MINI-TOURNEE DE MACRON DANS LA CORNE DE L’AFRIQUE : Les intérêts guident les pas

MINI-TOURNEE DE MACRON DANS LA CORNE DE L’AFRIQUE : Les intérêts guident les pas

Depuis le 11 mars dernier, le président français, Emmanuel Macron, a entamé une mini-tournée dans la Corne de l’Afrique, qui le conduira, tour à tour, à Djibouti, en Ethiopie et au Kenya où il assistera à l’édition One Planet Summit. Après donc l’Afrique subsaharienne où le locataire  de l’Elysée s’est rendu plusieurs fois, en l’occurrence au Mali, au Tchad et au Sénégal, Emmanuel Macron vient de jeter son dévolu sur l’Afrique orientale qui, faut-il le rappeler, offre d’énormes  opportunités économiques. A preuve, pendant que la France et Djibouti se tournaient le dos pendant près d’une décennie, la République populaire de Chine en a profité pour réaliser des investissements au pays de Ismaël Omar Guelleh connu pour être un dictateur. C’est dire qu’en décidant de renouer avec Djibouti, Paris fait non seulement contrepoids à l’influence grandissante de Pékin, mais aussi renouvelle, à son corps défendant, son soutien à la dictature de Guelleh qui, on le sait, est un « vieil ami » de la France. N’est-ce pas là la  preuve  qu’en matière de relations bilatérales, les intérêts des pays passent avant toute considération politique ? Pouvait-il d’ailleurs, dans le cas d’espèce, en être autrement, quand on sait que la plus grande base militaire française (1450 hommes) se trouve à Djibouti ? Et conscientes de la position géostratégique de leur pays, les autorités djiboutiennes font jouer la concurrence militaire en accueillant des bases militaires américaine, japonaise, italienne et bientôt chinoise et saoudienne. C’est dire qu’en dépit des incessantes violations des droits humains qui ont cours dans le pays, Djibouti reste un partenaire de choix pour la France et ce, en dépit de l’assassinat du juge français, Bernard Borrel, dans des circonstances encore non élucidées. Les intérêts guident les pas.

 

Addis-Abeba aiguise les appétits des entreprises tricolores

 

On comprend, dès lors, pourquoi l’Association Suivie regrette le fait que la diplomatie française a préféré sacrifier les intérêts du peuple djiboutien et la mémoire d’un ancien coopérant français, sur l’autel du contrôle militaire de la Corne de l’Afrique et des flux de pétrole et de marchandises sur la Mer rouge. En tout cas, après Djibouti, Emmanuel Macron s’est envolé pour l’Ethiopie où il sera question d’un accord de partenariat de défense entre Paris et Addis-Abeba. Et ce n’est pas tout. On ne le sait que trop bien. La capitale éthiopienne  est une destination très convoitée par les entreprises françaises. Autrement dit, Addis-Abeba aiguise les appétits des entreprises tricolores ; en témoigne le nombre impressionnant d’opérateurs économiques qui y accompagnent le numéro  un des Français. Quant au Kenya où s’achèvera la tournée présidentielle, Emmanuel Macron y signera des contrats de 3 milliards d’euros. Le Kenya, faut-il  le rappeler, n’est pas un partenaire de premier plan pour la France au regard du volume des échanges commerciaux  qui se limitent à seulement 150 millions d’euros. Mais en plus de l’édition One Planet Summit que co-présidera Macron, ce dernier devrait y rencontrer les nouveaux présidents congolais et malgache, c’est-à-dire Félix Tshisékédi et Andry Rajoelina. Ce serait, sans doute, l’occasion pour les autorités françaises de se racheter ; elles qui avaient contesté la victoire de Tshisékédi fils au motif qu’elle ne reflétait pas la réalité des urnes … avant de se raviser.

 

B.O

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+