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POLEMIQUE AU TOUR DU SITE D’INHUMATION DE TSHISEKEDI : A quand la fin de la danse macabre ?

POLEMIQUE AU TOUR DU SITE D’INHUMATION DE TSHISEKEDI : A quand la fin de la danse macabre ?

 

S’il y a un personnage dont la mort aura contribué à diviser davantage les Congolais, c’est bien celle de l’opposant historique Etienne Tshisekedi. En effet, après le débat sur la mise en œuvre de l’accord politique de la Saint- Sylvestre que réclamait l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), histoire de rendre hommage au Vieux, vient maintenant une nouvelle polémique sur le site où sera inhumé celui-là qui, de son vivant, a combattu la dictature en République démocratique du Congo (RDC). En effet, alors que les autorités congolaises ont attribué un espace de 500 m2 pour accueillir la dépouille mortelle de Tshisekedi au cimetière de la Gombé, les responsables de l’UDPS, eux,  souhaitent le voir inhumé au siège de son parti, à  Limete. «On ne peut pas enterrer Etienne Tshisekedi dans un cimetière. Nous préférons l’enterrer sur un lieu public », fulminait un militant de l’UDPS à la lecture de l’arrêté officialisant l’endroit où sera inhumé le « Sphinx de Limete ». En tout cas, en attendant que tranche la famille biologique de Tshisekedi, on peut dire que c’est reparti pour de nouvelles empoignades verbales  entre le pouvoir et l’opposition politique, en l’occurrence les militants de l’UDPS. Ce d’autant que l’on imagine mal les autorités congolaises revenir sur leur décision ; elles qui soutiennent qu’elles veulent se conformer à la loi qui interdit formellement tout enterrement en dehors des cimetières, en RDC. Or, les militants de l’UDPS ne l’entendent pas de cette oreille ; eux qui estiment de leur côté que Tshisekedi n’est pas un quidam pour reposer dans l’anonymat dans un cimetière. Ces derniers-là, on le sait, veulent faire de la tombe de Tshisekedi un lieu de pèlerinage où peuvent venir se recueillir tous ses fans. Franchement, il y a quelque chose d’indécent dans ce grenouillage. Car, tout se passe comme si chacun tenait à tirer profit de la situation au point que près d’un mois  après son décès, Tshisekedi se retrouve pris en otage.

L’heure n’est plus aux querelles d’épiciers

A quand donc la fin de la danse macabre ? C’est la question que tout le monde se pose. Mais  à l’analyse, on se rend compte que le pouvoir congolais semble avoir fait plus de concessions que ne l’a fait l’opposition qui, pour tout dire, tire un peu trop sur la corde. Certes, au regard du parcours politique de l’homme, Etienne Tshisekedi mérite une sépulture digne de son rang, mais  de là à exiger qu’il soit enterré à Limete, en violation flagrante de la loi, elle joue sur une pente un peu glissante. L’heure n’est plus aux querelles d’épiciers. Le Vieux a besoin de repos ; lui qui, chaque jour qui passe, ne fait que se retourner dans son cercueil, au regard des passes d’armes tous azimuts entre l’opposition, le pouvoir et sa famille biologique. Et comme pour ne rien arranger vient s’ajouter la bagarre déjà ouverte au sein de l’opposition au sujet de la désignation du Premier ministre et le président du Conseil de suivi de la Transition. Faut-il désespérer de la RDC quand on sait qu’au-delà de ces tensions politiques, le pays est aussi en proie à des violences de toutes sortes, en rajoutant ainsi à la  souffrance des populations qui ne savent plus à quels mouvements rebelles se vouer, tant  ils sont nombreux ? Le dernier cas en date a été l’attaque de Nyanzalé, dans l’Est du pays, où 25 civils ont été tués. N’est-il donc pas temps de refermer la parenthèse Tshisekedi pour s’attaquer aux problèmes réels de la RDC, étant donné que se profile déjà à l’horizon la présidentielle de décembre prochain ?

Boundi OUOBA

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