l’Elysée renvoie bien des satrapes du continent à leur mauvaise conscience. Car, ne sachant pas ce qu’il va entreprendre comme politique vis-à-vis de l’Afrique, ils préfèrent prendre les devants, dans l’espoir de se faire remarquer positivement ou de faire bonne impression au nouvel arrivant. Heureusement qu’à côté de ces cancres de la démocratie, il y a des chefs d’Etat qui font honneur au continent par leur engagement aux côtés de leur peuple. A ceux-là, le continent restera à jamais reconnaissant et ils peuvent se rassurer qu’ils ont fait le bon choix, celui du peuple, de l’honneur et de la dignité. Quant à ceux-là qui ont choisi de se faire prisonniers du pouvoir parce qu’ils ne s’imaginent pas une autre vie, tôt ou tard ils paieront les pots cassés. C’est une question de temps, et le processus est irréversible.

Outélé KEITA

* Le Lingala, le Kirundi, le Swahili sont des langues de l’Afrique centrale parlées notamment au Congo, au Burundi, etc.

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