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OBSTINATION DE FRANÇOIS FILLON FACE A LA PRESIDENTIELLE : Quand la France se gondwanise

OBSTINATION DE FRANÇOIS FILLON FACE A LA PRESIDENTIELLE : Quand la France se gondwanise

Il est politiquement coincé, mais pas moralement abattu. François Fillon, le candidat des Républicains, puisque c’est de lui qu’il s’agit, continue de s’appuyer sur la légimité démocratique issue de la primaire de novembre dernier et ce, en dépit de la polémique qui enfle autour de l’affaire des emplois présumés fictifs de sa famille. En effet, tout en reconnaissant avoir commis des erreurs, l’ancien Premier ministre a laissé entendre qu’il restait toujours dans la course à la présidentielle, renouvelant, à la Donald Trump, ses violentes attaques contre les juges et la presse. « Personne ne peut m’empêcher d’être candidat », a déclaré l’homme qui, à l’issue de son audition par un juge prévue pour mi-mars, court le risque d’être mis en examen. Autant dire que François Fillon risque de couler, et le parti les Républicains avec, d’autant qu’Alain Juppé que d’aucuns présentaient comme le plan B, s’est totalement débiné. « Je ne suis pas en mesure de réaliser le nécessaire rassemblement autour d’un projet fédérateur », a lancé ce dernier à des milliers de fans qui lui demandaient de porter les couleurs du parti. S’agit-il là d’un soutien que l’ex-maire de Bordeaux apporte implicitement à François Fillon qui, en dépit des casseroles qu’il traîne, tire sa légimité de la primaire de novembre dernier ? Assurément oui ! Mais dans l’intérêt du parti, il revient au sieur Fillon de tirer toutes les conclusions qui s’imposent « face à la gravité de la situation ». L’obstination dont il fait montre ne traduit ni plus ni moins qu’un égoïsme politique qui défie tout bon sens. On se croirait d’ailleurs au Gondwama où, visiblement cuirassés contre la honte et la critique, les hommes politiques en font à leur tête. Les exemples sont si légion que l’on ne se risquerait pas à  en dresser un inventaire exhaustif, au risque d’en perdre haleine. On se rappelle, en effet, qu’envers et contre tous, Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, s’était évertué à vouloir modifier la Constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir. La suite, on la connaît. Tel un malpropre, il a été chassé de son palais en plein midi. Peu avant lui, c’est Mamadou Tandja du Niger qui tenait à « terminer ses chantiers » en s’octroyant un bonus présidentiel. Là aussi, on connaît le prix de son entêtement, puisqu’il a été tout simplement déposé par son propre aide de camp catapulté par d’autres officiers supérieurs de l’armée nigérienne.

Par leurs frasques, bien des leaders politiques ont contribué à ringardiser la France

En tout cas, ce qui était autrefois inimaginable en France, l’est aujourd’hui. Tous les dirigeants ou presque ont leurs casseroles, tant et si bien qu’ayant perdu des valeurs, la France se rapproche de plus en plus du Gondwana. Mieux, elle est en train de combler l’écart qu’il y avait entre Paris et les capitales africaines, en termes d’éthique et de gouvernance. Car, que n’a-t-on pas vu et entendu ? Quand ce n’est pas un chef d’Etat qui va en scooter chez une maîtresse, ce sont des djembés bien remplis d’espèces sonnantes et trébuchantes que l’on fait voyager d’une capitale à une autre pour financer une compagne électorale. Suivez notre regard ! Qu’il est donc révolu le temps où pour un oui ou un non, les hommes politiques français n’hésitaient pas à rendre le tablier ! Par leurs frasques, bien des leaders politiques ont contribué à ringardiser la France. C’est le cas avec François Fillon qui, en dépit de la clameur qui monte, refuse de prendre exemple sur Dominique Strauss Khane qui, ayant vu son destin se briser dans une chambre d’hôtel aux Etats-Unis, avait décidé de renoncer à la présidentielle pour se mettre à la disposition de la justice. Lui, au moins, aura été plus sage !

Boundi OUOBA

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1 Commentaire

  1. Mechtilde Guirma, nom de plume : Pagb-Naaba Kan n'ti Koabga, M'yam Kandibga.

    Moi je salue le président Alain Jupé pour sa grandeur d’âme et dans son refus du «tak tem tak ya wam pééga» (tu tires, je tire, il ne reste que deux morceaux). Une belle leçon, une philosophie que notre jeunesse devrait apprendre à se réapproprier en souvenir de nos ancêtres. Bien entendu, faudrait-il encore avoir la foi, ou un peu de morale pour y songer.

    Pourtant, Dieu a ses plans que nul ne saurait sonder : Puissants, impuissants, pauvres riches, tout est inscrit dans la Grandeur du Créateur de l’Univers, c’est ma pensée.

    Monsieur Jupé, merci pour la belle leçon qu’une fois de plus nous recevons de la France universelle par vous.

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