RAPATRIEMENT DE MIGRANTS EN LIBYE : L’UA veut aller vite, mais…

RAPATRIEMENT DE MIGRANTS EN LIBYE  : L’UA veut aller vite, mais…

 

Ils veulent aller vite ! Les dirigeants africains et européens, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, veulent mettre rapidement fin au calvaire de nombreux migrants subsahariens bloqués en Libye. C’est le moins que l’on puisse dire, cela d’autant que 72 heures seulement après s’être rencontrés à Abidjan, en Côte d’Ivoire, ils se sont donné rendez-vous ce 4 décembre à Addis Abeba, en Ethiopie. L’objectif de cette réunion est de mettre rapidement en œuvre un plan d’évacuation des migrants piégés dans la galère libyenne, et ce en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Rappelons que tout ce branle-bas fait suite à la diffusion, courant novembre, par la chaîne américaine CNN, d’une vente aux enchères de migrants noirs. Illico presto, l’UA avait dépêché son commissaire aux Affaires sociales, en Libye, qui dépeint la situation en ces termes : «  Quand j’ai visité le centre de détention de Tariq-al-Matar qui est un des centres sous le contrôle des autorités, il y avait beaucoup de détenus, plus de 300, dans un même lieu. L’endroit était bondé. Il y avait une section pour les femmes et les enfants. Certains avaient la gale. Il y avait aussi des nourrissons. Je peux dire que les conditions humanitaires ne sont pas bonnes », a-t-elle déclaré. Vous l’aurez donc compris. Là, il s’agit d’abord d’un centre de détention sous contrôle des autorités. Que peut-on en dire pour ce qui concerne les centres contrôlés par des milices ou autres trafiquants d’êtres humains ? Difficile d’y répondre, tant on peut tout imaginer.

Une chose est de rapatrier des migrants, une autre est de travailler à les fixer dans leurs pays

Mais ce que l’on peut regretter, c’est qu’encore une fois, les dirigeants africains ne se sont même pas montrés capables, par eux-mêmes, de prendre des décisions concrètes pour voler au secours de leurs compatriotes que l’on vend aux enchères comme des bêtes de somme au pays de Mouammar Kadhafi. Et c’est peu dire ! Le nerf de la guerre fait encore défaut, si fait qu’ils passent le temps à tourner en rond. A preuve, même         l’idée de mise en place d’une force spéciale pour le rapatriement des migrants de Libye leur a été proposée par le président français, Emmanuel Macron. En effet, jusqu’à ce jour, en dehors du Maroc et du Rwanda qui ont fait des propositions concrètes, les autres pays membres de l’UA sont en train de traîner les pieds, pendant que leurs ressortissants souffrent dans leur chair en Libye. Certes, au sommet d’Abidjan, tous les dirigeants qui, par le canal de l’OIM, ont reçu des informations sur leurs ressortissants, s’étaient dit disposés à les faire revenir au pays, mais là n’est pas le problème. Car, une chose est de rapatrier des migrants, une autre est de travailler à les fixer dans leurs pays. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si rien n’est fait, ceux-ci seront tentés de reprendre le chemin de l’aventure. Car, il faut le dire, pour beaucoup de migrants, le calvaire qu’ils vivent en Libye n’est pas différent de ce qui les attend au pays.

B.O

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