PROPOSITION DE SORTIE DE CRISE AU TOGO, DE LA SOCIETE CIVILE

PROPOSITION DE SORTIE DE CRISE AU TOGO, DE LA SOCIETE CIVILE

Une petite lueur au bout du tunnel?

Après plusieurs rounds de pourparlers sans solution, des organisations de la société civile togolaise, notamment syndicales, religieuses et des organisations de la diaspora, ont décidé d’apporter leur contribution dans le débat politique togolais, afin de mettre un terme à la crise qui perdure. En effet, ces organisations ont tenu, le week-end dernier, un forum qui a été sanctionné par un mémorandum qui fera l’objet de plaidoyer auprès des facilitateurs de la CEDEAO, à savoir les présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de la Guinée. Comme proposition concrète des forumistes, il est question de la mise en place d’institutions de transition en vue de l’organisation d’élections transparentes au Togo. L’initiative, il faut le dire, est louable, d’autant plus que les forumistes semblent avoir divisé la poire en deux. En effet, ils n’exigent pas le départ hic et nunc du président Faure Gnassingbé comme le réclame à cor et à cri l’opposition politique, mais ils ne veulent pas non plus d’un passage en force comme le veut le locataire du Palais de la Marina. En tout cas, cette proposition a l’avantage de ne pas braquer les deux camps. Pour autant, le Togo s’achemine-t-il vers une sortie de crise? Difficile de répondre par l’affirmative. Car, le pouvoir et l’opposition qui se regardent en chiens de faïence, pourraient ne pas être favorables à cette proposition, surtout le camp du prince régnant. Cela, pour une raison simple : accepter cette proposition, reviendrait à accepter l’idée de préparer le départ de Faure Gnassingbé. Or, ce dernier n’est pas prêt à larguer les amarres. En tout cas, la proposition faite par la société civile, constitue une perche à saisir aussi bien par le pouvoir que par l’opposition et cela, pour plusieurs raisons.

Le risque qu’il y ait un glissement du calendrier électoral est grand

L’opposition commence à s’essouffler car, elle n’arrive plus visiblement à mobiliser à travers ses marches et autres meetings. Quant à Faure, en dehors de la soldatesque et autres Raspoutine, ses soutiens se rétrécissent de plus en plus comme peau de chagrin. A cela s’ajoute le fait qu’il doit, en tant que président en exercice de la CEDEAO, passer bientôt le témoin à son homologue nigérian. Or, la position de ce dernier est bien connue sur la crise togolaise: pas de mandat pour Faure. Autant de raisons qui doivent amener Gnassingbé fils à mettre de l’eau dans son vin. Car, tant que les choses se limitaient au pouvoir et à l’opposition, Faure Gnassingbé pouvait continuer à boire tranquillement son petit lait, en considérant ceux qui sont opposés à son régime comme pas plus que des adversaires politiques. Mais l’entrée en scène de la société civile, notamment les syndicats, les religieux et la diaspora, donne une nouvelle tournure à la crise togolaise. Et Faure serait mal avisé de négliger leur proposition. Surtout que le Togo, il faut le dire, est le mouton noir de la démocratie en Afrique de l’Ouest. En tous les cas, si une solution n’est pas trouvée à la crise dans les plus brefs délais, les législatives qui se profilent à l’horizon, ne pourront pas se tenir à bonne date et dans de bonnes conditions. Autrement dit, le risque qu’il y ait un glissement du calendrier électoral est grand. Or, cela n’arrange pas le peuple togolais qui tient au respect des textes fondamentaux et à l’enracinement de la démocratie dans son pays.

Dabadi ZOUMBARA

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