RADIATION D’UNE ONG DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME AU BURUNDI :  N’kurunziza droit dans ses bottes

RADIATION D’UNE ONG DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME AU BURUNDI :  N’kurunziza droit dans ses bottes

 

Par ordonnance ministérielle rendue publique le 3 janvier, la plus ancienne ligue burundaise des droits de l’homme, Iteka, a été définitivement radiée de la liste des ONG locales autorisées à travailler au Burundi.  Le motif invoqué pour guillotiner cette organisation de la société civile pilotée par  Anschaire Nikoyazize, est qu’elle a continué à « ternir l’image du pays et à semer la haine et la division au sein de la population  du Burundi », après qu’elle a déjà fait l’objet d’une suspension provisoire aux fins d’avertissement. Comme le dit l’adage, « qui veut tuer son chien, l’accuse de rage ». Car cette  décision de dissolution n’est qu’une mesure de rétorsion à l’encontre de l’ONG, pour avoir écrit, en tandem avec la Fédération internationale  des droits de l’Homme (FIDH), un rapport  faisant le point sur la répression gouvernementale et les violations massives des droits de l’Homme, depuis l’élection au forceps de Pierre N’kurunziza. Le moins que l’on puisse dire est qu’Iteka gênait aux entournures le régime burundais et comme toutes les structures qui ont daigné porter un regard critique sur ses comportements déviants, elle subit l’ire du dictateur. C’est pourquoi on peut d’ailleurs s’étonner que ce mouvement de défense des droits humains ait pu continuer jusqu’à ce jour ses activités. Le constat que l’on peut établir de la situation au Burundi après cette décision, est que N’kurunziza, droit dans ses bottes, continue de faire le vide autour de lui avec l’ambition affichée de faire de son pays un trou noir où il peut continuer à se repaître comme un vampire, du sang de ses compatriotes, à l'abri de tout risque de lumière. La dissolution d’Iteka s’inscrit donc  dans le cours normal de l’histoire du Burundi qu’il est en train d’écrire en lettres de sang. Et cette dissolution n’a pas de quoi émouvoir une communauté internationale blasée, qui a fini par détourner son regard du pays.

Il faut rendre hommage à Iteka pour sa témérité et sa ténacité

Cette interdiction intervient  dans un contexte marqué par les velléités de modification constitutionnelle pour permettre au satrape de briguer un quatrième mandat. Elle pourrait, dans cette perspective, participer aux manœuvres de dessouchages pour lui laisser le champ libre. C’est pourquoi elle peut être mise  en parallèle avec cette autre actualité brûlante du pays qu’est l’assassinat du ministre de l’Eau, de l’Environnement et de la Planification, Emmanuel Niyonkuru. L’homme, tombé sous les balles assassines d’un agresseur inconnu, semblait, selon certaines sources,  assez incommodant pour N’kurunziza dans son rêve de pérennisation au pouvoir.

Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’encore pleurer le peuple burundais dont le martyre se prolonge sans fin, dans un pays où le débat politique s’est mué en règlements de comptes armés. Le Burundi s’enfonce chaque jour dans les abîmes de la bestialité. Mais  plus dramatique est la posture du monde dit civilisé, qui assiste impuissant à la dérive suicidaire de ce pan de l’humanité. Cela dit, il faut rendre hommage à Iteka pour sa témérité et sa ténacité à accomplir sa noble mission sur un terrain aussi hostile. Anschaire Nikoyazize et ses collaborateurs n’ont pas à rougir de la radiation de leur structure qui, du seul fait qu’elle ait été dissoute par le dictateur, fait la preuve qu’elle ne s’est pas compromise en caressant la bête dans le sens du poil.  Elle est restée fidèle aux idéaux de dignité qu’elle prône, Iteka signifiant en langue nationale kirundi « dignité ».

SAHO

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