PRESIDENTIELLE KENYANE : Quand des « escrocs » valident la réélection de Uhuru Kenyatta

PRESIDENTIELLE KENYANE : Quand des « escrocs » valident la réélection de Uhuru Kenyatta

Ça y est ! La Cour suprême kényane a validé, hier, 20 novembre 2017, la présidentielle du 26 octobre dernier. Ainsi donc, le président sortant, Uhuru Kenyatta, rempile pour un nouveau mandat de quatre ans. Les juges constitutionnels que ce dernier avait qualifiés « d’escrocs » après qu’ils eurent invalidé la présidentielle du 8 août 2017, ont rejeté les deux recours en annulation déposés par un homme d’affaires et ancien député proche de l’opposition, et ce, après avoir écouté leurs avocats respectifs. Maintenant qu’ils ont donné satisfaction au prince, ces « escrocs » apparaissent désormais comme des anges aux yeux du président Kenyatta et son clan qui, depuis hier, pavoisaient dans les rues de Nairobi, estimant que la Cour suprême a enfin dit le droit. Ainsi va la vie ! Le juge est porté au pinacle, lorsque son ordonnance va dans le sens de nos intérêts. Dans le cas contraire, il est cloué au pilori et traité de tous les noms d’oiseaux, comme l’avait fait le président Kenyatta à l’encontre du juge David Maraga et son équipe. Si fait qu’au final, la Cour suprême, il faut le dire, au regard des pressions multiples qu’elle subissait, n’avait d’autre choix que de s’asseoir sur sa conscience en avalisant une forfaiture électorale qui crève les yeux. A preuve, l’on a vu les conditions, pour le moins chaotiques et abracadabrantesques dans lesquelles s’est déroulé le scrutin du 26 octobre avec comme ultra favori Uhuru Kenyatta, son adversaire Raïla Odinga ayant décidé de se retirer. Dénonçant des interférences politiques, le président de la Commission électorale avait lui-même déclaré qu’il était incapable de garantir l’équité et la transparence du scrutin. Conséquence : le taux de participation a été des plus faibles, n’atteignant même par la barre des 40%. Et ce n’est pas tout. La violence s’étant emparée du pays, les élections n’ont pas pu se tenir dans certains comtés, notamment à l’Ouest, réputés être favorables à Raïla Odinga qui, jusque-là, ne s’avoue pas  vaincu.

C’est maintenant que commence le plus dur

En tout cas, la plus haute juridiction kényane ayant donné son feu vert, le président Kenyatta pourra prêter serment le 28 novembre prochain. Mais c’est maintenant que commence le plus dur. Comment va-t-il gouverner le pays ? Comment apaiser les cœurs ? Comment réconcilier les Kényans avec eux-mêmes ? Autant de défis et pas des moindres qui attendent le président réélu qui, mieux que quiconque, sait que ce mandat, bien plus que le précédent, ne sera pas de tout repos. Et c’est peu dire ! Il n’aura d’autre choix que d’ouvrir un dialogue avec la coalition de l’opposition NASA conduite par Raïla Odinga qui, pourtant,  ne veut pas le voir en peinture. Alors, que faire ? Faut-il un médiateur pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être au Kenya ? Assurément oui ! Et le plus tôt serait le mieux. Car, à l’allure où vont les choses, l’on risque d’assister (touchons du bois) à une guerre civile sur fond d’épuration ethnique, si rien n’est fait pour émousser les ego surdimensionnés des deux rivaux que sont Raïla Odinga et Uhuru Kenyatta. Cela dit, la communauté internationale, l’Union africaine (UA) en tête, est interpellée. Plus tôt elle agira, mieux cela vaudra.

Boundi OUOBA

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