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PROTESTATION CONTRE LA RADIATION DE GBAGBO, SORO ET BLE GOUDE DES  LISTES ELECTORALES

Jusqu’où iront les protestataires ?

Depuis le 5 août dernier et ce, jusqu’aujourd’hui, la voie est désormais ouverte aux Ivoiriens qui se sentent lésés dans le cadre de la révision des listes électorales, pour déposer un recours auprès des instances habilitées pour obtenir correction. S’il est difficile pour l’heure de donner un chiffre exact des Ivoiriens qui contesteront la nouvelle liste électorale qui compte désormais 7,5 millions d’électeurs, une chose est, par contre, certaine : les partisans de Guillaume Soro, de Charles Blé Goudé et de Laurent Gbagbo présenteront des recours.  On est d’autant plus fondé à le penser que les partisans de ces trois hommes, sont déjà vent debout contre la radiation de leurs mentors, des nouvelles listes  électorales.  Ils l’ont fait savoir hier à travers des manifestations qui ont été réprimées. Bien avant celles-ci,  ceux de l’ancien président, Laurent Gbagbo, l’ont aussi fait savoir bruyamment le 3 août dernier devant la Commission électorale ivoirienne (CEI) à laquelle ils demandent des explications.  Comme pour montrer leur détermination, trois membres d’Ensemble et la souveraineté (EDS), plateforme proche du FPI, ont remis une lettre au président de la commission chargée de l’organisation des élections, Ibrahime Coulibaly Kuibiert.  Comme pour blanchir son institution, ce dernier, se défendant comme Ponce Pilate, avait fait savoir que la décision de radiation a été prise par la Justice. Mieux, il avait rassuré que tout n’était pas perdu car le parti des pro-Gbagbo pouvait déposer un recours auprès du démembrement de la CEI où Laurent Gbagbo doit être rattaché. Ces propos suffisent-ils à calmer les ardeurs et à rassurer  les pro-Gbagbo, Soro et Blé Goudé?  Rien n’est moins sûr. Mais jusqu’où iront les protestataires ? Bien malin qui saurait répondre à cette question. En tous les cas, ils ont désormais la possibilité de contester légalement cette nouvelle liste électorale. Et bien que gonflés à bloc contre cette décision, ils semblent avoir opté pour les voies légales pour rétablir leurs mentors dans leurs droits et cet esprit républicain est à saluer. Mais l’on se demande quelles sont les chances de succès des contestataires. On le sait, tous les trois hommes ont été condamnés à 20 ans de prison chacun, pour des faits divers dans leur pays. Pour le cas, par exemple, de Laurent Gbagbo, il a été condamné, en 2018, par la Justice ivoirienne, à 20 ans de prison ferme dans l’affaire de braquage de la BCEAO et a été, de ce fait, privé de son droit de vote. Or, après son acquittement en janvier 2019 et la récente levée des mesures de restriction de ses mouvements en Belgique où il séjourne toujours, ses partisans ne rêvent que d’une seule chose : le retour au bercail du Christ de Mama. Mieux, ils attendent que celui-ci puisse jouer les premiers rôles au sein de son parti à la présidentielle d’octobre prochain.

 

Cette affaire risque d’être un véritable caillou dans les souliers d’ADO

 

C’est pourquoi aucun candidat n’a été désigné officiellement par ses lieutenants pour défendre les couleurs du Front populaire ivoirien à cette joute politique qui s’annonce épique. Ce n’est un secret non plus pour personne que Guillaume Soro rêve d’un destin national. C’est dire si l’enjeu de la bataille que viennent d’entamer leurs partisans est bien grand. Et tout laisse croire qu’on risque d’assister à un long feuilleton juridico-politique. Il faut craindre que cette affaire qui semble relever du droit commun, ne mette le pays d’Houphouët Boigny en ébullition. Le risque est d’autant plus grand que les partisans de Gbagbo qui n’ont jamais digéré le transfèrement de leur mentor à La Haye, croient dur comme fer, que l’heure du match retour a sonné.  C’est donc peu dire que cette affaire risque d’être un véritable caillou dans les souliers d’ADO dont le sommeil semble troublé depuis l’annonce du probable retour au bercail, de son plus farouche adversaire.  Cela dit, il faut savoir raison garder. En tout cas, ce serait le crime de trop que de brûler la Côte d’Ivoire qui n’a pas fini de panser ses plaies consécutives à la crise post-électorale de 2011, sur l’autel d’intérêts partisans. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire tombe mal pour le président Alassane Ouattara qui semble s’arracher les cheveux pour trouver un candidat pour le RHDP, après la disparition brutale d’Amadou Gon Coulibaly.  

 

Dabadi ZOUMBARA

 

 

 

 

 

 

 

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