OPERATIONNALISATION DU G5 SAHEL : Plutôt des actes que des mots

OPERATIONNALISATION DU G5 SAHEL : Plutôt des actes que des mots

Le 4e sommet des chefs d’Etat du G5 Sahel, tenu hier 6 février, a été essentiellement consacré à la question de l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel. Une préoccupation majeure et bien à propos, d’autant que le 23 février prochain se tiendra, à Bruxelles en Belgique, la conférence des donateurs pour permettre à ladite force dont le projet a été lancé en novembre 2015, d’avoir la plénitude de ses moyens pour enfin aller à l’assaut des djihadistes qui ne rêvent que de mettre la région du Sahel sous coupe réglée, pour mieux asseoir par la suite leurs tentacules jusque dans les recoins les plus reculés. Cela dit, cette 4e rencontre au sommet des dirigeants du G5 Sahel peut apparaître comme les derniers réglages avant la réunion des pays contributeurs. Du moins, c’est le souhait, étant donné que pour l’opérationnalisation de la force conjointe, beaucoup de rencontres ont eu lieu et les délais fixés pour y arriver, sont régulièrement repoussés. Outre ce 4e sommet des chefs d’Etat, l’on a assisté à d’autres   rencontres comme celles des ministres des Affaires étrangères, de la Défense, sans oublier celles des chefs d’état-major des armées, qui ont toujours conclu à la nécessité d’aller vite à la mise en place concrète de la force conjointe. Mais le constat est que l’on se hâte toujours lentement. Alors que plus on traîne, plus les djihadistes ont le temps de mieux s’organiser, quand on sait que l’espace à sécuriser s’étend sur 8000 km². Déjà que les  Moudjahidines opérant dans la bande sahélo-saharienne ont menacé de former un front commun pour étendre leur emprise sur toute la zone, quels que soient les moyens qui seront utilisés par la force conjointe.

Le sommet de Niamey se tient dans un contexte de dégradation sécuritaire continue

Et dire que le sommet de Niamey se tient dans un contexte de dégradation sécuritaire continue d’autant que le 27 janvier dernier, les forces du mal ont fait encore parler d’elles en lançant un assaut contre le camp militaire de Soumpi à proximité de Tombouctou dans le Centre du Mali, tuant 14 éléments des forces armées maliennes et ce, deux jours seulement après l’explosion d’une mine à Boni, qui avait provoqué la mort de 26 civils pour la plupart des Burkinabè. Alors, on peut dire qu’il faut plutôt des actes concrets que des mots. En tout état de cause, l’on reconnaît que les chefs d’Etat du G5 Sahel font de leur mieux pour faire bouger les lignes relativement à la question de l’opérationnalisation de la force conjointe. N’ayant pas les moyens de leurs ambitions, et contraints donc à tendre la sébile, l’on pourrait comprendre pourquoi les choses ne vont pas au rythme des attentes des populations. Il faut donc espérer que la rencontre de Niamey sera la dernière sur les préoccupations financières concernant l’effectivité de la mise en place de la force militaire commune entre les cinq pays du G5 Sahel.

Drissa TRAORE

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