PRESOMPTION DE MALVERSATIONS FINANCIERES : Le REN-LAC interpelle les autorités judiciaires et politiques

PRESOMPTION DE MALVERSATIONS FINANCIERES : Le REN-LAC interpelle les autorités judiciaires et politiques

Ces derniers jours, l’actualité nationale est marquée par une pléthore de dénonciations de cas de détournements et autres malversations laissant plus d’un citoyen sans voix et pantois.  Face à cette situation, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a animé une conférence de presse le 13 juin 2017 à Ouagadougou, pour interpeller les autorités politiques et judiciaires à sévir et par la manière la plus forte.

Plusieurs milliers de milliards de F CFA et plus d’une centaine d’entreprises et de responsables d’entreprises épinglés. Ainsi peut-on  estimer le nombre de cas  de détournements et autres malversations  signalés au Burkina couvrant, la plupart,  l’ère du régime Blaise Compaoré. Le rapport 2015 de l’ASCE-LC, à lui seul, pointe du doigt une foule de fautes de gestion dont le cumul s’élève à plus de 31 milliards de F CFA entre 2012 et 2014. Ces chiffres témoignent une fois de plus que la mal-gouvernance a la peau dure au pays des Hommes intègres, malgré les efforts consentis par les différents acteurs  de la lutte contre la corruption. Pourtant, dit-on, le renforcement du dispositif juridique, institutionnel et celui de l’appareil judiciaire sont les mesures fortes qui auraient dû permettre de réduire l’impunité liée à ces cas de corruption et de crimes économiques. Aussi, en lieu et place de ces mesures, on note la quasi absence de volonté politique se traduisant par la non mise en œuvre des mécanismes de préservation et de répression prévus par ce dispositif juridique, laissant libre cours à l’impunité et au développement des mauvaises pratiques.   Mais que faut-il faire ? Il faut sévir et par la manière la plus forte. C’est du moins ce que souhaite le REN-LAC dont les membres ont animé une conférence de presse le 13 juin dernier, pour interpeller les autorités judiciaires et politiques sur la question.  « Le mal demeure profond et la chienlit s’est installée », a constaté le Secrétaire exécutif du REN-LAC, Claude Wetta. Pour lui, plus que des discours, il faut désormais des actions. « Il faut désormais que les autorités aillent au-delà des discours, car les citoyens n’attendent plus du pouvoir en place que des actes concrets, salvateurs », a-t-il soutenu. A son avis, la tolérance zéro contre la corruption prônée par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, semble avoir fait long feu. « En effet, nous avons constaté juste quelques actions d’éclat, laissant tapis dans l’ombre les vrais acteurs de la corruption. Comme nous l’avons révélé en octobre dernier, malgré les rapports d’enquêtes parlementaires sur le foncier, sur les mines et tout récemment les rapports publics de 2015 de la Cour des comptes et de l’ASCE-LC, les gros poissons continuent de se pavaner, fiers de narguer le peuple. De  vastes réseaux de corruption établis depuis des années touchant le sommet de l’Etat et traçables à tous les échelons jusqu’à la base, ont été démasqués. Nous attendons qu’une suite judiciaire soit donnée à ces différents rapports », a dit M. Wetta. Pour illustrer leurs propos, les membres du REN-LAC sont revenus sur les cas de scandales de corruption en citant nommément certains parmi les plus emblématiques. Il s’agit de  l’affaire Inoussa Kanazoé, PDG du groupe Kanis international et de l’entreprise CIMFASO, épinglé et mis sous mandat de dépôt courant avril 2017 avec certains de ses collaborateurs pour fraude fiscale.

Ces libertés provisoires qui masquent « une impunité en gestation », selon le REN-LAC

Les membres du REN-LAC regrettent que dans le cadre de la procédure judiciaire, le patron du groupe Kanis international et de l’entreprise CIMFASO ait bénéficié, depuis le 22 mai dernier, d’une liberté provisoire après avoir versé une caution, disent-ils, dérisoire de 700 millions de F CFA. « De même, l’affaire Paulin Tapsoba, un tout autre scandale de fraude fiscale impliquant un vaste réseau criminel, a donné lieu à des libertés provisoires qui masquent mal une impunité en gestation », a soutenu le REN-LAC.  « Nous attendons de la justice qu’elle fasse la lumière sur ces affaires et détermine avec précision les dommages subis par le contribuable burkinabè », a interpellé le Secrétaire exécutif, Claude Wetta, avant d’inviter la justice à élucider également les cas de malversations de plus de 200 millions de F CFA au SIAO, des 400 millions de F CFA au Fonds d’entretien routier, des 650 millions de F CFA au Conseil supérieur de la communication (CSC). Il souhaite également que les résultats des investigations menées sur  la police nationale où 28 hauts gradés ont été épinglés, soient rendus publics et  mieux, qu’une suite diligente soit donnée à cette affaire. Des  cas de malversations majeures, l’ASCE-LC en a relevé dans son rapport de 2015. Il s’agit, entre autres, de l’audit de la présidence du Faso, de la Société de transformation des fruits et légumes de Loumbila, de l’affaire ONATEL-Douane. Le REN-LAC demande que la justice se saisisse de  tous ces dossiers pour que la lumière soit faite. Du reste, face à la persistance de l’impunité des crimes économiques, les membres du REN-LAC   appellent toutes les couches socio-professionnelles  à une mobilisation populaire forte et sans concession pour une meilleure gouvernance politique, économique et sociale, seule garante de paix, de stabilité et de progrès social. Toutefois, ils entendent se constituer partie civile pour les cas les plus emblématiques pour, disent-ils, « actionner » davantage la justice.

Mamouda TANKOANO

 

 

 

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1 Commentaire

  1. Anonyme

    Le pays est grave. On se demande si réellement il ya une volonté de lutter contre la corruption. Que des cas aussi graves trainent plusieurs années sans justice, on peut alors conclure sans se tromper que c’est cela qui perpétue la poursuite et le développement de ces crimes. Des gens partis de rien, et qui ne peuvent aucunement justifier leurs richesses, se la coulent douce. Oh dieu!

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