PASSATION DE CHARGES A LA CODER : Ablassé Ouédraogo place son mandat sous le signe de l’espoir

PASSATION DE CHARGES A LA CODER :   Ablassé Ouédraogo place son mandat sous le signe de l’espoir

Le président du parti « Le Faso Autrement », Dr Ablassé Ouédraogo, vient de prendre la tête de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER). La cérémonie de passation des charges entre lui et le président sortant, Amadou Traoré du parti « Des républicains » (DR), a eu lieu le 8 septembre dernier à la salle de conférences des Archives nationales à Ouagadougou, en présence de nombreux militants des partis membres de la CODER dont Achille Tapsoba, ex-président par intérim du CDP et Salifou Savadogo, ex-ministre de l’Environnement sous le régime Compaoré.

Après 6 mois dont 3 informels à la tête de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER), le président du parti « Des républicains », (DR), Amadou Traoré, a passé le témoin au Dr Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso Autrement », pour un mandat de 6 mois. C’est après avoir reçu les symboles du pouvoir composés d’un paquet de dossiers importants, du fanion et du cachet de la CODER, que le nouveau président de ladite structure a dévoilé les activités phares de son mandat placé sous le signe de l’espoir. Parmi ces activités, il y a l’organisation de conférences publiques régionales et locales de sensibilisation, la mise en synergie des volontés pour une réconciliation nationale inclusive, sincère et définitive et l’organisation d’un rassemblement national d’expression populaire en faveur de la paix véritable et de la réconciliation de tous les Burkinabè entre eux et le Burkina Faso avec lui-même. Pour M. Ouédraogo, l’objectif de la conférence est d’échanger directement avec le peuple car, l’échec des initiatives de réconciliation au Burkina est lié au fait que les concepteurs et/ou conducteurs ont toujours, à un moment de l’histoire, voulu faire passer leurs opinions personnelles pour la volonté du peuple et s’arrogent le droit de décider pour/et à la place du peuple qu’ils sont pourtant appelés à servir.

Etablir un plan pour la réconciliation nationale au Burkina

Quant à la conférence de mise en synergie des volontés, elle réunira toute la classe politique sans exclusive, l’ensemble des structures et institutions œuvrant pour la réconciliation nationale, les amis et partenaires du Burkina Faso. Les objectifs de cette conférence seront, a-t-il dit, de définir pour la réconciliation nationale au Burkina, un contenu unique, un message unique, et de fédérer les volontés afin d’établir un plan ou un chronogramme national ou une feuille de route pour la réconciliation nationale au Burkina. Pour ce qui est du rassemblement national d’expression populaire, l’objectif de la CODER, dira Ablassé Ouédraogo, est de pouvoir montrer à la face du monde la volonté du peuple du Burkina d’aller à un réel apaisement des cœurs, à la fin des rancœurs et à une vraie union sacrée de tous. « Nous ne le dirons jamais assez, le Burkina Faso va mal, très mal et a très mal. Il a très mal uniquement à cause de la cupidité des femmes et des hommes qui composent son élite et qui, pour des raisons d’intérêts personnels et égoïstes, versent dans la démagogie et le populisme en refusant d’affronter les vrais démons qui, au fond, sont internes. Ne nous y trompons pas mes chers compatriotes. Le Burkina Faso n’a pas d’ennemis extérieurs. Le vrai ennemi de notre pays, c’est le mauvais moi de certains membres de notre élite nationale », a martelé le président de la CODER. Et d’ajouter que c’est contre ce mauvais moi que sa structure appellera à manifester au cours de ce grand rassemblement national d’expression populaire auquel le seul critère de participation sera être Burkinabè et aimer le Burkina Faso. Pour lui, la réussite d’un tel rassemblement serait une formidable motivation pour le chef de l’Etat de sortir de ses hésitations et de lancer le processus devant conduire à la réconciliation nationale. Pour dérouler son programme avec succès, Ablassé Ouédraogo comptera sur le soutien de la presse, des amis du Burkina, la communauté internationale dont l’Union européenne, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Pour sa part, le président sortant de la CODER, Amadou Traoré, a fait un bilan succinct des actions menées durant son mandat.

La justice transitionnelle permet d’aller plus vite et de créer moins de déchirements

Il s’agit essentiellement de la vulgarisation du mémorandum et son appropriation par les populations au Burkina, d’explication de leur choix pour la justice transitionnelle comme voie appropriée de règlement global des problèmes posés pour parvenir à la réconciliation. Et d’affirmer que la justice transitionnelle permet d’aller plus vite et de créer moins de déchirements que la justice classique. Le mandat de M. Traoré a aussi permis à la CODER d’allonger le mandat du bureau de 3 mois à 6 mois et de se prononcer sur les sujets d’actualité. C’est dans cette dynamique que la CODER a adressé une lettre au président du Faso, en tant que garant de l’unité nationale, pour l’inviter à demander une seconde lecture de la loi modificative du Code électoral qui divise non seulement les Burkinabè, mais aussi les conseillers de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a indiqué le président sortant de la CODER. A son avis, ceux qui critiquaient la CODER à sa création en octobre 2016, ont fini par emboucher la trompette de la réconciliation même s’ils parlent de dialogue exclusif. Toute chose qui, à ses yeux, montre qu’ils ne prêchent pas dans le désert. Le Coordonnateur du comité technique de la CODER, Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a, lui, confié que c’est son parti qui a été désigné pour la coordination du comité technique. Car, il est engagé dans toutes les actions de réconciliation. Cela, parce que la conviction de son parti est que tant qu’il n’y aura pas de réconciliation au Burkina, on ne pourra pas relever les défis de développement. C’est pourquoi le CDP a accepté, dira-t-il, cette responsabilité pour coordonner les actions sur le terrain, les rencontres avec certaines institutions, le corps diplomatique, etc., afin qu’ensemble, ils puissent instaurer le dialogue en vue de parvenir à la réconciliation. Pour lui, le CDP est un grand parti de tolérance, qui est convaincu que sans l’unité, on fonce droit dans le mur.

Dabadi ZOUMBARA

ENCADRE

Liste du nouveau bureau de la CODER

Président : Ablassé Ouédraogo (Le Faso Autrement)

- 1er vice-président : Gilbert Noël Ouédraogo (ADF/RDA)
- 2e vice-président : Mamadou Dicko (NAFA)

- Coordonnateur du Comité technique : Eddie Komboïgo (CDP)

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