NOUVELLE MUTINERIE EN COTE D’IVOIRE : ADO à la peine

NOUVELLE MUTINERIE EN COTE D’IVOIRE : ADO à la peine

Alors que l’on croyait passé l’orage après la série de mutineries qu’a connues la Côte d’Ivoire avec à la clé quatre morts sur le carreau, des tirs ont été de nouveau entendus, hier, 7 février 2017 dans la ville côtière d’Adiaké. Il s’agit là des forces spéciales ivoiriennes qui se sont mutinées, obligeant les populations à se terrer chez elles, la peur au ventre. A preuve, de nombreux témoins décrivent des rues désertes et des marchés et commerces fermés. Et ce n’est pas tout. Car, à en croire d’autres sources, au Nord à Tengrela près de la frontière malienne ainsi que dans le camp Gbagbo, dans l’Ouest ivoirien et le détachement d’Olodio, à la frontière libérienne, des coups de feu ont été aussi entendus, si fait que la psychose s’est vite emparée des populations qui ne savent plus désormais à quel bidasse se vouer. Que se passe-t-il donc ? S’agit-il d’une nouvelle mutinerie suite au paiement des primes versées aux 8 500 ex-rebelles cantonnés à Bouaké ? Ou s’agit-il d’un mouvement d’humeur lié à des problèmes de management des troupes ? Autant de questions que l’on peut se poser. Mais, selon certaines sources, les éléments de l’unité d’élite des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) manifestent leur mécontentement contre leur patron, en la personne du Général Doumbia qui aurait détourné leurs primes journalières de sécurisation de frontières. Info en intox ? Difficile d’y répondre pour l’instant, quand on sait qu’en Côte d’Ivoire, la rumeur et les ragots courent plus vite que tout autre chose. Quoi qu’il en soit, la Côte d’Ivoire n’avait pas encore besoin d’une telle publicité mondiale qui dessert davantage l’image de son armée.

Ce dont a le plus besoin l’armée ivoirienne, ce sont des réformes profondes

En tout cas, pour les autorités ivoiriennes, cette manifestation de la part des forces spéciales, est des plus incompréhensibles, étant donné que chaque élément est régi par un arrêté personnalisé qui lui accorde des prérogatives et des primes payées directement par la présidence de la République ou l’intendance. S’agit-il donc d’une manipulation des hommes, comme le soutiennent certains ? Rien n’est moins sûr. Gageons seulement que l’enquête interne que promettent d’ouvrir les autorités, permettra de situer toutes les responsabilités, pour peu qu’elle ne donne pas lieu à une purge destinée à solder les comptes aux « têtes brûlées » de l’armée. Auquel cas, la situation risque d’empirer puisque l’unité et la cohésion des troupes s’en trouveraient durement affectées. Ce dont a le plus besoin l’armée ivoirienne, ce sont des réformes profondes afin de lui donner un nouveau souffle. C’est en cela qu’il faut saluer à sa juste valeur l’ambitieuse loi de programmation militaire, lancée en 2016 et ce jusqu’en 2020, qui prévoit la modernisation et des achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte progressive des effectifs. De toute évidence, le contexte sous-régional, marqué par la montée du terrorisme, est tel que la Côte d’Ivoire a nécessairement besoin de se construire une armée républicaine digne de ce nom. C’est le véritable défi que se doit de relever le président Alasssane Ouattara, avant la fin de son mandat en cours.

B.O.

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