PRESTATION DE SERMENT ANNONCEE DU CANDIDAT DE L’OPPOSITION AU ZIMBABWE

PRESTATION DE SERMENT ANNONCEE DU CANDIDAT DE L’OPPOSITION AU ZIMBABWE

 Nelson Chamisa va-t-il franchir le Limpopo* ?

Va-t-il vraiment pleuvoir sur Harare ? En tout cas, le ciel zimbabwéen est toujours menaçant depuis la tempête électorale provoquée par l’élection de Emmerson Mnangagwa, candidat du parti au pouvoir (ZANU PF), à la présidentielle du 30 juillet dernier. Son challenger principal, l’opposant Nelson Chamisa  du MDC, qui a officiellement perdu cette élection avec 44,3% des suffrages, ne semble pas prêt à rendre les armes. Pas de sitôt. La répression sanglante des manifestations de contestation des résultats, le 2 août dernier, qui a fait six morts, ne semble pas entamer la témérité du jeune chef de l’opposition zimbabwéenne. En effet, en décidant de se faire investir, le samedi 15 septembre prochain, ‘’président légitime’’ du pays, on peut dire qu’il tient crânement à revendiquer sa victoire à cette élection présidentielle légalement déjà consommée. C’est  dire si cette annonce de prestation de serment est potentiellement lourde de dangers pour le Zimbabwe. En effet, l’opposant et ses proches, courent le risque sérieux de se retrouver embastillés et la cérémonie, elle-même, risque de finir en queue de poisson à moins qu’elle ne se tienne dans un lieu tenu secret. Pour sûr, le défi que se lance Chamisa, va alourdir le climat politique au Zimbabwe.

En clair, Nelson Chamisa voudrait faire perdurer la crise post-électorale dans son pays qu’il ne s’y prendrait pas autrement avec cette volonté de se faire investir.

Le score engrangé par Chamisa semble bien  refléter l’aspiration du peuple zimbabwéen au changement

Seulement, va-t-il franchir le Limpopo, ce fleuve à crocodiles ? En tout cas, cela est risqué pour lui d’autant plus que le pays lui-même est actuellement sous la coupe réglée d’un ‘’crocodile’’ appelé Mnangagwa qui, lui, a déjà montré aux yeux du monde de quoi il est capable pour protéger son fauteuil avec la répression sanglante du 2 août dernier.

Cela dit, s’il faut comprendre l’audace de Nelson Chamisa qui croit dur comme fer qu’il a été victime d’un hold up électoral, il doit savoir aussi  qu’il est beaucoup plus prudent pour sa longévité d’homme politique, de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Si pour son premier  coup d’essai, il a pu bousculer avec autant d’impertinence un vétéran de la politique comme Emmerson Mnangagwa, c’est qu’il est déjà dans le cœur des Zimbabwéens et son avenir politique est prometteur. Ce qui lui commande de calmer ses ardeurs et mettre le cap sur l’avenir. Face à un système en place depuis une quarantaine  d’années, ce ne serait pas chose aisée de le décagnoter par des manifestations de rue. Le score officiel de 44,3% engrangé par Chamisa semble bien  refléter l’aspiration du peuple zimbabwéen au changement, toute chose qui lui commande  de savoir reculer pour mieux jouer son rôle d’opposant de premier plan, en renforçant son assise politique. Encore faut-il que ceux qu’ils accusent de lui avoir volé sa victoire se tiennent pour dit qu’on ne saurait éternellement prendre en otage le choix du peuple.

Drissa TRAORE

 

* Limpopo (fleuve de l'Afrique australe, dont le nom signifie fleuve des crocodiles)

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