NOUVELLE DU VENDREDI : Le concubinage, piège ou facilité

NOUVELLE DU VENDREDI  :  Le concubinage, piège ou facilité

 

Il y a quelques jours, assis un après-midi chez mon ami Rasta au bord de la voie, je lisais le journal. Deux étudiantes en art et communication pour leur devoir du jour me sollicitèrent.
- Monsieur, nous voulons faire notre premier interview sur le sujet du concubinage et souhaitons votre concours.
J’acceptai d’aider mes deux sœurs en donna ma modeste opinion sur la question. Après leur départ, l’histoire de mon amie Dallia me revient en mémoire.
Il y a quelque années Dallia et son copain Donald conçurent un bébé sans lien de mariage et sur le coup, ils décidèrent de vivre ensemble. Un soir sans crier gare et simplement décidé à deux, sous le regard impuissant de sa mère, Dallia prit son sac, monta sur la moto de son amoureux pour une vie à deux dans la plus simple et pure tradition des mœurs modernes.
- Ma fille, j’aurais préféré que ta vie conjugale prenne sa racine par une cérémonie de mariage et l’implication des deux familles. J’ai peur ma fille …j’espère que tout se passera bien pour toi. Ainsi prévint la mère.
Après la grossesse et la naissance du bébé, Dallia qui était en classe de 1ère mit entre parenthèse ses études, pour combler le vide du père de son enfant étudiant en fin de cycle et s’engagea comme vendeuse dans une boulangerie de la capitale du pays des Hommes intègres. Deux années après, la chance sourit à Donald qui obtint un emploi et s’engagea dans la vie professionnelle. Dallia en profita pour reprendre ses études en confiant chaque matin son bébé à sa mère.
Un soir, Dallia parla à son compagnon :
- Chérie, nous nous entendons bien, tu as maintenant un travail et je crois qu’il est nécessaire pour nous de régulariser notre situation par un mariage. Ce sera bien pour nous et nos deux familles.
Donald promis mais expliqua.
- Le mariage pour moi n’est pas simplement une question de travail et de moyens. Le mariage est surtout à mon avis une question de sentiment et de confiance entre deux personnes. Je ne voudrais vraiment pas faire une erreur. Et je préfère encore attendre. Je te demande de patienter.
Et Donald donna l’exemple de son cousin Adams et de sa femme Myriam divorcé seulement après deux mois de mariage.
- Et pourtant ces deux s’aimaient avant le mariage, je ne sais pas ce qui s’est passé.
Le temps passa et à un moment Donald, voulait d’autres enfants avec sa concubine. Mais Dallia évita astucieusement et avec justesse ce énième piège.
Pendant quatre années, les parents de Dallia espérèrent le mariage de leur fille, mais à croire que cette chose n’intéressait pas beaucoup Donald qui n’entreprit aucune démarche en ce sens.

« La nouvelle fortune inspire souvent de nouvelles habitudes ».

Dans l’attente de ce mariage qui ne pointait pas le bout du nez, Dallia s’investit corps et âme dans ses études et après le baccalauréat s’inscrivit à l’université en sociologie. Un soir, le plus fortuitement du monde, elle surprit une conversation entre son compagnon et une autre personne et comprit rapidement que Donald semblait avoir une autre femme dans sa vie. Elle devint vigilante, observa mieux et finalement en personne qui sait attendre son heure, la chose se précisa et se dévoila dans sa plus simple nudité. Dallia demanda des explications et des comptes à son concubin et décida de s’attaquer à la fautive. Cette dernière eut une réplique qui troubla et choqua intimement Dallia.
- Chère dame, je comprends votre plainte, mais je ne sais sur quoi vous vous basez pour empêcher une relation entre votre soi-disant époux Donald et moi. Parce que vous vivez sous le même toit que ce monsieur et que vous avez ensemble un enfant, vous vous croyez tout permis ? Aux yeux de la loi, de la tradition, de la religion ou de la société, vous n’êtes pas encore mari et femme. Si c’était le cas, chère dame, je vous aurais, présentée mes excuses. Songez d’abord à avoir une légitimité avec votre homme avant de vous plaindre de ses relations.
-
On dit souvent que la vérité est cruelle et pénètre le cœur comme un poignard.

A tous ceux que Dallia se confia admirent par honnêteté et sincérité que des brindilles de vérité émanaient dans les déclarations de cette femme.
Cette histoire que je partage avec vous ce vendredi est ancienne. Après la mairie et la maison du Seigneur, aujourd’hui Dallia et Donald sont mari et femme aux yeux de la coutume, de la religion et de la loi. En souvenir de cette histoire, je ne puis m’empêcher de penser à cette réflexion de ma mère :
La vie de couple moderne est un engagement à deux. De nos jours, le mariage n’est pas seulement une institution basée sur le papier, les lois et les déclarations. Je conviens que la célébration de l’union n’est pas une garantie absolue pour une vie heureuse en couple. Mais il faut reconnaître que la célébration du mariage agréée par la morale, par toutes les coutumes et religions du monde est un acte symbolique, essentiel et capital aux yeux de la société africaine. Comme dirait l’autre, le mariage est le tapon-signature sur un document officiel. C’est cet acte- serment aux yeux de Dieu et des hommes qui donne à la relation toute sa légalité et sa raison d’exister.

Ousseni Nikiéma, 70-13-25-96
lescontesdedunia@yahoo.fr

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1 Commentaire

  1. jeudame seret

    Le concubinage, c’est un manque de confiance en soi et en l’autre; une absence d’amour; une fuite de responsabilité parentale facile.

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