PRESIDENCE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE : Alassane Sakandé élu avec 104 voix

PRESIDENCE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE : Alassane Sakandé élu avec 104 voix

Le remplaçant du regretté Salifou Diallo à la tête de l’Assemblée nationale (AN) burkinabè est maintenant connu. Désormais, c’est Alassane Sakandé qui présidera aux destinées de l’institution et ce, jusqu’aux prochaines élections législatives. Il a reçu ce quitus de ses pairs, lors d’une session extraordinaire tenue le 8 septembre 2017 à Ouagadougou, au siège de l’institution.

 

Juste après le décès de l’ancien président de l’Assemblée nationale, la problématique de « l’après Salifou Diallo » au Parlement burkinabè, a fait couler beaucoup d’encre et de salive avec pour question principale : « Qui pour lui succéder ? ». Chacun y allait de son commentaire et de ses pronostics, après analyse. Même au sein de la majorité, on peut dire sans se tromper que le choix du candidat idéal n’a pas été chose aisée, car, on le sait, il y a eu moult tractations et le 7 septembre dernier, soit la veille de l’élection, en a été le point culminant. En effet, c’est ce jour que s’est tenue l’ultime rencontre des cadres du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) pour le choix du candidat en la personne de Alassane Sakandé, jusqu’alors président du groupe parlementaire MPP. C’était la fin du suspense, car avant même l’élection du nouveau président de l’AN, prévue pour se tenir le 8 septembre 2017 à 10h, la presse en avait fait écho. Les choses étaient donc claires, étant donné que de toute évidence, l’homme allait bénéficier du soutien de toute la majorité. A ce propos d’ailleurs, nous titrions à la Une de notre canard en date du 8 septembre dernier,  « président de l’Assemblée nationale : Ce sera donc lui !». Et sans surprise, cela a été le cas à la majorité des voix, suite à un vote à bulletin secret. Les 127 députés que compte le Parlement, ont tous voté. Le secrétaire parlementaire qui a procédé à l’appel nominal des députés dès l’ouverture de la session, a, en effet, recensé 9 absents qui avaient laissé des procurations. « Les députés sont en nombre pour délibérer de l’ordre du jour », a donc laissé entendre le président de séance, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, 1er vice-président de l’AN, avant de porter à la connaissance de toute l’assistance quelques dispositions qui régissent l’élection du président. Entre autres, il a cité l’article 91, alinéa 2 de la Constitution qui dispose que : « Le président de l’Assemblée nationale est élu à la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale au premier tour ou à la majorité simple au second tour pour la durée de la législature ».

 

19 abstentions…

 

Cette majorité absolue, a-t-il expliqué, s’entend de la moitié des 127 députés plus un, donc 64 voix. Aussi, le 1er vice-président de l’AN a rappelé les dispositions du règlement intérieur de l’AN, notamment en son article 14 alinéa 2, qui dispose qu’un groupe parlementaire de 4 députés peut déposer des candidatures à chacune des fonctions faisant l’objet des élections. Ces déclarations de candidature doivent être déposées au secrétariat de l’AN au moins une heure avant l’ouverture de la séance appelant l’élection.  Pour la présente séance, il s’est agi de l’élection du président. « A ce propos, nous avons reçu une seule candidature qui est celle de l’honorable Alassane Bala Sakandé. Candidature déposée par le groupe parlementaire MPP à 8h 13mn. Le groupe Burkindlim a soutenu cette même candidature à 9h précises », a déclaré Me Bénéwendé Stanislas Sankara. Le scrutin pouvait donc commencer avec, il faut le rappeler, un seul bulletin. A l’appel de son nom, chaque député se dirigeait dans l’isoloir pour faire son choix. Une fois le choix fait en secret, il ressort et devant l’assistance, met son bulletin dans l’urne. A 11h 10mn, tous les députés étaient passés. S’en est suivi le dépouillement. Le décompte, à la fin du dépouillement, a donné 127 bulletins. Sur les 127 bulletins, 104 ont voté pour. 19 députés se sont abstenus, 2 ont voté contre et il y a eu 2 bulletins nuls. Un résultat qui donne vainqueur Alassane Sakandé, dès le premier tour du scrutin. Installé dans ses nouvelles fonctions par le président de séance, il présidera désormais aux destinée de l’AN et ce, pour la durée de la législature, conformément à la loi.

 

Adama SIGUE et Ousmane TIENDREBEOGO

 

 

 

L’intégralité du discours du nouveau président de l’AN, juste après son installation

 

MOT DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ALASSANE BALA SAKANDE, PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DU BURKINA FASO

 

Le 8 septembre 2017

 

Mesdames et Messieurs les Vice-présidents;

Monsieur le Ministre de la communication chargé des relations avec le Parlement ;

Mesdames et Messieurs les membres du Bureau;

Messieurs les Présidents de Commissions Générales; Mesdames et Messieurs les Présidents des Groupes parlementaires;

 

Honorables députés;

Mesdames et Messieurs;

Il est des successions qu'on aurait voulu s'en passer.

Et la nouvelle responsabilité qui m'échoit, en ce jour de vendredi 8 septembre 2017, en est l'éloquente illustration. Il est des hommes politiques dont on admire l'action, mais dont on redoute de porter le legs.

Est de ceux-là, celui dont nous continuons de pleurer la brutale disparition, son Excellence Monsieur Salifou Diallo.

Ensemble, observons une minute de silence en la mémoire de l'illustre disparu.

 

Honorables députés ;

Mesdames et Messieurs;

Nous voilà au terme d'une session extraordinaire qui s'achève consécutivement au deuil qui nous afflige depuis la douloureuse date du 19 août 2017, jour du décès du Président de l'Assemblée nationale, Son Excellence Monsieur Salifou Diallo.

L'homme politique que la Nation entière continue de pleurer, la figure tutélaire de la Représentation nationale qui s'en est allée, l'homologue qui nous a quittés, fut par­dessus-tout, une volonté. Une volonté de servir l'Etat, toujours avec l'ardeur qu'on lui connaissait, parfois au péril de sa santé et finalement au péril de sa vie. Je voudrais alors saluer la mémoire de l'homme d'Etat, mais aussi rendre hommage à celui qui a passé près de deux années au Parlement, mais dont l'action à la tête de notre institution aura inexorablement valeur de référence dans l'histoire parlementaire de notre pays. Cette institution qu'il a tant aimée, il l'a voulue grande, noble et ouverte.

Il l'a voulue consensuelle et au-dessus des partis, des forces politiques, des clans et des intérêts partisans. Enfin, il l'a voulue comme un instrument de justice sociale et de protection des plus faibles.

Le Président Salifou Diallo a donné un cap, dessiné un horizon, préfacé une vision, impulsé une dynamique.

De lui, il restera le souvenir d'un modèle d'engagement qui doit continuer à guider notre mission commune.

Qui pourrait bien remplacer une telle personnalité? Maintenant que Salifou Diallo est entré dans le cénacle des héros nationaux, la meilleure façon de déclamer son geste, de lui rendre hommage, de perpétuer sa mémoire, c'est de méditer le message qu'il nous a laissé.

 

Honorables députés;

Pour ma part, je fais le serment devant vous, mes collègues, de marcher avec vous dans les sillons tracés par notre illustre Président Salifou Diallo. Oui, je prends l'engagement, devant vous, chers collègues, de rattacher mon action à la vision politique de mon devancier. La charge qui est désormais la mienne est, certes noble, mais ô combien périlleuse ! Comme un enfant qui apprend à marcher, je trébucherai, je tituberai, je tomberai même peut-être, mais jamais, oui jamais, je ne m'écarterai de la voie ouverte par celui dont le souvenir fondera mon action.

Je mesure l'énormité de ce pari. Mais je le prends en toute confiance, sachant qu'il est aussi le votre. Alors, je tends la main à l'ensemble des députés, sans distinction d'appartenance politique ou idéologique afin de relever le pari d'une législature qui saura apporter des réponses aux attentes des populations. Cet impératif passe par l'esprit d'inclusion et de cohésion, la culture du résultat et la quête permanente de l'intérêt général. Salifou Diallo en avait fait les principes cardinaux de sa gestion. Je me les approprie. Je ne terminerai pas mon propos sans remercier les membres du Bureau de l'Assemblée nationale, avec à sa tête le premier vice-président, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, pour tous les efforts consentis tout au long de cette période difficile. C'est sur cette note d'appel au rassemblement que je déclare close la présente session extraordinaire.

Je vous remercie.

 

Député Bala Alassane Sakandé

 

 

 

Des députés réagissent

 

Député Alexandre Sankara, UNIR/PS

 

« C’est un sentiment de satisfaction et de soulagement. Après ce qui s’est passé, la Nation entendait que la deuxième personnalité de l’Etat soit désignée. Et nous venons de le faire. Je me réjouis particulièrement, parce que c’est un jeune qui a été retenu. Je crois que c’est cela aussi qui a prévalu pour le choix. C’est un message, une invite à la jeunesse. Et c’est aussi une grande responsabilité qui pèse sur ses épaules. S’il réussit, ce sera aussi la preuve que les jeunes peuvent conduire avec brio les affaires de l’Etat. C’est ce côté que je perçois plus dans cette élection. C’est ce message que les responsables du MPP, le groupe parlementaire MPP et la majorité ont voulu donner au peuple, en mettant à la tête du parlement M. Sakandé. Et nous allons tous l’accompagner pour qu’il réussisse sa mission. »

 

Députée Maïmouna Ouédraogo, CDP

 

« En tout cas, ce fut une session intéressante. On a vu que les députés se sont exprimés librement. Cela traduit la vitalité de notre processus démocratique. Il a eu la majorité des voix. Cela signifie que les députés lui ont porté leur confiance. C’est à lui de travailler pour mériter cette confiance. Sa mission, c’est de continuer l’œuvre que le défunt président, Salifou Diallo, a débutée. Il ne faut pas qu’il tombe dans la politique politicienne. Il doit mettre toujours en avant l’intérêt supérieur de la Nation. Il lui faudra également privilégier la recherche du consensus, comme le faisait si bien son prédécesseur. C’est à ce prix, je crois, qu’il pourra réussir sa mission. »

 

Député Ousmane Diallo, CDP

 

« Je pense d’abord que l’élection s’est très bien passée. Notre Assemblée nationale a un président qui a été élu dans les délais constitutionnels.  Cela est d’abord un premier motif de satisfaction pour moi. Deuxième motif, c’est le fait que le vote s’est passé sans couac. Les députés se sont exprimés en toute liberté et en toute conscience. Je pense que le désormais président de notre Assemblée nationale a du pain sur la planche. Il a une lourde mission qui se décline en plusieurs branches. C’est d’abord de privilégier la recherche du consensus, comme le faisait son prédécesseur. Ensuite, il doit poursuivre les actions qui étaient en cours. Nous attendons de lui qu’il soit un homme de transparence, d’équité, de justice. Un président qui sait se départir de la casquette de son parti pour prendre en compte l’intérêt de la Nation. Je pense que s’il prend en compte toutes ces valeurs, il pourra réussir cette lourde mission. »

 

Députée Rockya Rouamba, MPP

 

« C’est un sentiment de joie qui m’anime. Nous avons quand même assez longuement attendu. Je crois que c’est aussi la promotion de la jeunesse. C’est un camarade. Nous pensons que le regretté président, là où il est, sera fier. Notre but, ce  n’était pas de rechercher quelqu’un qui est exactement comme notre regretté président. Non ! Le but, c’était de trouver quelqu’un qui va venir avec son charisme et apporter sa touche particulière à l’avancée de notre démocratie. Tant que vous n’essayez pas quelqu’un, vous ne pouvez pas savoir de quoi il est capable. Tout le monde a droit à l’erreur. Nous ne voulons pas d’un président parfait. Il peut même faire plus que le défunt président dont on vante les mérites. Sait-on jamais ! Je lui souhaite bon vent. Tout le monde a voté pour lui. Certains ont dû respecter les mots d’ordre. Il y a déjà des sillons tracés par son prédécesseur. Le terrain est assez balisé. Je crois qu’il lui reste à le dérouler, en y apportant sa touche particulière.

 

Député Daouda Simboro, Président du groupe parlementaire UPC

 

« Je crois que l’Opposition, représentée par le CFOP dans le mois de février, a remis un mémorandum qui fait état de la vie de la Nation. Nous croyons qu’aujourd’hui, il y a des questions qui méritent que l’ensemble de la classe politique burkinabè puisse, dans certaines situations comme celles dans laquelle nous nous trouvons actuellement, se positionner dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il n’était pas intéressant de rajouter une crise parlementaire. Déjà, l’autre évaluation objective qu’il faut faire, c’est l’intérêt de la candidature. S’il faut que l’Opposition propose une candidature pour montrer un simulacre de dynamisme de notre démocratie, à notre sens, cela n’est pas utile. Nous avons suivi la presse qui parlait déjà de certaines dissensions. Fallait-il en rajouter ? C’est pourquoi nous avons opté, de concert avec la direction de notre parti, de ne pas présenter de candidat et de voter l’abstention. Et quand vous voyez le nombre de ceux qui ont voté abstention, légitimement, l’UPC peut s’approprier ce résultat.

En termes de missions, le nouveau président a l’obligation morale, l’obligation légitime de marcher dans les sillons tracés par notre illustre président disparu, le Dr Salifou Diallo. En tant que président du Groupe parlementaire UPC, je suis bien placé pour savoir qu’il a toujours recherché le consensus. Le président Sakandé, un camarade depuis une trentaine d’années, a l’obligation, en tant que deuxième personnalité de notre pays, d’ajuster ce titre à ce qu’il est, à son rang, à sa taille. Il doit faire bonne prestance. Il lui sera difficile de tout réussir. Mais s’il met en avant l’intérêt supérieur de la Nation, nous sommes convaincus que nous animerons une nouvelle page de la démocratie de notre pays. Nous attendons qu’il soit un rassembleur, qu’il recherche toujours le consensus, qu’il vise permanemment l’intérêt supérieur de la Nation. Nous voulons qu’il puisse avoir beaucoup de recul sur les intérêts partisans.

Je connais l’homme et beaucoup de gens peuvent penser qu’il est très critique vis-à-vis de l’Opposition, mais sachez qu’il n’y pas d’homme qui ne soit pas flexible. Je crois qu’il a beaucoup de qualités. Je crois aussi qu’il est encore façonnable. Il fera son apprentissage et comme il l’a dit, il va balbutier, il va parfois tomber, mais toujours, il nous a fait le serment de rechercher continuellement l’intérêt national. »

 

Juliette Bonkoungou, députée CDP

 

« C’est une cérémonie qui s’est bien déroulée. Nous avons désigné un jeune président de l’Assemblée nationale. Il a la cinquantaine. J’analyse cela comme un signal qui est envoyé à la jeunesse. J’espère que jeunesse rimera avec sagesse. Il a dit qu’il mettra ses pieds dans ceux du président Salifou Diallo qui a travaillé en bonne intelligence avec l’Opposition. Donc, nous restons disponibles pour l’accompagner. Et à titre personnel, en tant qu’aînée dans cette auguste Assemblée, après une trentaine d’années de vie politique, chaque fois que cela sera nécessaire, je lui apporterai mes avis et conseils. »

Le CV du nouveau occupant du perchoir

 

ELEMENTS DU CURRICULUM -VITAE

 

I- ETAT CIVIL

Nom : SAKANDE
Prénoms : Alassane Bala
Date et lieu de naissance : 21 août 1969 à Ouagadougou (Burkina Faso)
Profession :  Cadre supérieur de banque
Situation de famille  : Marié père de 2 enfants

Adresse : Ouagadougou

QUALIFICATIONS :

Monsieur Alassane Bala SAKANDE, élu président de l’Assemblée nationale le 8 septembre 2017, est âgé de 48 ans. Sur le terrain politique, il est pétri d’une expérience politique de plus d’une vingtaine d’années. Engagé et dynamique, il est surtout connu pour son courage, son volontarisme, sa qualité d’écoute et son sens de responsabilité. Homme de conviction et d’action, ce cadre supérieur de banque, adepte de la démocratie et du dialogue, a été président de son groupe politique à l’Assemblée nationale, de 2015 à 2017.

Il a été élu par les députés de la VIIe législature avec 104 voix pour, comme Président de l’Assemblée nationale.

 

II/ DIPLOMES

- 2008 : Diplôme de Conseiller commercial de Banque (DCCB)/ Centre de formation des banques et établissements financiers du Burkina Faso ;

- 2006 : MASTER/ MBA en commerce extérieur/ Affaires Internationales, Université de Ouagadougou/ Université de Lyon ;

- 2004 : DUT en finances comptabilité ;

- 1990-1991 : Lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou,
Baccalauréat série D.

- 1987-1990 : Lycée Bambata de Ouagadougou ;

- 1982-1986 : Lycée Yamwaya de Ouahigouya,
Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC).


III/ EXPERIENCES PROFESSIONNELLES

-  2012 – 2015 : Chef de Département Moyens Généraux / United Bank for Africa (UBA) ;
-  2010 – 2012 : Chef de Département Secteur Public / United Bank for Africa (UBA) ;
- 2008 – 2010 : Chef de Département Relations Extérieures / United Bank for Africa (UBA) ;

- 2005 – 2007: Chef de Département commercial /Banque Internationale du Burkina (BIB) ;

- Janvier 1995 : Cadre de banque à la Banque Internationale du Burkina (BIB).

 

IV/ EXPERIENCES POLITIQUES

Depuis le 8 septembre 2017 : Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso ;

- Mars 2017 : Secrétaire exécutif national adjoint au Bureau exécutif national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ;

- 2016 -2017 : Président du groupe parlementaire MPP ;

- Depuis le 29 novembre 2015 : Député élu à l’Assemblée nationale ;

- 2014 : Secrétaire chargé des structures géographiques au Bureau exécutif national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ;

- 2006 à 2012 : Conseiller municipal de la ville de Ouagadougou ;

- 1995 à 2000 : Conseiller municipal de la ville de Ouagadougou .

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+