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OLIVIER GUY OUEDRAOGO A PROPOS DU PRELEVEMENT DE L’IUTS  

« 90% des agents publics ne seront pas concernés »

La coalition des syndicats libres et indépendants composée de cinq centrales syndicales que sont la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB), la Confédération syndicale burkinabè (CSB), la Force ouvrière/Union nationale des syndicats (FO/UNS), l’Organisation nationale des syndicats libres (ONSL) et l’Union syndicale des travailleurs du Burkina (USTB) et des syndicats autonomes, a organisé une conférence de presse pour expliquer sa position sur l’impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) et la rencontre gouvernement/syndicats. Elle a aussi dit « se démarquer des analyses et prises de position d’un groupe de syndicats qui prétend parler au nom de l’UAS ». La conférence de presse a eu lieu le 26 décembre 2019, à la Bourse du travail de Ouagadougou.

 

« Aujourd’hui, les gens disent « mettons la France dehors, disons non au FCFA ». Si nous voulons notre liberté, nous devons accepter les sacrifices nécessaires à notre liberté. Et l’IUTS, c’est la justice sociale. Ceux qui gagnent plus, contribuent plus », a déclaré le porte-parole de la coalition des syndicats libres et indépendants, Olivier Guy Ouédraogo, pour expliquer « le raisonnement » qui sous-tend la position des cinq centrales par rapport à la question de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS). La coalition a « fait des propositions allant dans le sens de l’équité sociale et de la protection de l’économie ». La coalition a proposé « le relèvement des revenus imposables des indemnités comme suit : 100 000 F CFA pour l’indemnité de logement, 50 000 F CFA pour l’indemnité de transport, 60 000 F CFA pour l’indemnité de fonction et l’imposition des primes à partir de 201 000 F CFA ». La coalition a également proposé « l’élargissement de l’application de l’IUTS à tout citoyen burkinabè sans exception y compris les hauts cadres de l’Administration publique (magistrats, députés, ministres, présidents d’institutions, président du Faso, etc.) conformément à l’article 17 de la Constitution du Burkina Faso qui stipule que « le devoir de s’acquitter de ses obligations fiscales conformément à la loi, s’impose à chacun ».  Selon Olivier Guy Ouédraogo, « avec ces propositions, pratiquement 90% des travailleurs de la Fonction publique ne sont pas concernés parce que les indemnités de technicité, les indemnités de sujétion ne sont pas imposées. Et les travailleurs du privé verront substantiellement une augmentation pour ceux qui ont des valeurs élevées ». De l’avis de la Coalition des syndicats libres et indépendants, « quand on a plus, il faut contribuer pour les plus faibles ». De toute façon, « si ce que le gouvernement propose rentre dans ces valeurs, nous n’avons rien contre le gouvernement. Si les propositions du gouvernement sortent de ces valeurs où on pense que ce sont les plus faibles qui vont payer pour engraisser les plus riches, il nous aura en face de lui », a martelé le porte-parole de la coalition des syndicats libres et indépendants. Et en passant, les journalistes ont eu droit à une leçon de syndicalisme de la part de Olivier Guy Ouédraogo qui a estimé que « la valeur du syndicaliste, c’est d’avoir le raisonnement suivant : il pense au monde, il pense à son pays, il pense à son groupe avant de penser à soi-même. Si vous dites que vous êtes syndicalistes et c’est à vous-mêmes que vous pensez tous les jours que Dieu fait, vous n’êtes pas des syndicalistes. Ce sont les capitalistes qui raisonnent ainsi. Ceux qui aiment l’argent. Et ce n’est pas pour rien que nous ne tardons pas à dire que certains d’entre nous sont des capitalistes syndicaux. On dit aux travailleurs : tapez, que le meilleur gagne ! Nous, nous n’avons pas cette vision. Et si c’est pour cela qu’on dit qu’on est acheté, nous sommes achetés mais par la conscience élevée que nous avons de notre pays ».  Au cours de la conférence de presse du 26 décembre 2019, il a également été question de la rencontre gouvernant/syndicats. Et la coalition « tient à ce que la rencontre ait lieu car elle ne laissera pas le cadre être pris en otage par un groupe qui prétend parler au nom de l’Unité d’action syndicale (UAS) ». Du reste, les cinq centrales syndicales et les syndicats autonomes qui composent la coalition ont dit « ne pas être concernés par les prises de décisions unilatérales du président de mois actuel qu’est Bassolma Bazié. Par conséquent, « la coalition ne saurait être responsable des engagements pris par celui-ci dont le mandat arrive à terme le 31 décembre 2019 et il ne saurait engager à titre personnel toute l’UAS pour le futur », a conclu Olivier Guy Ouédraogo.

Françoise DEMBELE

 

 

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