PASSE D’ARMES ENTRE KHALIFA SALL ET LE PROCUREUR : La couleur est annoncée

PASSE D’ARMES ENTRE KHALIFA SALL ET LE PROCUREUR : La couleur est annoncée

Après son mémoire en défense, le maire de Dakar, Khalifa Sall, poursuivi pour détournements de deniers publics, était confronté, hier 7 février 2018, au procureur de la République. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on a assisté à une véritable passe d’armes entre les deux hommes, obligeant parfois le juge à rappeler les uns et les autres à l’ordre. Morceaux choisis : « Pour l’avenir, on doit croire qui ? », interroge le procureur Bassirou Gueye. « Pourquoi n’avez-vous pas instruit à décharge ? Vous ne m’avez pas posé une seule question qui m’aurait permis de m’expliquer », répond Khalifa Sall qui précise que « l’existence de fonds politiques est indéniable ». « Je ne veux pas répondre à cette question. Je pose des questions pour que tout soit clair afin que je puisse rentrer chez moi et dormir tranquille », indique le parquetier. « Visiblement, c’est que vous avez un problème », objecte l’accusé, l’air manifestement décontenancé. Ainsi donc, la couleur est annoncée. Le procès du maire de Dakar promet d’être riche en joutes oratoires, surtout quand viendra le moment des plaidoiries. C’est de bonne guerre. Car, c’est du contradictoire que naîtra la vérité qui permettra aux juges de trancher en âme et conscience. Toutefois, il convient de rappeler que le procureur, en tentant d’enfoncer le prévenu, est dans son rôle.

La Justice sénégalaise doit dire le droit en toute impartialité

En tant que représentant de l’Etat, c’est lui qui poursuit le maire de Dakar. Cela dit, Khalifa Sall, lui aussi, est dans son droit. Accusé de tous les péchés d’Israël, il a droit  de se défendre ; lui qui crie à qui veut l’entendre qu’il s’agit d’une cabale visant à nuire à ses ambitions politiques. « Ce procès est un procès politique, il découle de faits, de raisons politiques éminentes. Je ne suis pas quelqu’un qui prend, je n’ai jamais pris de ma vie », avait-il laissé entendre le 6 février dernier, lors de sa première prise de parole devant le juge, en présence d’un parterre de sympathisants venus lui apporter leur soutien. En tout cas, le dernier mot revient au tribunal. C’est à lui de dire si oui ou non, Khalifa Sall a trempé la main dans le cambouis. Car, les hommes politiques sont ainsi faits qu’à chaque fois qu’on leur demande des comptes, ils crient à l’acharnement politico-judiciaire. Si fait qu’il est souvent difficile de faire la part des choses ; le vice étant devenu la règle et la vertu l’exception. Et c’est peu dire. C’est pourquoi donc la Justice sénégalaise doit, en toute impartialité, dire le droit pour qu’enfin l’opinion soit située sur cette histoire de détournements de fonds qui fait couler beaucoup d’encre et de salive au pays de la Téranga. Ce n’est peut-être qu’une question de temps. Car, le dossier étant en plein jugement au fond, le verdict ne tardera pas à tomber au grand bonheur de tous. Car, s’il sort blanchi, Khalifa Sall s’en trouvera politiquement ragaillardi. Mais s’il est condamné, l’Etat sénégalais aura beau jeu de crier à la victoire. On attend de voir ; lui dont on dit qu’il a toléré et même souhaité l’existence de « fonds politiques », échappant aux règles comptables.

B.O

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