PRETENDU ECHEC DE LA MANIF DE L’OPPOSITION EN RDC : Kabila se chatouille pour rire  

PRETENDU ECHEC DE LA MANIF DE L’OPPOSITION EN RDC : Kabila se chatouille pour rire   

Initialement prévue pour être une gigantesque marche de protestation contre la non-application de l’accord de la Saint-Sylvestre, la manifestation du Rassemblement en République démocratique du Congo s’est muée en une ville morte. Car, les autorités congolaises avaient interdit la marche, de peur qu’elle ne soit la manif qui sonnerait le glas du régime et avaient de ce fait déployé un important dispositif sécuritaire pour tuer dans l’œuf « les germes de l’insurrection ». Cette mobilisation avortée, comme il fallait s’y attendre, a fait dès le lendemain les choux gras de la majorité présidentielle qui l’a qualifiée « d’échec cuisant » et n’y a vu qu’une seule explication : l’incapacité de l’opposition à mobiliser ses partisans.  Certes, le Rassemblement n’a pas réussi son pari, mais l’on peut se demander si Joseph Kabila ne se chatouille pas pour rire en taxant  son opposition d’incapable. En effet, plus que la faible capacité de l’opposition à mobiliser, c’est plutôt dans les méthodes brutales du régime qu’il faut trouver l’explication de la frilosité des Kinois qui ont déjà payé le prix fort lors des précédentes manifestations réprimées dans le sang. Le souvenir du macabre bilan des journées des 19 et 20 septembre 2016 reste bien présent encore dans l’esprit des Congolais.  A la brutalité donc de Kabila et de ses sbires, les populations ont répondu par le calme et le silence. C’est donc faire dans l’irresponsabilité que de lire dans le silence d’une ville  d’ordinaire très grouillante, un désaveu de l’opposition. Cela dit, s’il est vrai que  le facteur principal de l’avortement de la manif de l’opposition est la brutalité du pouvoir, il n’en demeure pas moins qu’il cache aussi les faiblesses d’une opposition rongée de l’intérieur par des querelles byzantines du fait de l’absence d’un  leader charismatique en son sein. Pour preuve, alors que par exemple, il appelait le peuple à descendre dans la rue, Félix Tshisekedi à l’origine même de cet appel n’était pas dans les rangs et était plutôt à Addis-Abeba en Ethiopie pour, dit-on, des pourparlers avec l’Union africaine (UA).

L’opposition doit mettre fin à ses bagarres internes

Alors donc que le leader de l’UDPS tente de se montrer préoccupé par l’avenir de la nation, il est fort probable que son absence ait été interprétée par les militants et les sympathisants de l’opposition comme une fuite de responsabilité, voire une couardise face à l’arsenal répressif du pouvoir. Cela dit, quelles que soient les raisons qui ont dénaturé la manif du Rassemblement, elles confirment l’image qui fait de la République démocratique du Congo la plus grande dictature du continent, où les libertés démocratiques élémentaires comme la simple liberté de manifestation sont bafouées. Si fait que Kabila profite reprendre la main après avoir un temps vacillé sous les coups de boutoir de l’opposition alors conduite par le « vieux » Etienne Tshisékédi. L’on peut alors se poser la question, face à cette situation, de savoir quelles perspectives s’offrent maintenant à l’opposition. Elle peut certes encore compter sur ses soutiens étrangers, notamment les chancelleries occidentales qui n’ont eu de cesse de dénoncer la mauvaise foi du régime Kabila. Mais avant toute chose, elle doit mettre fin à ses bagarres internes. C’est à cette seule condition qu’elle pourrait bénéficier de l’arbitrage favorable du peuple congolais qui a montré, par ses grandes mobilisations passées, qu’il était attaché à la liberté et à la démocratie.

SAHO

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