PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE AU MALI : Jusqu’où mènera le bras de fer entre pouvoir et opposition ?

PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE AU MALI : Jusqu’où mènera le bras de fer entre pouvoir et opposition ?

Le débat sur le référendum constitutionnel n’en finit pas de provoquer des vagues dans les eaux déjà tumultueuses du Djoliba, au Mali. En effet, alors que le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) poursuit ses consultations avec l’ensemble des couches socioprofessionnelles en vue d’un consensus, l’opposition et la société civile regroupées au sein de la plateforme Anté banna (Touche pas ma Constitution) viennent de hausser le ton. En effet, dans une lettre ouverte, elles enjoignent le chef de l’Etat de retirer purement et simplement le projet de révision constitutionnelle au plus tard le 15 août 2017. A défaut, la plateforme entend user de toutes les voies légales pour faire aboutir ses revendications. Mieux, par la voie d’un de ses mentors, en l’occurrence, Tiébilé Dramé, elle menace de recourir à la désobéissance civile si le pouvoir tente d’opérer un passage en force. Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire du parti au pouvoir pour qui, l’opposition et la société civile semblent sorties de leurs prérogatives en lançant un ultimatum au chef de l’Etat. Morceau choisi : « Je voudrais rappeler les unes et les autres à l’ordre : le président de la République est une institution républicaine qui doit être respectée. Un citoyen ne peut pas lancer un ultimatum à son président de la République. Le président de la République ne reçoit aucun ultimatum (…) Cela n’est pas un bon procédé en matière de démocratie »,  a déclaré le Secrétaire général du RPM, parti au pouvoir, Me Baber Gano, par ailleurs ministre des Transports. Voilà qui est donc clair. C’est un véritable bras de fer qui s’annonce entre l’opposition et le pouvoir cela d’autant que le président IBK n’entend pas reculer face à la pression sans cesse grandissante de la rue. Dans ces conditions, on est en droit de se poser la question suivante : à quoi sert un référendum constitutionnel si celui-ci va contribuer à diviser davantage les Maliens ; eux dont le pays, du fait de la menace djihadiste, est presque sous protectorat onusien ? Ainsi va la gouvernance politique en Afrique. Très rarement, les projets de modification constitutionnelle font l’objet de consensus. On l’a vu récemment en Mauritanie où même adopté,  le référendum constitutionnel continue de provoquer des vagues. Ce fut également le même scénario en Côte d’Ivoire et au Sénégal où des alliés d’hier étaient presque devenus des adversaires. On oublie volontiers le cas du Burkina Faso où le président d’alors, Blaise Compaoré, l’a échappé bel en prenant ses jambes à son cou, acculé qu’il était par une rue en colère. Alors, question : pourquoi les projets de révision constitutionnelle divisent-ils tant en Afrique ? La réponse, il faut la chercher dans la boulimie  des chefs d’Etat du continent de s’éterniser au pouvoir, si fait que toute manipulation de la loi fondamentale, même si elle va dans le sens du  renforcement de la bonne gouvernance, paraît suspecte. C’est le cas actuel du Mali où le pouvoir, en appelant de tous ses vœux à un référendum constitutionnel, dit vouloir se conformer à l’Accord d’Alger ; mais l’opposition et la société civile soupçonnent des velléités monarchiques. En tout cas, espérons que la raison finira par habiter les uns et autres et que dans l’intérêt supérieur du peuple malien, une solution rapide sera trouvée pour décrisper l’atmosphère sociopolitique au Mali.

 

B.O

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