NOUVEAU RAPPORT SUR LE BURUNDI

NOUVEAU RAPPORT SUR LE BURUNDI

Quand les experts onusiens enfoncent une porte déjà ouverte

Les rapports se suivent et se ressemblent au Burundi. En effet, après un premier rapport élaboré par le Conseil des droits de l’Homme, en 2016,  sur le Burundi, la Commission d‘enquête de l’ONU  vient de produire  un autre tout aussi accablant que le précédent. Tout en déplorant de graves violations des droits de l’Homme dont des crimes contre l’humanité, les experts onusiens dénoncent des « appels récurrents à la haine » de la part du président Pierre Nkurunziza himself. Exécutions sommaires, disparitions forcées, détentions arbitraires, tortures et autres traitements cruels, violences sexuelles, … ce sont là autant de violations dont « certaines sont constitutives de crimes contre l’humanité » que les enquêteurs ont relevées et qui, disent-ils, se sont poursuivies en 2017 et 2018. « Certaines pratiques, comme celles consistant à faire disparaître les corps ou à opérer de nuit, tendent à les rendre moins visibles, mais elles n’en sont pas moins réelles », a déclaré le président de la Commission, Doudou Diène, dans un communiqué. Le moins que l’on puisse dire,  c’est que les experts onusiens n’ont fait qu’enfoncer une porte déjà ouverte. Car c’est peu de dire que le président Pierre Nkurunziza est un artisan de la haine et de la violence au Burundi.

Le Guide suprême spirituel du Burundi pourrait utiliser le pouvoir comme bouclier

N’est-ce pas lui qui, par sa boulimie du pouvoir, a enclenché une crise au Burundi, qui, aujourd’hui, aura fait au bas mot 1 200 morts avec plus de  400 000 personnes déplacées ? N’est-ce pas lui également qui, avec sa milice  appelée Imbonerakure, traque tous les Burundais qui étaient opposés à son troisième mandat ? Dire donc que Nkurunziza continue d’entretenir ou de favoriser un climat de peur dans son pays, n’a rien de surprenant, tant l’homme s’est montré suffisamment irresponsable. N’était-ce d’ailleurs pas pour échapper aux fourches caudines de la Justice internationale que Nkurunziza avait retiré son pays de la Cour pénale internationale (CPI), conscient qu’il a les mains dégoulinantes du sang de ses compatriotes ? Et quand les enquêteurs disent que « le référendum constitutionnel organisé en mai 2018 et la campagne pour les élections à venir en 2020 ont, en particulier, donné lieu à des persécutions, menaces et intimidations », il y a de quoi douter de la bonne foi de Président-Pasteur quand il jure devant l’Eternel qu’il ne briguera pas un autre mandat. On a d’autant plus raison d’en douter que Nkurunziza ou plutôt le Guide suprême spirituel du Burundi, craignant d’être rattrapé par son passé, pourrait utiliser le pouvoir comme bouclier.

B.O

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