MORT SUSPECTE ET INHUMATION DE L’EVEQUE  DE BIAFA : La colère légitime du clergé camerounais  

MORT SUSPECTE ET INHUMATION DE L’EVEQUE  DE BIAFA : La colère légitime du clergé camerounais   

 

Retrouvé mort dans le fleuve Sanaga, à une centaine de kilomètres de Yaoundé, deux jours après sa disparition, le 31 juillet dernier, Mgr Jean Marie Benoît Balla a été inhumé hier, 2 août 2017. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’évènement qui a mobilisé le clergé camerounais dans son ensemble, était chargé d’émotions. La tension était aussi palpable. Car, l’Eglise catholique rejette toujours les conclusions de la Justice camerounaise qui, par la voix du procureur général près la Cour d’appel du Centre, affirmait ceci en début juillet dernier: « La noyade est la cause la plus probable du décès de l’évêque ». On se rappelle que le 13 juin 2017, la Conférence épiscopale du Cameroun, à travers une sortie médiatique, affirmait sans sourciller que Jean Marie Benoît Balla a été « brutalement assassiné par des forces obscures et diaboliques qui visent l’Eglise catholique ». Et de citer de nombreux autres crimes similaires restés jusque-là impunis : Mgr Yves Plumey assassiné le 3 septembre 1991 ; Mgr Jean Kounou en 1982 ; Père Engelbert Mweng retrouvé mort le 23 avril 1995 ; Abbé Joseph Mbassi retrouvé mort le 26 octobre 1989 ; Père Anthony  Fontegh tué en 1990, les Sœurs Germaine Marie Husband et Marie Léonce Bordy abattues le 2 août 1992 ; Abbé Materne Bikoa tué pour avoir été témoin de l’assassinat de l’Abbé Kounou ; Abbé Joseph Yamb assassiné  par des bandits ; Abbé Bernabé Zambo tué le 24 mars 1989 dans des circonstances troubles ; Frère Yves Marie-Dominique Lescanne retrouvé mort à Maroua ; Frère Anton Probst tué après la messe de Noël après avoir surpris des voleurs dans sa chambre. Et la liste, à ce qu’on dit, est loin d’être exhaustive. Dans ces conditions, comment ne pas donner raison au clergé camerounais qui y voit un acharnement doublé d’une persécution à nulle autre pareille ?

Le pouvoir de Biya aurait tort de vouloir s’en laver les mains

Car, comparaison étant ici raison, on sait, à travers les Ecritures Saintes, qui a tué Jésus de Nazareth, mais jamais, on ne sait comment ni pourquoi sont tués des chrétiens catholiques au pays de Paul Biya ; d’où l’inquiétude justifiée de l’épiscopat camerounais qui refuse la couleuvre qu’on veut lui faire avaler en accréditant la thèse de la noyade avancée pour justifier la mort de l’évêque de Biafa. Ce drame, faut-il le rappeler, constitue la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, obligeant les moines camerounais à sortir de leur réserve. Car, on a beau se montrer pieux, il y a des moments où les épreuves et les vicissitudes de la vie nous poussent à la colère et à l’incompréhension. Et les prélats  camerounais sont dans leur bon droit. De toute évidence, le pouvoir de Biya aurait tort de vouloir s’en laver les mains face à cette série de violences dont est victime la communauté chrétienne. Car, que ces crimes soient politiques, idéologiques ou crapuleux, sa responsabilité morale est engagée, étant donné que c’est à lui que revient le devoir régalien d’assurer la sécurité de tous ceux qui vivent sur le sol camerounais, y compris les missionnaires et humanitaires qui, souvent au péril de leur vie, jouent un rôle énorme pour le bien-être des populations. Et c’est peu dire ! A preuve, Dieu seul sait le nombre de religieux qui, au-delà de la mission première qui leur est confiée, c’est-à-dire la « propagation de la bonne nouvelle », viennent en aide à des familles démunies, quand ils ne prennent pas totalement en charge la scolarité de certains enfants défavorisés. Ne sont-ce pas là des œuvres sociales qui méritent d’être saluées ?

B.O

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