MILIEU SCOLAIRE : Quand le sexe devient un produit de grande consommation

MILIEU SCOLAIRE : Quand le sexe devient un produit de grande consommation

 

La sexualité ! Voilà un sujet tabou en Afrique, pour ne pas dire interdit. On n’en parle pas trop, mais la sexualité semble la chose la mieux connue et la mieux partagée par les jeunes et les adolescents. Par curiosité, les jeunes, de plus en plus, s’y adonnent très tôt. Conséquences, la sexualité précoce et à l’aveuglette, n’est que source d’angoisses et de désagréments aussi bien pour les jeunes, les parents que pour la société tout entière. Comme un effet de mode, les jeunes entrent précocement dans la vie sexuelle, banalisant l’acte sexuel en le réduisant en un simple instrument de plaisir. Un comportement que beaucoup de jeunes et d’adolescents payent « cash », surtout les filles. Qu’est-ce qui explique cet embarquement précoce des jeunes et adolescents dans la sexualité ? Comment vivent-ils leur sexualité? Quelles en sont les conséquences sanitaires et sociales ? Et quelles sont les mesures prises pour les aider à avoir une sexualité responsable ? Tant d’interrogations qui méritent que l’on se penche sur le sujet.

Les adolescents et les jeunes, actuellement, en savent peu sur la santé sexuelle et reproductive. Et pourtant, beaucoup, dès la puberté, ont déjà une vie sexuelle active sans pour autant connaître les tenants et les aboutissants des actes qu’ils posent, car embarqués dans les vicissitudes de la vie moderne. Assana Ouédraogo est élève en classe de 6e dans un lycée de la capitale. Elle a 16 ans et a déjà mordu dans la « pomme défendue ». C’est-à-dire avoir des relations intimes. A vue d’œil, son physique et sa forme trahissent son âge. Elle est une jeune fille élancée avec des rondeurs dignes d’une « go » de 18 ans que la robe bleue qu’elle porte, moule parfaitement. Mais hélas, les apparences trompent. Assana n’est qu’une mineure. C ’est donc à 16 ans qu’elle a perdu sa virginité.  Nous l’avons rencontrée dans son lycée et c’est sous un arbre, loin des oreilles indiscrètes, que nous avons abordé le sujet. Timidement, presqu’avec de la honte et après maintes tactiques pour gagner sa confiance, elle nous raconte les circonstances dans lesquelles cela s’est passé :« Ce jour-là, il y avait grève au lycée. Donc, mon copain qui est en classe de 4ème m’a invitée chez lui. C’était aux environs de 10h. Quand nous sommes arrivés à la maison, il n’y avait que la « bonne » qui faisait la cuisine. Ses parents étaient allés au travail. Nous sommes allés au salon suivre la télé et ensuite il m’a invitée dans sa chambre et c’est là-bas que ça s’est passé ».

Si pour Assana, elle ne l’avait pas prémédité, il en va autrement pour Aziz, un jeune homme à la corpulence bien bâtie, mais qui n’a que 17 ans.  Avec un visage innocent et une certaine gêne, il nous confie l’avoir « fait » avec sa copine lors d’une kermesse nocturne organisée par son lycée, un plan qu’il avait élaboré avant même le Jour-J.  La problématique de la précocité sexuelle des jeunes et des adolescents se pose de plus en plus avec acuité. Qu’est-ce qui peut bien les inciter à s’intéresser précocement au sexe ? Un sujet que certains parents évitent ou  abordent difficilement en famille, tant il semble sensible. Mais, certains jeunes disent bien aborder le sujet de la sexualité avec leurs parents, même si ce n’est pas de façon directe. « C’est souvent maman qui essaie de me demander si j’ai une copine. Mais, je tourne toujours autour du sujet, parce qu’elle aussi n’est pas directe », nous confie Joël Gonsogo, âgé d’une vingtaine d’années et élève dans un lycée de la place. Bien que le cadre s’y prêtait, parce qu’avec d’autres jeunes, il était à une rencontre de jeunes et d’adolescents à qui l’on veut apprendre à vivre une sexualité responsable. Malgré tout, il n’est pas toujours aisé d’aborder le sujet de la sexualité, même dans un tel contexte. Apparemment, il n’est pas le seul à tourner autour du pot en la matière.  Clovis Compaoré, habillé d’un tee-shirt noir et d’un pantalon jean noir, est  un jeune homme qui vient à peine de sortir de l’adolescence. Il dit  être mal à l’aise quand il s’agit d’aborder le sujet relatif à la sexualité : «parler de sexualité en Afrique, de manière générale, est gênant ».

« Je ne parle pas de sexualité avec mes parents »

Se massant les mains, le sujet ne semble vraiment pas facile à aborder pour lui. Tout de même, il réussit à nous confier que c’est difficile de parler avec son père ou sa mère d’un tel sujet tabou dans la société. « Je ne parle pas de sexualité avec mes parents. On survole le sujet », dit-il.  Oui, ils sont nombreux à se heurter à ces barrières érigées par les parents et pourtant, les jeunes ont envie d’être renseignés sur la sexualité. Si les garçons ont du mal à parler de sexualité avec leurs parents, certaines filles, quant à elles, trouvent des astuces pour le faire. C’est le cas de Sandra Ativon, une jeune fille « gâtée par la nature ». En effet, elle a trouvé la parade. Au cours d’un entretien qui n’a pas semblé ordinaire pour elle, elle se confie à nous. C’est en titubant et timidement qu’elle a affirmé ceci : « Il arrive que je parle de sexualité en famille avec mes tantes et non pas avec papa et maman ». Elle poursuit en ces termes en se massant les doigts : « je n’aborde pas le sujet directement, mais j’arrive toujours à faire de telle sorte à avoir une réponse à mes préoccupations ». Même si c’est à coups d’astuces, Sandra arrive à ses fins, puisqu’elle estime qu’avec les conversations qu’elle a avec ses tantes sur la sexualité, elle apprend beaucoup de choses.

« Le meilleur cadeau que je puisse donner à mon mari, c’est la virginité »

 Si Sandra profite des conseils de ses tantes,  Faouziatou Balma, presqu’une femme, élève en classe de terminale et âgée de 19 ans, dit avoir eu l’occasion d’aborder le sujet avec sa mère. Selon ses explications, tout a commencé le jour où elle a vu ses menstrues pour la première fois. « Maman m’a appelée pour me conseiller. Et elle me répétait que le premier mari d’une femme, c’est son travail. Et que le meilleur cadeau que je puisse donner à mon mari, c’est la virginité. Mais, c’était il y a longtemps et après cela, on n’a plus abordé le sujet ». Mais, elle garde toujours en mémoire les propos de sa maman qui, tant bien que mal, essaie de faire passer un message selon lequel « l’abstinence est la meilleure pratique de contraception, quand on est jeune ».

Alors, comment y arriver quand tout ce qui entoure les jeunes et les adolescents semble les inciter à la pratique sexuelle ?  Joël Gonsogo estime que l’abstinence est une décision personnelle. Là-dessus, Sandra Ativon a son opinion. En effet, elle pense que l’abstinence est une pratique qui ne fait plus partie des comportements des jeunes, parce qu’ils ne communiquent pas assez avec leurs parents et sont influencés par leurs camarades. « Mes tantes me demandent de me retenir, parce que je peux tomber enceinte ou contracter des maladies et que si je n’y arrive pas, de me protéger au moins parce que de nos jours, les parents ne suivent pas notre vie sexuelle et entre nous jeunes, on se donne de faux conseils et on partage de fausses idées», lance-t-elle.  Et les technologies de l’information et de la communication ne sont pas pour arranger les choses.  De l’avis de Faouziatou Balma, les jeunes assouvissent leur curiosité à travers l’internet qui les pousse aux déviances sexuelles. Avec internet, dit-elle, « les jeunes suivent des films pornographiques. Je me rappelle qu’à ma 5ème, mon voisin suivait un film pornographique en plein cours ». Ces comportements relèvent de l’ignorance car, poursuit-elle,  il y a des fois où on commet des erreurs parce que l’on ne sait pas. « Et pourtant, si on parlait de sexualité à la maison, on allait éviter certaines choses comme les grossesses précoces qui constituent un frein à notre épanouissement », affirme Faouziatou, d’un air plaintif. Joël Gonsogo, quant à lui, lance un appel aux parents. Il leur demande de ne pas laisser la rue éduquer leurs enfants. « C’est le devoir des parents de nous éduquer.  Sinon, ils seront surpris parce que les enfants vont apprendre des choses sur la sexualité à leurs dépens », insiste-t-il. Il poursuit en ces termes : « Si vous avez honte de parler de sexualité, vous allez avoir plus honte de recevoir un petit-fils ou une petite-fille précocement dans vos bras».

Certes, les parents ont le devoir de renseigner les enfants, mais l’école pourrait aussi jouer sa partition. En effet, abordant la question de l’éducation sexuelle sous l’angle pédagogique, Joël Gonsogo dit ne pas avoir une matière spécifique qui aborde ce problème de sorte à lui permettre d’avoir des connaissances approfondies sur le  sujet. Pour savoir ce qu’il en est exactement, nous avons approché le service compétent en la matière.

 

Pas de volume horaire spécialement affecté à la santé de la reproduction

Il s’agit de la Direction de l’Education en matière de population et de citoyenneté (DemPC). Et notre interlocuteur,  Ali Sawadogo, Inspecteur de l’enseignement primaire, dans ce service relevant du ministère de l’Education nationale (MENA), nous fait comprendre que de prime à bord,  son service a travaillé à ce qu’il y ait, depuis deux décennies, une insertion de la santé de la reproduction dans les programmes d’enseignements. « On s’est beaucoup intéressé à l’enseignement secondaire parce qu’on s’est dit que c’était le lieu où l’adolescence s’exprime avec les différentes crises que l’on connaît. Mais actuellement, il est question de parler de sexualité précoce si bien que la dynamique est descendue au niveau de l’enseignement primaire pour prendre en compte cette cible », précise-t-il. Et comment cela se fait-il ? Ali Sawadogo nous fait comprendre qu’il n’y a pas de volume horaire spécialement affecté à la question de la santé de la reproduction. Mais, que chaque établissement, en fonction de ses besoins et réalités, trouve des créneaux horaires pour aborder le sujet. Du reste, fait-il remarquer, en matière d’éducation sexuelle, les responsabilités sont partagées. « Même si on enseigne l’éducation sexuelle à l’école, il faut que les parents aussi s’y mettent parce que l’école ne peut pas tout faire », argue-t-il.  Qu’à cela ne tienne,  l’école joue un rôle important dans la vie de l’enfant, puisqu’il y passe la majeure partie de son temps. Si fait que certains  enseignants sont beaucoup plus aptes à parler de l’éducation sexuelle que des parents d’élèves. Et c’est le cas de cette enseignante qui, le plus souvent, est la confidente de ses élèves.

Sortir avec  des « tontons » juste pour avoir de l’argent

En effet, Aïda Estelle Traoré/Sié, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est professeur certifiée des lycées et collèges en Economie sociale et familiale et donne des cours dans certains lycées et collèges de la ville de Ouagadougou. D’entrée de jeu, elle affirme que les adolescents ont une vie sexuelle active, en témoignent les questions qui lui sont posées après les cours, dans un cadre restreint. Elle nous confie qu’elle aborde le thème de la sexualité en classe, mais le sujet reste toujours tabou, vu l’attitude de certains enfants pendant le cours. « Ils éprouvent de la honte », fait-elle remarquer. Aïda Estelle Traoré/Sié estime que ce serait moins pénible si les parents aussi apportaient leur contribution dans cette éducation sexuelle. Mais hélas, déplore-t-elle, « ce n’est pas toujours facile, parce que les enfants ont souvent des relations compliquées avec leurs parents. Il y a un enfant qui est allé jusqu’à nous confier qu’entre lui et son papa, c’est comme  chien et chat. S’il est au salon, c’est que lui est dans la chambre ». Dans ces conditions, comment instaurer un dialogue et une relation de confiance entre les jeunes et leurs parents, a fortiori chercher à connaître la vie sexuelle de son enfant? Et l’enseignante en Economie sociale et familiale de poursuivre en nous expliquant que souvent, les filles se jettent dans des pratiques non conseillées, à l’insu de leurs parents. En effet, «  il m’est arrivé de discuter avec une fille qui dit sortir avec   des « tontons », juste pour avoir de l’argent pour s’acheter des habits et de petites choses qu’elle voit chez d’autres camarades ». A ce niveau, nous sentons un changement, affirme-t-elle, d’expression du visage chez l’enseignante qui dit ne pas comprendre comment des pères de famille, des chefs de famille peuvent abuser de ces jeunes filles qui ont souvent l’âge de leurs enfants. A ce propos, finit-elle par lâcher, « certains parents ne donnent pas le bon exemple à leurs enfants ». Comment alors aider les adolescents et les jeunes à vivre sainement leur vie sexuelle, si on ne peut pas les pousser à l’abstinence ? C’est ce qui explique la présence des pairs éducateurs dans certains lycées et collèges. Et Alfred Konditamdé en est un. « Notre rôle, c’est d’échanger avec nos camarades, à travers des causeries-débats, pour leur donner des informations sur la sexualité. Et après, ceux qui ont des  préoccupations ou des questionnements, sont conduits au Centre d’écoute pour jeunes de l’ABBEF pour une prise en charge adéquate », explique-t-il. Néanmoins, il faut noter que sur le plan sanitaire, la sexualité précoce entraîne des conséquences néfastes chez les adolescents et les jeunes, surtout chez les filles. « L’heure est grave parce que de plus en plus, on dénombre beaucoup de grossesses en milieu scolaire », relate Honorine Kabré/Yabré, Sage-femme. Sur un ton désemparé, elle nous informe que les conséquences de la précocité sexuelle sont nombreuses : « Il y a les grossesses non désirées, qui induisent des pères adolescents. En sus de ces grossesses non désirées, il y a  la panoplie des infections transmissibles ». Selon des études du ministère de l’Education nationale, 6401 cas de grossesses ont été enregistrés entre 2012 et 2016 en milieu scolaire au Burkina Faso.  Pour la Sage- femme Kabré/Yabré, la sexualité précoce est non seulement dramatique pour l’adolescent ou l’adolescente, mais elle l’est aussi pour les familles et pour toute la société.

Relativement aux conséquences psycho-sociales, Issaka Kaboré, psycho-sociologue, affirme que la précocité sexuelle des adolescents et jeunes prend de l’ampleur dans la société, surtout en milieu scolaire. « Dans le temps, c’était un phénomène mais de nos jours, c’est devenu un fait social en ce sens que la précocité sexuelle devient une pratique et une habitude », note-t-il.  Et, pour lui, cela s’explique par le fait qu’on a commis l’erreur de suspendre l’éducation civique et morale, parce que l’enseignement sans l’éducation, ce n’est pas la peine, parce que c’est l’éducation qui fait de l’élève un être équilibré, avec une tête pleine et bien faite. Selon l’analyse du psycho-sociologue, un enfant sans éducation, n’a aucune moralité, aucun civisme, aucune crainte de Dieu. En plus de cela, Issaka Kaboré estime que la précocité sexuelle des adolescents et des jeunes entraîne « le manque de respect des aînés, parce que l’enfant a découvert la sexualité qui est sacrée ». Pour attester ses propos, le psycho-sociologue évoque ce qui se passe dans les lycées et collèges. « De plus en plus, il n’y a plus de mythe entre l’enseignant et son élève. Il y a des situations où des élèves font la cour à leurs enseignantes ou enseignants », conclut-il.

 Les jeunes ont de plus en plus une sexualité précoce, et comme tout être d’ailleurs, ils sont attirés par l’interdit. Pourquoi alors ne pas leur donner les rudiments nécessaires pour affronter cette étape de l’adolescence ou de la jeunesse qui, une fois mal vécue, peut entraîner la perte du jeune ou de l’adolescent, l’adulte de demain ? Que chacun joue son rôle pour que l’on ait dans le futur des adultes responsables et conscients, capables d’insuffler le développement dans n’importe quel secteur d’activité.

Françoise DEMBELE

 

 

Nestorine Sangaré , experte en genre et développement

« Socialement, la meilleure protection, c’est l’abstinence »

 « Depuis 2010, j’étais arrivée à la conclusion que le problème de la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso, est le fait que les jeunes n’ont pas d’éducation sexuelle. Toutes les thématiques portent sur comment aider les enfants à entrer dans la sexualité et à être actifs de manière sécurisée. Et on ne pense plus à ceux qui ne veulent pas s’y lancer. Et une fois qu’ils sont actifs, ceux qui les encouragent à être actifs ne sont pas là pour les aider. Socialement, la meilleure protection, c’est l’abstinence. Même aux Etats-Unis, on enseigne plus l’abstinence que le fait d’être actif sexuellement. Dans le cadre des politiques de développement, on dit à nos enfants qu’il faut commencer. Dans les pays occidentaux, les parents, de manière tout à fait consciente, disent à leurs enfants «  d’attendre » et les enfants les écoutent. Aucune école ne traite ces genres de questions : Qu’est-ce que l’amour ? Comment tombe –t-on amoureux ? Comment gère-t-on une relation amoureuse avant d’arriver à la sexualité qui est une étape décisive dans le processus amoureux ? Normalement, c’est amour, mariage, sexualité. Mais on est arrivé à une inversion des choses où on parle d’amour, de sexe et de mariage. Mais aujourd’hui, on ne parle même plus d’amour mais de sexe, sexe et avortements. On est arrivé à évacuer complètement l’amour et le mariage pour réduire la chose à la sexualité. On est arrivé à faire honte à ceux qui ne sont pas actifs sexuellement par rapport à ceux qui le sont. C’est une inversion des normes. Les normes religieuses et traditionnelles privilégient l’abstinence. Les causes de la précocité sexuelle sont nombreuses. Nous sommes dans une société sous influence des valeurs exogènes.  Les mariages forcés et précoces sont des causes culturelles. Il y a aussi l’influence des médias. Si fait qu’on est arrivé à une certaine sexualisation de la société. On voit du sexe partout. Le discours social est devenu très sexuel, c’est-à-dire la vulgarité dans le langage quotidien. L’habillement sexualisé, les danses et les chants également. Tout le mode de vie est orienté vers la sexualité. Le sexe est devenu un produit de consommation. On consomme le sexe comme on boit la bière. Ce n’est plus quelque chose de sacrée. La banalisation du sexe fait que toutes les normes qui encadraient la sexualité, ont été évacuées. L’une des causes de la sexualité précoce est la pédophilie. Il y a des parents qui abusent des enfants des autres.  Il y a des gens qui disent aimer la « chair fraîche, les crudités ». C’est de la pédophilie. Et le Code pénal prévoit le détournement de mineur. Relativement à la sexualité transactionnelle, les filles veulent de l’argent et pour cela, elles vont se donner pour avoir de l’argent afin de s’acheter à manger, à s’habiller et s’offrir des choses qu’elles voient chez les autres filles. Les parents n’éduquent pas les enfants, on les incite à se lancer dans la sexualité précoce. Dans les politiques de développement, il n’y en a pas portant sur la sexualité, mais il y a des politiques portant sur la santé sexuelle. On parle de la sexualité par rapport à la démographie et à la reproduction. On ne parle pas de la sexualité comme fait qui est une dimension sociale, économique et culturelle, spirituelle, psychologique. Il n’y a aucune politique qui encadre la question de la sexualité. La preuve, il n’y a même pas de loi qui indique l’âge auquel les enfants doivent commencer à faire l’amour. Il y a une loi qui indique à quel âge on doit se marier et faire des enfants. Mais, la loi ne dit pas qui peut sortir avec qui. La même loi qui dit que la fille peut se marier à 17 ans, dit que la fille peut se marier à 15 ans avec autorisation parentale. Et c’est la même loi qui dit qu’il y a détournement de mineur si quelqu’un va avec une fille de moins de 16 ans.  Par rapport à la sexualité précoce des jeunes, les responsabilités sont partagées. La communauté a sa part de responsabilité, le pays, la nation a aussi la sienne. Les partenaires au développement ont également leur part de responsabilité, puisqu’ils influencent la manière dont les choses se passent. Passer au rapport sexuel est un choix et choisir de ne pas faire l’amour, est aussi un choix. Ne faisons pas croire aux enfants qu’ils doivent faire des rapports sexuels. Donnons-leur les éléments de choix et de motivation qui leur permettent  de refuser les rapports sexuels quand on les approche. Il ne faut pas s’armer d’un norplan et se croire tout permis.  C’est une liberté que l’on donne aux filles. Elles vont avoir peur des grossesses, mais il y a les  Infections sexuellement transmissibles (IST). En réalité, c’est une incitation à la dépravation sexuelle.

Propos recueillis par FD

 

 

Quelques chiffres importants sur la sexualité précoce des jeunes et adolescents dans la sous-région

- 8% à 26 % des filles ont des rapports sexuels avant 15 ans

- 32 % à 85% des jeunes ont eu des rapports sexuels à l’âge de 18 ans

- 61% des jeunes n’utilisent pas de méthodes contraceptives et ont de multiples partenaires

Source : OOAS

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