NOUNA : Un enseignant arrêté pour avoir joué au « terroriste »

NOUNA  :   Un enseignant arrêté pour avoir joué au « terroriste »

 

 

Le fait est inédit pour ne pas être souligné. Un instituteur arrêté et déféré à la Maison d'arrêt de Nouna pour avoir été l'auteur d'une lettre de menaces terroristes ayant provoqué la désertion du personnel de son école. Cela s’est passé dans la Kossi.

 

Le personnel enseignant de l’école Saint-Louis située à une vingtaine de kilomètres dans la CEB de Nouna 2 dans la commune de Nouna, a abandonné l’école depuis le 31 janvier 2018 à cause d'une lettre découverte sous la porte du directeur. Cette correspondance sommait le personnel de quitter les lieux dans un délai d’une semaine au risque de se voir tués. Une enquête judiciaire, à partir d’un analyse minutieuse de l'écriture du personnel de l'école, a permis d’appréhender un des enseignants comme étant l’auteur de la lettre. Interpellé par la police de Nouna, il a nié les faits avant de les avouer. Il a été déféré à la maison d'arrêt et de correction de Nouna.

Les faits remontent au 31 janvier 2018. Des présumés terroristes, à bord d'un tricycle, ont fait irruption tard dans la nuit à  l'école de Saint-Louis. Ils ont fait le tour des logements en sonnant à chaque porte des instituteurs. Ils ont pris  du temps avant de glisser une lettre sous la porte du directeur sur laquelle c'est écrit en rouge : « Vous avez une semaine pour quitter sinon votre vie en dépend ! » Pris de panique au matin du jeudi 1er février, les enseignants ont déserté les lieux pour se réfugier à Nouna avant d'alerter leur hiérarchie. Par la suite, les FDS se sont déportées à  l'école pour un constat d'usage avant d'ouvrir une enquête sur les auteurs et les circonstances de ces menaces sous condition. Elles ont fait  un ratissage de la zone mais n’ont trouvé aucun indice. C’est là que l’idée d’analyser les écritures de tous les enseignants en comparaison avec la lettre a germé. Il est revenu  à la police scientifique basée à Ouagadougou de faire le reste.

Finalement, c’est un enseignant de l'école, du nom de Paul Dembélé, qui a été épinglé dans cette affaire. Il serait l’auteur de la lettre.  Dans la soirée du dimanche 11 mars, il a été mis aux arrêts et déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Nouna. L'enquête suit son cours pour démasquer d’éventuels complices. Selon une source, le jeune enseignant se serait inspiré de la situation qui prévaut au Sahel, espérant créer une situation qui permettrait d’avoir « des vacances » avant l’heure. Il risque une peine de deux à cinq ans de prison et une amende de 600 000  à 1 500 000 F CFA.

Madi KEBRE

(Correspondant)

 

 

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