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MONNAIE UNIQUE DE LA CEDEAO


Les ministres des Finances des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les gouverneurs des banques centrales étaient réunis les 17 et 18 juin 2019 dans la capitale économique ivoirienne pour tracer les jalons de la nouvelle monnaie unique dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2020. Cette réunion s’est tenue en prélude au sommet des chefs d’Etat qui se tiendra le 29 juin prochain, toujours à Abidjan, sur l’agenda de la future devise communautaire appelée ECO. Des échos de ces rencontres, l’on sait que la future banque centrale devrait être basée sur un modèle fédéral et le régime de change de la future monnaie, devrait être flexible.

Cette monnaie sera un facteur d’accélération de l’intégration sous-régionale

L’on peut donc dire qu’au fur et à mesure que les réunions ministérielles et sommets des chefs d’Etat se succèdent, les contours de la monnaie unique se dessinent. Il faut donc se féliciter de ces avancées dans le projet dont le bien-fondé n’est plus à démontrer. En effet, en plus d’assurer l’indépendance et la souveraineté pleines et entières aux Etats membres de l’espace communautaire, cette monnaie sera un facteur d’accélération de l’intégration sous-régionale et par ricochet, un indispensable boosteur de l’économie sous-régionale. Mais l’on sait que ce projet communautaire n’a pas que des amis. Car, nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil ou sont sceptiques sur l’avènement de l’ECO. Au nombre de ces adversaires de la future monnaie unique de la CEDEAO, l’on note certains chefs d’Etat de l’espace communautaire. C’est le cas du président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, qui n’a jamais fait mystère de son attachement au Franc CFA. Et qui connaît le poids de l’économie ivoirienne dans la sous-région, ne peut qu’en être inquiet. Dans une moindre mesure, l’on peut aussi inscrire sur la liste des adversaires de l’ECO, le président sénégalais, Macky Sall, dont le louvoiement sur la question cache très mal une gêne. Mais plus redoutables que les chefs d’Etats africains sont les adversaires extérieurs de la monnaie unique de la CEDEAO, en l’occurrence les anciennes puissances coloniales, en l’occurence la France. Car ce n’est un secret pour personne que le Franc CFA demeure non seulement le principal instrument d’hégémonie de l’Hexagone sur son pré-carré, mais aussi un pan important de l’économie de traite que la France a toujours entretenue avec ses anciennes colonies. C’est donc peu dire que le pays de Macron se donnera autant de moyens qu’il le peut pour multiplier les obstacles sur le chemin de la marche vers l’ECO. Du reste, il a déjà commencé en rappelant que ce serait risqué d’abandonner le franc CFA. Mais l’ECO n’a pas que des ennemis. La future monnaie est soutenue par de nombreux chefs d’Etat comme celui du Niger, Mahamadou Issoufou, ou du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Mieux, le projet peut compter sur l’appui du puissant Front anti-CFA de la société civile, cornaqué par Kémi Séba.

Malgré toutes les difficultés, la Commission de la CEDEAO se veut optimiste

L’un dans l’autre, l’on peut dire que même si l’on avance dans la bonne direction, le chemin est parsemé d’embûches et reste encore long. Il ne faudra donc pas s’étonner d’un nouveau report de la date de mise en circulation des billets ECO. En effet, d’importants efforts restent à faire par les différents pays en matière de respect des critères de convergence sur le plan macroéconomique, condition sine qua non pour la crédibilité du processus de la création de la monnaie unique. Par ailleurs, malgré un taux de croissance économique estimé à 3% en 2018 et projeté à 3,4% en 2019, les économies de la sous-région sont impactées négativement par le défi sécuritaire et les chocs extérieurs. De nombreux pays ont une balance commerciale déficitaire qui pèse sur les réserves extérieures de leurs banques centrales et surtout qui fragilise les taux de change avec les devises de références mondiales. Dans la sous-région, nombreux sont aussi les Etats dont le déficit budgétaire est très élevé avec une incidence sur leurs dettes publiques. Malgré toutes ces difficultés, la Commission de la CEDEAO se veut optimiste et rassurante : « La feuille de route sera suivie. La convergence dépend des efforts que fera chaque pays pour respecter les critères. C’est un aspect essentiel et fondamental », affirme Jean Claude Brou, le président de la Commission. Malgré cette assurance des techniciens, ils sont encore nombreux les citoyens de l’espace communautaire, à rester dans la posture de Saint Thomas qui attend toujours de voir avant d’y croire.

«  Le Pays »


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