PENURIE D’EAU A BANFORA : La population s’inquiète, l’ONEA rassure

PENURIE D’EAU A BANFORA  :   La population s’inquiète, l’ONEA rassure

 

La conduite principale qui permet de ravitailler le château d’eau de Banfora à partir du barrage de Moussodougou a été endommagée par les fortes précipitations enregistrées à Banfora dans la nuit du 19 au 20 août 2018. Conséquence, la cité du Paysan noir ainsi que celles de Bérégadougou et de Takalédougou qui sont servies par ce château, sont privées d’eau depuis cette période. L’information a été donnée par le directeur régional de l’ONEA de Bobo-Dioulasso, Adama Semdé, au cours d’un point de presse tenu le 20 août 2018, qui a été suivi d’une sortie dans la zone de la panne située à environ 10 kilomètres de Banfora.

 

Pour les habitants de la cité du Paysan noir, Banfora, ainsi que ceux de Bérégadougou et Takalédougou, la fête de la Tabaski a été marquée par une pénurie d’eau. Et pour cause, l’ONEA, en raison d’une panne, n’était pas en mesure de leur assurer la desserte en eau. Pour communiquer sur la situation, le directeur régional de l’ONEA de Bobo-Dioulasso, entouré de ses proches collaborateurs dont le chef du centre de Banfora, Michel Hien, a rencontré la presse dans la soirée du 20 août 2018. A l’entendre, la pluie diluvienne de la nuit du 18 au 19 août 2018 n’a pas été sans conséquence pour les installations de l’office. Elle a en effet causé la rupture de la conduite principale d’amenée d’eau brute du barrage de Moussodougou à la station de traitement de Banfora. Cette rupture, explique monsieur Semdé, est consécutive à un remplissage exceptionnel des réservoirs en amont. Elle s’est produite dans la rigole sise à l’entrée du village de Lémouroudougou, à une dizaine de kilomètres de Banfora. Qu’en est-il de son ampleur ? A cette interrogation, les techniciens de l’ONEA disent qu’elle est assez importante et que dans l’immédiat, ils n’ont que des solutions palliatives. A les entendre, la conduite endommagée se trouve à une profondeur de plus de 2 mètres dans le sol. En plus, la panne s’est produite dans le lit de la rivière. « C’est dire que pour le moment, nous ne pouvons pas régler le problème de façon pérenne et tout de suite. Pour l’heure, on s’attèle à rassembler le matériel qu’il faut pour ramener la situation à la normale ». Le DR Semdé explique qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle, surtout en ce temps d’hivernage marqué par de grandes précipitations. « On n’a pas imaginé que cela puisse arriver mais nous rassurons la population que nous n’aurons de répit que lorsque la situation sera réglée ». Et au regard des conditions dans lesquelles se déroulent les travaux de réparation, M. Semdé s’est gardé de donner des délais quant à leur fin. Il a même fait remarquer que le niveau de l’eau, entre le matin et le soir de ce 20 août 2018, a augmenté dans le lit du cours d’eau. Ce qui n’est pas pour faciliter les choses, dira-t-il. Sur le terrain, plusieurs équipes de plombiers, d’électromécaniciens sont à pied d’œuvre. Ils sont appuyés par les acteurs de la SN SOSUCO et de la direction régionale de l’eau et de l’assainissement des Cascades. Au cours de la fouille qu’ils ont engagée dans le lit de la rivière, ils ont identifié un point où sera installée une pompe en vue de pousser l’eau de ladite rivière (où se trouve la fuite) vers la station de traitement de Banfora. Là encore, indique Adama Semdé, ce sont des travaux d’envergure et c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas donner de précisions sur les délais. Blaise Yaméogo, plombier venu en renfort de Bobo-Dioulasso, explique qu’à travers la fouille, il s’agit de récupérer l’ancienne conduite qui avait été abandonnée au profit de la nouvelle qui a été réalisée en 2009. Cette ancienne conduite sera remise en service en attendant la réparation de la cassure. Comme solution palliative, l’ONEA organise la distribution de l’eau par des camions citernes qui ravitailleront la population banforalaise à partir de Bobo-Dioulasso, Sindou et Niangoloko. Dans cette optique, 5 points ont été identifiés à travers la ville de Banfora. Il s’agit de la maison des jeunes, de l’EPFEPP les Elites, de l’école primaire de Tatana, de celle du secteur 8 et de la mairie de Bérégadougou. Et M. Semdé demande à la population d’éviter les bousculades car la distribution de l’eau se fera sans discontinuer. Selon lui, la solution pérenne est connue. Seulement, sa mise en œuvre prendra du temps. A l’entendre, l’ONEA entreprendra bientôt de grands travaux qui permettront même de se déconnecter de la conduite de la SOSUCO. Cette pénurie d’eau rappelle celle de 2013 où les habitants de Banfora avaient passé trois jours sans l’eau de l’ONEA. A l’époque, par inadvertance, la vanne avait été ouverte au niveau de la prise d’eau et  deux ouvriers  de la SN-SOSUCO, surpris par l’eau, avaient été précipités dans la conduite dont le diamètre vaut 2 mètres.

 

Mamoudou TRAORE

 

 

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