NOUVEAU RENVOI DU DOSSIER DE FRANÇOIS COMPAORE

NOUVEAU RENVOI DU DOSSIER DE FRANÇOIS COMPAORE

Jusqu’à quand durera le suspense ?

Tous ceux qui espéraient voir François Compaoré remis aux autorités burkinabè, doivent encore patienter. En effet, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris fait durer le suspense. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, attendu le 13 juin dernier, le délibéré a été renvoyé au 3 octobre prochain, soit dans un peu plus de trois mois.
Ce nouveau renvoi est le troisième du genre. Car, interpellé le 29 octobre 2017, et remis en liberté sous contrôle judiciaire, le « petit président », comme aimaient à l’appeler, avec un brin d’ironie, les Burkinabè, a été entendu, pour la première fois, le 13 décembre de la même année. Renvoyé au 7 mars 2018, le dossier n’avait connu aucune avancée significative, puisque la Cour avait donné rendez-vous aux différentes parties le 13 juin 2018, avant encore de jouer les prolongations.
Désormais, il faudra attendre le 3 octobre prochain pour savoir si Paul François Compaoré sera extradé vers le Burkina pour répondre des faits « d’incitation à assassinat », suite à la mort du journaliste Norbert Zongo et de trois de ses compagnons, le 13 décembre 1998. Rappelons au passage que notre confrère enquêtait sur la mort suspecte du chauffeur du frère de Blaise Compaoré, qui n’est autre que François Compaoré. Alors, pourquoi la Justice française traîne-t-elle autant avant de se décider ? Jusqu’à quand durera le suspense ? Autant de questions que l’on peut se poser, et qui restent jusque là sans réponse. Or, bien des Burkinabè pensaient que l’abolition de la peine de mort, adoptée le 31 mai dernier par l’Assemblée nationale burkinabè, accélérerait les choses.

La diplomatie a ses raisons que la Justice ignore

C’est pourquoi certains avaient vu dans cette révision « calculée », c’est selon, du Code pénal, qui est intervenue quelques jours seulement avant le 13 juin, un clin d’œil fait par les autorités burkinabè à la Justice française qui, par principe, n’extrade jamais un prévenu vers un pays non abolitionniste. Mais pourquoi, en dépit de tout, les choses tardent-elles à se décanter ? En pareille occurrence, chacun y va de son analyse si fait que certains, à tort ou à raison, pensent qu’il y a des gens qui, de façon souterraine, exercent, d’une façon ou d’une autre, des pressions dans ce dossier. Et ce n’est pas absurde de le penser. Car, il faut le dire, la diplomatie a ses raisons que la Justice ignore. François Compaoré n’étant pas n’importe qui, il faudrait faire preuve de candeur pour croire qu’il peut facilement être remis aux dirigeants actuels du Burkina, dont on dit, du reste, qu’ils sont animés d’un esprit de vengeance. En tout cas, une chose est sûre.
Depuis la mise sous contrôle judiciaire de François Compaoré, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et il n’est pas exclu que le téléphone rouge ait sonné entre Paris et Abidjan. Franchement, ne nous y méprenons pas !
François Compaoré, faut-il le rappeler, est avant tout le frère cadet d’un ancien président qui aura régné pendant vingt-sept ans sans partage et qui peut toujours de se servir de ce qui lui reste encore de réseaux d’infuence. Mais comme le dit l’adage, « aussi longue qu’est la nuit, le soleil finira par se lever ».
Dont acte !

Boundi OUOBA

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