PLUS D’UN MILLION DE CANDIDATS POUR 6668 POSTES A LA FONCTION PUBLIQUE : C’est plus qu’inquiétant !

PLUS D’UN MILLION DE CANDIDATS POUR 6668 POSTES A LA FONCTION PUBLIQUE :    C’est plus qu’inquiétant !

La Fonction publique est en pleine administration des épreuves des concours directs pour le recrutement d’élèves fonctionnaires au titre de l’année 2018. Cette année, l’on note une innovation majeure, à savoir la correction électronique des copies. L’objectif, dit-on, est de réduire au maximum la part de subjectivité dans l’évaluation du travail des candidats. L’on peut déjà saluer cette innovation tout en souhaitant que les objectifs pour lesquels elle a été  opérée, soient véritablement atteints. Car, entre les intentions  annoncées et les résultats auxquels on parvient, il y a parfois un fossé abyssal. Mais ce n’est pas ce sujet qui fera l’objet de notre commentaire. Nous évoquerons plutôt la problématique de la recherche de l’emploi dans notre pays. A l’édition 2018 des concours de la Fonction publique, ils étaient, tenez-vous bien, plus d’un million 300 000 candidats  à postuler pour seulement 6668 postes à pourvoir. Le rapport fait état d’environ 200 candidats pour un poste. Les chiffres sont plus qu’inquiétants. Ils sont, en effet, révélateurs des réalités suivantes. La première est que l’offre d’emplois est dérisoire par rapport à la demande. L’autre réalité est que presque tous les diplômés en quête d’emplois, n’ont point de salut en dehors de la Fonction publique. Il se pose dès lors à l’Etat,  une équation dont la résolution s’apparente à la mer à boire. Les hommes politiques en quête de voix, peuvent être tentés,  surtout pendant la campagne électorale, de promettre à ces millions de diplômés, des emplois. Mais il faut avouer qu’ils leur vendent du vent. Car une fois au pouvoir, leurs promesses se dégonfleront comme un ballon de baudruche. Presque tous les Etats africains font face à ce problème. Mais les choses sont encore plus cruciales dans tous les pays anciennement colonisés par la France. Et l’explication est bien simple.

Il y a lieu de repenser les choses

 

L’administration coloniale avait mis en place un système éducatif dont la vocation principale était de produire des bureaucrates. Plus particulièrement, il s’agissait, à l’époque, de former des apprenants qui manient la langue de Molière à l’effet d’exercer au mieux les emplois de commis expéditionnaires, d’instituteurs, de traducteurs et d’interprètes. C’est pour cette raison que l’enseignement général avait été privilégié. Plus d’un demi-siècle  après les indépendances, nos pays ont gardé pratiquement le même système éducatif. Les réformes en matière de curricula que bien des pays ont  introduites dans leur système éducatif, se sont révélées inopérantes, si fait que les choses sont allées de mal en pis. Résultat : l’école a aujourd’hui la réputation d’être une véritable manufacture de chômeurs. Le moindre certifié qui en sort, rêve d’une chose : intégrer la Fonction publique. Si ailleurs, aux Etats-Unis par exemple, la Fonction publique est considérée comme une sorte de réceptacle des citoyens qui, faute de compétences, n’ont pas pu intégrer le privé, au Burkina en particulier, et  en Afrique francophone en général, la Fonction publique fait l’objet de convoitises. Et pour cause : dans l’imaginaire collectif, cette institution est perçue comme « le champ de personne ». Les heureux et rares « élus » vont au service quand ils veulent et comme ils veulent, puisqu’ils savent que cela n’aura aucune incidence sur leur traitement salarial. Pire encore, il y en a qui se transforment  au vu et au su de tous, en commerçants. Toute chose qu’aucun privé ne peut tolérer. De ce point de vue, l’on peut même se demander si le fonctionnement de nos Fonctions publiques, en Afrique francophone, n’explique pas en partie l’état de sous-développement dans lequel bien des pays de cet espace pataugent. Il y a véritablement lieu de repenser les choses. La première à repenser est le système éducatif de sorte à ce qu’il produise non pas des têtes bien remplies, mais des compétences. Cela passe, de toute évidence, par la promotion de l’enseignement technique et professionnel. La deuxième chose à repenser est de faire en sorte que le privé se développe de sorte à offrir des opportunités d’emplois décents aux citoyens formés. A ce niveau, l’Etat peut appuyer, par des moyens appropriés, l’émergence du secteur privé. Car, tout le monde sait que c’est ce dernier qui crée la richesse. Tous les pays développés sont passés par là. Mais sous nos tropiques, l’on peut avoir l’impression que l’Etat travaille à la mort du secteur privé. Car, non seulement ce secteur ploie sous le poids des impôts, mais aussi l’Etat rechigne à payer ce qu’il lui doit. En tout cas, tant que l’Etat va continuer dans cette posture, la Fonction publique se présentera comme le seul et unique endroit vers lequel tous les diplômés qui sont en quête d’emplois, se tourneront. Et cela n’est pas bon signe. Car, de manière objective, nous savons que la Fonction publique, dans aucun pays au monde, ne  peut absorber tous ceux qui frappent à ses portes. Et les choses empireront au fil des ans. A bon entendeur salut.

Sidzabda

 

 

 

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