LE PREMIER MINISTRE MALIEN A RABAT : Que peut davantage faire le Maroc contre le terrorisme ?

LE PREMIER MINISTRE MALIEN A RABAT : Que peut davantage faire le Maroc contre le terrorisme ?

Après l’orage, le Mali tente de recoller les morceaux. En effet, le séjour de 48 heures, les 8 et 9 mars, du Premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maïga, à Rabat, a beaucoup plus l’allure de se réconcilier avec le Roi Mohammed VI.  L’on se souviendra que le Roi avait annulé in extremis son voyage sur le Mali, le 22 févier 2017, laissant ainsi apparaître au grand jour la brouille diplomatique entre les deux pays par rapport à la médiation algérienne dans la crise malienne. Bien des observateurs avaient, en tout cas, fait le lien avec  l’activisme de l’Algérie au Mali. On le sait, le Maroc et l’Algérie ne sont pas en odeur de sainteté à cause du dossier du Polisario ; si fait que le voisin très influent du Mali aurait travaillé à occulter la visite du souverain marocain, en son temps. En déployant une offensive diplomatique du chéquier sur le Mali à la recherche d’un équilibre des forces depuis que les autorités de Bamako ont décidé de se détourner de Ouagadougou pour confier la médiation à l’Algérie, le Royaume chérifien a dû s’agacer, entre-temps, en  voyant la trop grande influence de son grand rival dans la résolution du conflit dans le septentrion malien. Cela dit, cette visite dite de travail et d’amitié du Premier ministre malien, en plus de permettre de  fumer le calumet de la paix avec le Maroc qui a beaucoup investi à Bamako, aura aussi et surtout l’avantage de reconsidérer la place de Rabat dans la recherche de la paix dans le Nord-Mali qui est pris entre deux feux : celui du terrorisme et celui des velléités sécessionnistes.

La rivalité maroco-algérienne peut être un atout comme un potentiel danger

On sait qu’en matière de lutte contre le terrorisme, le Maroc avait décidé d’assister le Mali à travers une coopération en 2013. Dans ce cadre, des imams maliens ont été formés par le Maroc autour de la thématique de l’islam tolérant, face à la montée du wahhabisme. Si ce type de formations a permis aux imams de véhiculer les messages de tolérance dans le sens de contenir l’extrémisme, le Mali a intérêt à jouer les  équilibristes entre l’Algérie qui a conduit l’Accord de paix et qui peut contribuer à mettre hors d’état de nuire le tristement célèbre terroriste Iyad Ag Ghali   et le Royaume chérifien qui a de l’ascendant sur Bilal Ag Achérif, actuel président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), du nom de l’ex-rébellion qui continue de fouler aux pieds le fameux accord d’Alger. Autant dire que cette rivalité maroco-algérienne peut être un atout comme un potentiel danger pour le Mali en fonction de sa manière de la gérer. C’est dire si l’Accord d’Alger doit se frayer un chemin dans une géopolitique complexe. En tout cas, pour l’heure, on ne sait pas encore ce que le Maroc va, davantage, proposer au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme à l’occasion de cette visite de Soumeylou  Maïga. Du reste, on n’est jamais sûr qu’on tient le bon bout dans la résolution de cette crise au Nord-Mali.

Drissa TRAORE

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