MORT D’UN MANIFESTANT EN GUINEE

MORT D’UN MANIFESTANT EN GUINEE

 Attention à ne pas réveiller les vieux démons !

La Guinée renoue avec les vieux démons. C’est le moins que l’on puisse dire avec la mort d’un jeune homme, tué hier, 16 octobre 2018, au cours de la deuxième journée « villes mortes », organisée par l’opposition politique. A ce qu’on dit, l’infortuné a été tué par balle à Ratoma, du nom de ce quartier situé dans les faubourgs de la capitale, Conakry. De quoi faire monter le mercure social dans un pays où les clivages ethno-régionalistes et les tensions politiques ont pignon sur rue. En tout cas, la mort de Ibrahima Baldé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient allonger la liste déjà longue des Guinéens qui ont perdu la vie au cours de manifs de rues. Toute chose qui, rappelons-le, avait fini par exaspérer les femmes de l’opposition qui n’avaient pas manqué de battre le macadam pour se rappeler au bon souvenir du régime du Pr Alpha Condé.

L’armée guinéenne donne l’impression d’agir comme des soldats d’opérette en quête d’expédients

Tout se passe, en effet, comme si en Guinée, il est difficile voire impossible d’organiser la moindre manifestation de rue sans que ne s’en suive mort d’homme. Sinon, comment comprendre qu’une journée ville morte qui, par principe, se caractérise par une désertion des rues, dégénère au point de laisser un macchabée sur le carreau ? Franchement, il faut avoir le courage de le dire. L’armée guinéenne a la gâchette facile. Plutôt que d’assurer la sécurité des Guinéens, elle donne l’impression d’agir comme des soldats d’opérette en quête d’expédients et qui, malheureusement, ne tirent pas leçon du passé. Car, qui aurait cru qu’avec les événements du 28 septembre 2009, l’armée guinéenne continuerait de se comporter de la sorte ? En tout cas, il y a lieu de craindre pour la Guinée, surtout qu’à l’issue des deux journées villes mortes, l’opposition ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle prévoit une marche suivie de meeting pour protester contre, dit-elle, la violation d’un accord conclu en août dernier, après le scrutin très controversé du 4 février. Va-t-il de nouveau pleuvoir sur Conakry ? On attend de voir, tout en croisant les doigts.

B.O 

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