PROMESSE DE FINANCEMENT DES ELECTIONS DE DECEMBRE PAR LA RDC

PROMESSE DE FINANCEMENT DES ELECTIONS DE DECEMBRE PAR LA RDC

Faut-il en rire ou en pleurer ?

« Le Congo s’assume en ce qui concerne l’organisation matérielle et logistique de cette élection (…). Le processus électoral relève de la souveraineté congolaise ». Ces propos sont du directeur de cabinet du président Joseph Kabila, Néhémie Mwilanga Wilonja. Selon donc l’homme-lige du maître de Kinshasa, la RDC entend organiser, seule, les élections générales du 23 décembre prochain. Elle n’aura besoin d’un appui ni financier ni logistique et même pas d’expertise étrangère. En tout cas, celui que l’on peut considérer comme le porte-voix de Kabila, est très formel. «Le Congo a mis les moyens de côté », a-t-il précisé ; histoire de rassurer tous ceux qui doutent encore de la capacité du pays à prendre en charge l’organisation de ses élections. Et ce n’est pas tout. Car, peu avant lui, un haut responsable de la Commission électorale, avait déclaré ex-cathedra ceci : « Nous n’utiliserons ni ne solliciterons l’assistance de la Mission des Nations unies au Congo (MONUSCO)». Quand on sait que bien des dirigeants du continent noir ont la propension à se tourner vers l’Occident pour organiser les élections dans leur pays, on ne peut que se féliciter de l’engagement pris par les autorités congolaises de s’assumer pleinement dans l’organisation du scrutin de fin décembre prochain, auquel, du reste, ne prendra pas part le président sortant. C’est tout à leur honneur.

Il faut craindre que cette posture ne cache mal d’autres intentions

Car, c’est par la capacité de chaque pays à s’autofinancer et à s’auto- prendre en charge et ce, sur tous les plans, que passe la souveraineté nationale. Elle ne se revendique pas. Elle s’impose d’elle-même. A contrario, il est difficile de tendre constamment la sébile à l’Occident et s’étonner que celui-ci s’ingère dans les affaires intérieures de nos pays. Car, ne dit-on pas que la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit ? En tout cas, Kabila a vu juste en refusant de monnayer la souveraineté de son pays à travers le financement, par la communauté internationale, des élections qui se profilent à l’horizon. Seulement voilà ! Il faut craindre que cette posture ne cache mal d’autres intentions. Car,  tout porte à croire que Kabila fils ne veut pas d’observateurs internationaux dans son pays, si fait qu’il prend les devants pour ôter tout argument à la communauté internationale. On le voit donc venir ! C’est la preuve qu’il n’a pas renoncé de gaîté de cœur au pouvoir. Acculé de toutes parts, il donne l’impression d’avoir reculé pour mieux sauter. Car, en l’absence d’observateurs internationaux, Kabila travaillera dans les coulisses à faire passer son dauphin Emmanuel R. Shadary. Quant à lui, il restera, tel Vladimir Poutine, dans l’antichambre du pouvoir, attendant le moment venu. Faut-il en rire ou en pleurer ? La question mérite d’être posée, quand on sait que ce que l’on applaudit aujourd’hui peut se révéler une entourloupe.

B.O

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