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MISE EN DEMEURE DE DEUX PROFESSEURS DANS LA COMOE : La F-SYNTER décide de boycotter les conseils de fin d’année  

MISE EN DEMEURE DE DEUX PROFESSEURS DANS LA COMOE : La F-SYNTER décide de boycotter les conseils de fin d’année   

 

Deux professeurs des lycées et collèges de la province de la Comoé ont été mis en demeure, par un communiqué radiodiffusé le 28 avril 2016, de rejoindre des postes d’affection qui ne sont pas de leur goût. Pour protester contre ce premier acte de la procédure administrative et exiger son annulation pure et simple, les militants de la F-SYNTER de la région des Cascades ont décidé de boycotter les conseils de fin d’année qui doivent en principe se tenir avant la fin mai courant.

Les militants de la F-SYNTER de la région des Cascades, sur appel de leur coordination, décident de boycotter la fin de l’année scolaire en ne remplissant pas les bulletins de notes des élèves. Et pour cause, explique Lassané Ouédraogo, coordonnateur de la F-SYNTER des Cascades, deux de leurs camarades sont injustement sous la menace d’une procédure administrative engagée depuis le 28 avril 2016 à leur encontre. A l’entendre, leurs camarades ont été recrutés et formés par le ministère des Enseignements secondaire et supérieur par l’arrêté n°2015 415 MFPTSS/SG/AGRE/DOC qui les mettait en position de formation à l’ENSK et par la décision n°2015-318 MESS/ SG /DRH qui, elle, les affectait en tant que professeurs dans la région des Cascades. Nulle part, explique toujours Lassané Ouédraogo, il ne s’est agi d’agents du MENA. Ils ont été affectés par le DR MESS à la date du 5 novembre 2015, l’un au lycée municipal Fadouga Gnambia de Banfora et l’autre au CEG de Dakoro. Ils y ont pris service et jouissent chacun d’une attestation de présence. Avec la mise en œuvre de la réforme du système éducatif qui fait que le ministère de l’Education nationale gère actuellement le post-primaire, explique toujours le coordonnateur de la F-SYNTER, voilà que le 5 décembre 2015, le Directeur provincial de l’Education nationale (DPENA) de la Comoé prend une note de service portant affectation-nomination de directeurs de CEG pour nécessité de service les concernant. Pour nous, il y a problème parce que premièrement, une même note ne doit pas affecter et nommer en même temps. Encore que cela n’a pas été fait avec le consentement de nos camarades. La seconde irrégularité, c’est que ce sont des élèves-stagiaires. Comment peuvent-ils aller diriger des professeurs qui sont plus anciens qu’eux ? D’ailleurs, précise Lassané Ouédraogo, aucune référence juridique ne permet au DPENA de prendre une telle note parce que les notes d’affectation du ministère n’ont jusque-là pas été annulées. « Pour nous donc, la décision du DPENA est nulle et de nul effet », a martelé le coordonnateur qui ajoute que « c’est dans son acharnement sur nos deux camarades, que le 28 avril 2016, le DPENA a fait un communiqué les concernant pour abandon de poste et les mettant en demeure de rejoindre leur nouveau poste d’affection dans un délai de 10 jours ». Pour Lassané Ouédraogo et les autres membres de la coordination, cette façon de faire  ne peut en aucun cas être admise au niveau de la F-SYNTER. « L’ensemble de nos militants et militantes de la région sont alertés par rapport à ce mot d’ordre qui n’est qu’un début car, si dans les jours à venir rien n’est fait, dans le sens de l’annulation pure et simple de la procédure qui a été engagée contre nos deux camarades, nous nous réservons le droit de durcir le ton. Et en ce moment-là, la F-SYNTER déclinera toute responsabilité par rapport à la dégradation du climat qui pourrait s’installer », a-t-il indiqué.

La version du DPENA/Comoé

Selon Lassané Ouédraogo, le mouvement est bien suivi sur le terrain. « Certes, il a débuté au moment où certains camarades avaient commencé à remplir les bulletins, mais dès qu’ils ont reçu le message de boycott, ils ne l’ont pas achevé ». Dans tous les cas, le remplissage des bulletins n’est pas l’élément essentiel de la fin de l’année, a-t-il poursuivi. Pour lui, le plus important reste à venir. De son côté, le DPENA Seydou Barro, estime avoir suffisamment usé de patience dans cette démarche. Selon lui, c’est en principe depuis janvier ou février 2016 que le communiqué devrait être diffusé. « J’ai pris tout ce temps pour sensibiliser ces deux professeurs qui sont les seuls à ne pas vouloir rejoindre leurs postes d’affectation quand bien même ils avaient rejoint lesdits postes dans un premier temps », a-t-il relevé. A entendre effectivement M. Barro, suite à sa note d’affectation, les deux professeurs avaient rejoint Moussodougou et Ouo. Ils y ont même évolué jusqu’en janvier 2016 où ils ont même émargé pour toucher les frais de vacation. C’est, poursuit-il, plus tard, précisément en janvier 2016 lorsqu’ils sont arrivés à Banfora pour une grève à propos des frais de vacation, qu’ils ont décidé de ne plus rejoindre ces postes. « Je ne sais pas qui les a montés mais celui que j’ai affecté à Ouo est reparti à Dakoro et celui de Moussodougou est revenu au lycée municipal de Banfora. Depuis lors, ils n’ont pas rejoint leurs postes d’affectation quand bien même le DR/MESS, qui avait effectivement entre-temps pris une note les affectant à Dakoro et Banfora sans nous consulter, les a saisis pour leur dire que sa note était annulée sur instruction de son ministre.

Mamoudou TRAORE

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