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PRESIDENTIELLE EN RDC

 Les signaux sont alarmants

La campagne pour les élections générales du 23 décembre prochain, est loin d’être un fleuve tranquille en République démocratique du Congo (RDC). A mesure que l’on s’approche de la date fatidique, la tension ne fait que monter. La situation était tellement tendue que le gouverneur de Kinshasa a dû suspendre, hier, 19 décembre, toute manifestation publique entrant dans le cadre de la campagne électorale et ce, alors même que Martin Faryulu devait y tenir une réunion publique. Faut-il y voir là une stratégie visant à mettre des bâtons dans les roues du candidat de la coalition ? Cela y ressemble fort. Pouvait-il en être autrement quand on sait qu’ainsi va la compagne électorale en RDC ? En  effet, quand ce ne sont pas des incendies ou des attaques de locaux de la commission électorale, ce sont des groupes armés qui empêchent des candidats d’accéder à leurs fiefs électoraux comme c’est le cas dans le Nord-Kivu où sévissent les milices Tama, Itala, Musindi, Luhongo, Bulengy et Manzya. Et ce n’est pas tout. On assiste parfois à de véritables échauffourées entre militants de la majorité et ceux de l’opposition. Le dernier acte en date, a été la manif organisée, le 18 décembre 2018, contre la venue du candidat Emmanuel Ramazani Shadary dans le Centre de la RDC, qui a laissé un mort sur le carreau. Témoignage : « Les militaires qui sont venus en renfort de la police débordée, ont ouvert le feu pour disperser les manifestants. Une femme qui vendait des braises (charbon de bois) au niveau du marché Skojik a été touchée à la tête. Elle est morte sur-le-champ », a indiqué la responsable d’une ONG congolaise. Tout se passe, en effet, comme si les forces de l’ordre qui devraient veiller au bon déroulement du scrutin, sont en train d’en rajouter au climat électoral déjà très délétère en RDC.

La RDC n’est pas à l’abri d’une crise post-électorale

Toute chose qui n’augure rien de bon d’autant que ces violences pré-électorales font craindre des lendemains incertains. En tout cas, loin de jouer les oiseaux de mauvais augure, on peut dire que la RDC n’est pas à l’abri d’une crise post-électorale comme le subodorait déjà le clergé congolais qui, avant même l’ouverture de la campagne, avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Et si crise post-électorale il y a, elle ne profiterait qu’au seul Joseph Kabila qui pourrait soit imposer son dauphin par la force, soit évoquer le « principe de la continuité de l’Etat et pour éviter le vide à la tête de l’Etat », pour s’octroyer un nouveau bonus présidentiel et ce, « jusqu’à l’installation d’un nouveau président élu » conformément à l’arrêt de la Cour constitutionnelle, rendu le 11 mai 2016. En fait, on ne le sait que trop bien. Ce n’est pas de gaieté de cœur que Joseph Kabila a décidé de renoncer au pouvoir tout en prenant le soin de se choisir un dauphin en la personne de Emmanuel Ramazani Shadary. A preuve, il n’exclut pas la possibilité de revenir au pouvoir en 2023 ; ce qui laisse croire que même si le sieur Shadary est élu président de la RDC, il ne sera qu’un faire-valoir. C’est Kabila qui détiendra la réalité du pouvoir à l’image du scénario Medvedev- Poutine. Mais là, personne ne lui en tiendra rigueur puisqu’il aura sauvé au moins les apparences en respectant la lettre et l’esprit de la Constitution congolaise.

B.O

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