MISE EN PLACE DES AUTORITES INTERIMAIRES A TOMBOUCTOU : Bamako entre le marteau et l’enclume

MISE EN PLACE DES AUTORITES INTERIMAIRES A TOMBOUCTOU :  Bamako entre le marteau et l’enclume

Après Kidal, Ménaka et Gao où il y a eu finalement plus de peur que de mal dans l’installation des autorités intérimaires, Tombouctou fait dans la résistance, au point de conduire le processus dans une véritable impasse. Et pour cause. Des groupes armés qui ont pris le contrôle de certains points stratégiques de la ville, en l’occurrence le CJA (Congrès pour la justice dans l’Azawad), s’opposent à l’installation de ces autorités intérimaires, s’ils n’y sont pas représentés par un élu. Même les concessions du gouvernement relatives à leur représentativité dans les commissions et la proposition de postes de conseillers semblent insuffisantes à leurs yeux, au point de les pousser à des manifestations prévues aujourd’hui même, pour essayer de forcer la main au gouvernement dans l’espoir  d’avoir gain de cause. La question que l’on se pose est de savoir si Bamako va céder sur ce point et quelles peuvent en être les implications éventuelles, d’autant plus que les prérogatives pour procéder à des changements dans la nomination de ces autorités intérimaires, n’appartiennent plus désormais qu’au seul chef de l’Etat qui pourrait abroger par décret les précédentes, pour procéder à de nouvelles. Mais quel impact cela pourrait-il avoir sur la mise en œuvre de l’accord d’Alger, dans le cadre duquel entre ce processus ? Question à mille inconnues, qui laisse penser que Bamako est pris entre le marteau des exigences des contestataires de Tombouctou et l’enclume de l’accord d’Alger dont il n’est pas exclu que le non-respect provoque la rétractation de certains signataires.

Le gouvernement malien marche sur des œufs

Et il faut craindre que ce bras de fer de Tombouctou ne grippe complètement le processus d’installation des autorités intérimaires, qui a pourtant été engagé tant bien que mal et qui était surtout porteur d’espoirs et synonyme d’une avancée significative vers la paix, dans la longue crise que traverse le pays de Ibrahim Boubacar Kéita. Cela dit, si le gouvernement a montré une disposition d’esprit à trouver une issue au blocage en faisant les concessions nécessaires dans la mesure de ses possibilités, il appartient aussi au CJA de mettre de l’eau dans son thé, comme cela l’a été dans les autres régions, pour permettre d’avancer dans le processus. Et cela ne devrait normalement pas poser de problèmes insurmontables, pour autant qu’il n’y ait pas d’intentions inavouées, comme les protagonistes de cette crise se sont, du reste, souvent montrés coutumiers du fait, dans ce Mali qui court frénétiquement derrière une paix introuvable, à la fois si proche et si lointaine. En effet, chaque fois que l’on voit poindre le bout du tunnel, survient un événement imprévu qui vient pratiquement remettre en cause ce que l’on croyait acquis. C’est donc peu de dire que le gouvernement malien marche sur des œufs. Ce d’autant plus qu’à la lumière de ces événements, l’on a malheureusement le sentiment qu’il n’est pas en position de force dans ce nouveau bras de fer dont nul ne saurait prévoir l’issue. En tout cas, ce vendredi 10 mars s’annonce comme un autre vendredi de tous les dangers dans la cité des mille saints. Et le moins que l’on puisse espérer, c’est que les protagonistes sachent raison garder, dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Outélé KEITA

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