POLITIQUE DE PROMOTION DE LA CULTURE AU BURKINA : Les grands oubliés

POLITIQUE DE PROMOTION DE LA CULTURE AU BURKINA  :  Les grands oubliés

Contrairement à l’idée répandue et selon laquelle le ministère de la Culture est le parent pauvre de tous les ministères, l’on peut se rendre compte, à l’analyse, qu’il n’en est rien. En tout cas, si l’on en croit le rapport d’audit sur la gestion financière et comptable de ce ministère pour l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC), les vaches ne sont pas si maigres qu’on voudrait le faire croire dans ce ministère. La vérité est que l’argent destiné à la promotion de la culture est géré selon les règles des républiques bananières. Et cela est observable surtout dans la manière dont les fonds sont accordés aux acteurs du domaine. Il y a d’abord le fait que les soutiens accordés à des acteurs culturels, l’ont été « sans base légale ». Ce constat n’est pas de nous. Il a été établi par le chef du service de l’exécution budgétaire et comptable et du directeur de l’administration et des finances de la structure. Et sur cette base illégale, des sommes substantielles ont été distribuées à une foultitude de personnes. Et l’on peut mettre sa main au feu que cette débauche de sous, a servi plus à autre chose qu’à la promotion de la culture. Quand on fait le point des allocations qui ont été injectées dans ce sens, cela tourne autour de quatre cent quarante millions (440 000 000) de F CFA. Pour un pays comme le Burkina Faso, cette somme n’est pas négligeable. Le deuxième reproche qui peut être fait à cette façon de faire est que les médias culturels ont été les grands oubliés. En effet, quand on fait le point des bénéficiaires de ces soutiens à la Gondwana, il n’y a point de médias culturels. Or, seul Dieu sait ce que ces derniers font dans le sens de la promotion de la culture dans le pays.

Il ne serait pas superflu de mettre en place un conseil d’administration digne de ce nom

Le moins que l’on puisse dire est qu’ils font pratiquement œuvre de sacerdoce. Et à force de sacrifices, il y en a qui ont été obligés de mettre la clé sous le paillasson. Pendant ce temps, le ministère qui est censé les appuyer leur tourne le dos, en optant consciemment de distribuer l’argent du contribuable à des individus. Cette démarche est une curieuse méthode de promotion de la culture. Mais l’on peut comprendre pourquoi quand on donne de l’argent public à des individus, il n’y a pas de trace. Et en plus, ces derniers ne se sentent pas liés par un quelconque devoir de rendre compte. De ce point de vue, le terrain est balisé pour une utilisation des fonds publics à des fins gabégiques et mafieuses. Dès lors, ceux qui sont chargés de distribuer cette manne à des coquins, peuvent en profiter pour beurrer leurs épinards. Malgré ce soutient indu à ces individus sous le couvert de la promotion de la culture, ces derniers s’adressent très souvent à ces médias culturels, parias de la République, pour se rendre visibles. Franchement, c’est à ne rien y comprendre. Et cette pratique absurde de l’Etat n’a pas commencé aujourd’hui. Elle est en vigueur depuis toujours. Il se pose alors la nécessité impérieuse de repenser les choses, si l’on veut véritablement tirer la culture du pays vers le haut. Dans cette perspective, il faut d’abord édicter les règles républicaines et transparentes de la gestion des fonds culturels. Et la meilleure manière de le faire est de donner la priorité aux structures qui ont fait de la promotion de la culture, leur credo. A cet effet, il ne serait pas superflu de mettre en place un conseil d’administration digne de ce nom, pour prendre les grandes décisions qui s’imposent. Les ministres qui sont par définition des hommes politiques, donc partisans, ne devraient pas être l’Alpha et l’Omega de ces fonds. Cette suggestion peut contribuer à faire grandir la culture. Mais tout cela relève d’une volonté politique et dans un contexte marqué pour la prédation des fonds publics au moyen très souvent de la politique des copains et des copines, l’on peut se poser la question de savoir si cette proposition est la bienvenue.

SIDZABDA

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