POLEMIQUE AUTOUR DU PROJET DE LEGALISATION DE L’AVORTEMENT AU BUKINA FASO : Le consensus avant tout !

POLEMIQUE AUTOUR DU PROJET DE LEGALISATION DE L’AVORTEMENT AU BUKINA FASO :  Le consensus avant tout !

 

Le projet de légalisation de l’avortement fait des gorges chaudes au Burkina Faso, pays des Hommes intègres. Car, de plus en plus, des voix et non des moindres, s’élèvent pour dire non à cette pratique. Il s’agit, pour l’essentiel, d’intellectuels et surtout de structures ou d’associations religieuses qui ne font pas mystère de leur profonde affliction et ce, à travers des sorties médiatiques. L’avortement, il faut le dire, était déjà autorisé dans certaines situations au Burkina Faso. Il s’agit des cas précis suivants : vie de la mère en danger, viol ou inceste ou cas de graves malformations du fœtus. Mais ce sont surtout les velléités de légalisation de la pratique qui heurtent la conscience de certains religieux qui y voient un pas vers la déshumanisation de notre pays. Pendant ce temps, d’autres pensent que le Burkina Faso doit emboîter le pas aux autres pays en légiférant sur ce que d’aucuns appellent en termes savants, « l’interruption sécurisée de la grossesse ». Il s’agit donc de deux tendances diamétralement opposées, si fait que quand on écoute les arguments avancés par les uns et les autres, il est difficile de dire qui a raison et qui a tort. D’autant qu’au-delà de toutes considérations, chacun dit privilégier l’intérêt des masses tout en tenant compte de nos mœurs.

Rien ne doit se faire au nom du peuple sans que ne soient pris en compte ses desiderata

Dans ces conditions, seul vaut le dialogue qui, à n’en point douter, pourrait permettre d’aplanir les difficultés. C’est pourquoi, plutôt que de vouloir opérer un passage en force, le gouvernement se doit d’engager des concertations tous azimuts avec l’ensemble des forces sociales et religieuses sur le projet de légalisation de l’avortement au Burkina. Car les Burkinabè sont déjà si divisés qu’il ne faudrait pas en rajouter avec des lois confligènes. Rappelons-nous le Code de la personne et de la famille qui, adopté au Mali, avait fait couler beaucoup d’encre et de salive et qui, finalement, a été abandonné face à la pression de la rue, qui ne retombait pas. Il faut donc savoir raison garder en ayant toujours à l’esprit que rien ne doit se faire au nom du peuple sans que ne soient pris en compte ses desiderata. Moi, je ne dis pas qu’il faut légaliser ou ne pas légaliser l’avortement. Ce n’est pas ce qui m’intéresse. Je suis plutôt animé par le souci de l’unité nationale qui, je dois le rappeler, a pris un sérieux coup depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014. C’est pourquoi je demande aux uns et aux autres de mettre un peu d’eau dans leur vin pour que notre pays, déjà en proie à l’insécurité grandissante, ne sombre pas davantage. Donc, gouvernants, forces politiques, sociales et religieuses sont interpellées. Donnons-nous la main, dans l’intérêt supérieur de notre pays.

« Le Fou »

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