POLEMIQUE AUTOUR DES APPELS A  LA DEMISSION DE JACOB ZUMA : L’ANC joue sa survie

POLEMIQUE AUTOUR DES APPELS A  LA DEMISSION DE JACOB ZUMA : L’ANC joue sa survie

Le compte à rebours a-t-il commencé pour Jacob Zuma ? La question peut paraître très osée pour certains. Et pourtant ! A    quelques jours de son adresse à la Nation, les appels à la démission du président sud-africain se multiplient. L’ANC accentue la pression sur lui. En effet, pas plus tard que le 4 février dernier, les six principaux dirigeants du parti, au cours d’une visite nocturne impromptue à la résidence Mahlamba Ndlopfu, ont tenté de convaincre Zuma de débarrasser le plancher. Cette démarche n’est ni plus ni moins qu’un contre-pied fait à deux autres dignitaires du parti qui, la veille seulement, affirmaient à qui voulait les entendre que le fils de Nkandla resterait au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat en cours. Il s’agit donc là de graves divergences de vues qui frisent la cacophonie au sommet de l’ANC ; toute chose qui déteint sur les militants à la base qui, en plusieurs factions, étaient dans la rue, hier, 5 février 2018. D’un côté, il y avait les anti-Zuma qui demandaient son départ pur et simple de la présidence et ce à brève échéance. De l’autre, ruaient aussi dans les brancards les soutiens du chef de l’Etat pour qui envisager le départ de leur mentor ne serait rien d’autre qu’une humiliation. Vous l’aurez donc compris. L’ANC est à la croisée des chemins. Si fait que le moindre faux pas pourrait conduire à l’implosion du parti.

L’ANC doit survivre à Jacob Zuma

Face à cette situation, le bon sens commande que Zuma qui constitue   le nœud gordien même du problème, prenne les devants en rendant le tablier ; lui qui, d’année en année, a multiplié les frasques à telle enseigne qu’il a fini par lasser ses propres soutiens. A preuve, du fait de la corruption qui a été érigée en mode de gouvernance, l’Afrique du Sud, sous l’ère Zuma, vit une récession économique sans précédent sur fond de malaise social. Pour toutes ces raisons, Jacob Zuma doit prendre ses responsabilités. Car, pour moins que cela, son prédécesseur Thabo Mbéki avait été poussé à la sortie afin que soit préservée l’image du parti. En tout cas, même s’il refuse de partir, l’ANC aurait tout à gagner en lâchant Zuma, pour autant qu’il ne veuille pas connaître le même revers électoral   subi lors des municipales d’août 2016. Continuer donc à protéger Zuma, serait très suicidaire. Mieux vaut donc sacrifier un individu que de compromettre l’avenir de tout un parti comme l’ANC dont l’histoire se confond à celle de l’Afrique du Sud. Le jeu en vaut donc la chandelle. Car, l’ANC doit survivre à Jacob Zuma qui, en tant qu’héritier de Nelson Mandela, s’est montré incapable de chausser les bottes de ce dernier. Et c’est peu dire ! De la rénovation de sa résidence privée de Nkandla à ses liens présumés avec la  famille Gupta, sans oublier ses sempiternelles histoires de fesses, Zuma a fini par convaincre plus d’un qu’il est indigne du grade de chef d’Etat. Il ne lui reste donc qu’à faire valoir ses droits à la retraite. Là, il pourra mieux cultiver son jardin, pour reprendre l’expression de Voltaire.

B.O

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